LES VOITURES DÉSERTENT LES STATIONS-SERVICE

 

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La décision gouvernementale revoyant à la hausse les prix du carburant complique visiblement la situation des stations-service dans la région du Nord, et particulièrement à Garoua. Si on n’a noté ici aucune manifestation suite à cette décision, il est toutefois à relever que les stations-service risquent de payer chèrement cette mesure. Leurs ventes ont déjà considérablement chuté depuis le 1er juillet. C’est le cas à la Cameroon oil company (Camoco) et dans les stations Total que nous avons visitées ce mercredi matin.

Le chef de piste de Camoco explique qu’il n’a presque rien vendu le 1er juillet. «Beaucoup de clients étaient surpris de ce changement brusque des prix et sont repartis sans consommer. Certains nous ont soupçonné d’être des voleurs malgré les explications que nous leur avions données», indique Aboubakar Mayo, chef de piste d’une station Camoco à Garoua. Pour sa part, le chef de station MRS déclare qu’il n’a pas connu de problèmes particuliers avec les clients lors de cette première journée d’application de la mesure gouvernementale.

La plus grande station-service située au centre ville de Garoua paye déjà un lourd tribut. De 3023 litres de super vendus la veille, la station a écoulé seulement 2157 litres le 1er juillet 2014. Les ventes du gasoil se sont aussi effondrées dans cette station-service. Elles sont passées de 8581 litres le 30 juin à 3812 le 1er juillet. «Nous n’avons pas été traités de voleurs ou d’escrocs, mais beaucoup sont repartis sans consommer. C’est sans doute leur manière de protester. Certains nous ont reproché le fait que nous augmentions les prix du carburant sans augmenter les salaires comme si nous étions les auteurs de cette mesure alors que nous la subissons de plein fouet. 81 Francs de plus, c’est assez aux yeux de beaucoup de consommateurs.

J’avoue que ceux qui consomment sont grandement déçus de cette mesure gouvernementale», explique Crépin Païawandi, chef de piste à Total au centre ville de Garoua. L’augmentation du prix du gaz domestique, elle, n’a pas provoqué de remous sans doute à cause de la rareté des bouteilles Total dans la ville. Le précieux liquide était déjà rare ces derniers jours. «Cela fait plus de 3 semaines que nous n’avons pas été livrés. C’est sans doute ce qui justifie les rangs que vous observez», tranche le chef de piste.

Du côté des vendeurs du carburant « frelaté », le fameux «zoua-zoua», c’est le statut quo. Les prix n’ont pas changé. Le litre se vend toujours à 400 Fcfa. En effet, d’après nos investigations, beaucoup de vendeurs du zouazoua ne savent pas encore que les prix du super et gasoil ont augmenté.

«Dès que les gars sauront que les prix du super ont grimpé et qu’ils sont de plus en plus sollicités, ils vont eux-aussi augmenter les prix», fait remarquer Abakar, un agent public à Garoua. Mais en attendant de connaître la suite des événements, la mesure gouvernementale n’a pas encore une incidence sur le prix des transports urbains du fait de la prédominance de la consommation du zoua-zoua .

© L’Oeil du Sahel : TELESPHORE MBONDO

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