Logone et Chari: Missionnaires et infirmiers blancs quittent le département

Ils s'inquiètent pour leur vie en dépit du renforcement de mesures de sécurité dans ces zones.

Le renforcement du dispositif sécuritaire dans le département du Logone et Chari, après le kidnapping des sept touristes français le 19 février 2013, ne suffit toujours pas à rassurer certains expatriés européens en séjour dans cette zone. Les missionnaires et les infirmiers blancs qui y travaillent depuis de longues années, vivent, depuis cet évènement, avec la peur au ventre. La psychose qui s'est installée en eux a eu pour conséquence leur départ du département du Logone et Chari. Ils sont plus d'une vingtaine à avoir déjà quitté cette partie du pays. Certaines indiscrétions annoncent d'autres départs dans les prochains jours.

A la clinique ophtalmologique de Maltam, œuvre des missionnaires protestants, sept infirmiers blancs sous la conduite de Hélène Muller, ont déjà dit aurevoir à cette localité située à cheval entre le Nigeria et la ville de Kousseri, au grand dam des patients qui ont depuis belle lurette, nourri le préjugé selon lequel, le traitement administré par un Blanc est plus efficace que celui administré par un noir.

Toute chose qui présage des lendemains difficiles pour les autres personnels en place. «Le départ des infirmiers blancs a un impact sur notre travail. Les malades qui nous viennent de partout depuis que cette clinique existe sont habitués aux Blancs: Pour eux, le meilleur traitement est celui administré par un Blanc. Quand on sait que le traitement est avant tout psychologique, vous comprenez ce que peut entraîner le manque de confiance des malades vis-à-vis de nous infirmiers noirs. D'ailleurs, certains préfèrent aller au Tchad ou au Nigéria ou encore à Maroua notamment à l'hôpital de Meskine pour se faire soigner par un Blanc. Nous souhaitons vivement que nos collègues blancs reviennent le plus vite possible pour rétablir la sérénité avec nos malades», se lamente une infirmière.

Dans l'arrondissement de Makari, c'est d'abord une famille qui a donné le, ton de départ. Depuis lors, les missionnaires blancs ont pris la relève et s'en vont en cascade. C'est le même scénario à Kousseri où des départs des missionnaires sont enregistrés chaque jour à la pelle. Certains partent seuls, d'autres avec les membres de leurs familles abandonnant leurs fonctions pastorales et laissant leurs ouailles sans berger. «Je pense que ces Blancs vont revenir, car il y en a qui ont vécu ici plus de vingt ans. Ils sont comme des autochtones à Kousseri. Quand l'affaire de prise d'otage de. Français va se calmer, ils reviendront continuer l'œuvre de Dieu pour laquelle ils ont été envoyés en Afrique», se console Suzanne Nayaba, une habitante de Kousseri.

© Jean AREGUEMA | L'Oeil du Sahel

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