Les routes camerounaises: une réforme urgente s’impose

Les routes camerounaises: une réforme urgente s’impose

 

 

Par Serge Espoir Matomba, Premier secrétaire du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (Purs)

Les Camerounais du triangle national étaient tous à l’émoi le 25 août dernier. En effet, huit (8) personnes avaient trouvé la mort dans un grave accident de la circulation à Bafounda, un village situé peu avant Mbouda non loin de Bafoussam, région de l’Ouest. Les sources racontent qu’un camion immatriculé LTTR 467 appartenant à l’entreprise SCTS qui transportait les produits des Brasseries du Cameroun vers Bafoussam, la capitale régionale de l’Ouest, a écrasé un taxi à bord duquel se trouvaient 8 passagers. De source policière, le taxi qui était en surcharge, aurait tenté un dépassement raté sous une pluie battante, il a freiné devant le camion. Celui-ci, qui le suivait, l'a percuté violemment. De ce récit découle donc ce qui se passe sur la majorité de nos axes routiers en longueur de journée et des nuits. Pour les causes de ce drame qui perdure depuis des années, l’on évoque l'inconscience des chauffeurs qui se manifeste par l'excès de vitesse, l'utilisation des téléphones portables pendant la conduite et, surtout, le non-respect du code de la route, (qui reste la première cause des accidents de la circulation au Cameroun), mais aussi le mauvais état des véhicules et de la route venant en seconde position. Au Cameroun, comme dans la majorité des pays au sud du Sahara, les infrastructures routières représentent le système vasculaire de notre économie. Nos produits vivriers transitent après culture et récolte par nos routes, pour ravitailler tout le triangle national et les autres pays de la Cemac. De nos jours, la grande majorité de la population active de nos villes se retrouve sur nos grands axes pour raison professionnelle. Ces mêmes routes servent de point de ralliement pour nos touristes en quête de découverte de nos très nombreux sites touristiques. L’histoire de nos routes appelées «Axes lourds» reste très triste. Les milliards de Francs cfa issus des sacrifices des contribuables camerounais, au lieu de servir à des fins de développement et de sécurité ont plutôt servi à nous fabriquer un circuit de la mort. Des doubles voies inexistantes, des défauts de signalisation ci et là, des nids de poule gros comme des impacts d'astéroïdes et comme si cela ne suffisait pas, des chauffards en auto compétition ou en compétition entre eux sur une voie qui tient à peine à sa propre sécurité. Circuler sur ces axes de nuit, c'est braver plusieurs face à face avec la mort. Les camions en panne stationnés en pleine chaussée et sans aucune signalisation. De jour, apprêtez-vous à défier la patience des autres chauffeurs pressés de maximiser leurs profits avec leur surcharge en passagers et bagages. La mort n'a plus de secret pour ces «immortels imaginaires». Des dizaines d'accidents se produisent donc chaque semaine sur ces axes. Mais qui en parle? Nos médias font de leur mieux, dans un pays où on n’accorde pas assez à la communication, surtout en ce qui concerne le domaine de la prévision et de la sensibilisation. Les pouvoirs publics à défaut d'être muets se spécialisent dans la manipulation des chiffres et des décisions prises à l'emporte-pièce. Et pendant ce temps, le Cameroun enterre ses filles et fils tous les jours, et la vie continue.

Ces vies perdues sont celles de nos sœurs et frères partis travailler ou en route forcement pour un objectif précieux. Comment donc expliquer qu'il faille braver autant de risques pour cause de survie? En jetant un regard sur le rétroviseur, l’on se rend vite compte du nombre d'orphelins, veuves et veufs laissés pour compte, sans aucune indemnité ni dédommagement suite à la perte d'un proche dans un accident de voiture, voiture pourtant couverte par une assurance. Pourtant, la recherche d'un environnement de sécurité routière est un idéal recherché par tous les pays du monde. Car, la sécurité est entendue comme ``l'état de tranquillité d'esprit de celui qui pense qu'aucun danger n'est à craindre'' ou encore comme ``une situation dans laquelle l'individu n'est exposé à aucun risque d'agression physique, d'accident, de vol, de détérioration'', pour aller dans le sens du dictionnaire Larousse. Dès lors, il convient pour nous : * D’investir pour rendre nos routes viables et sécuriser la vie de nos compatriotes. * Le Gouvernement doit engager une vraie réforme du permis de conduire et des auto-écoles. * Amener les chauffeurs à respecter les signalisations le long des routes. * Par ailleurs l'introduction des psycho-test qui existe jusqu’ici est salutaire, toutefois, notre Etat doit rendre obligatoire les sessions de recyclage sur la sécurité routière ainsi que le suivi médical pour les chauffeurs des agences de voyages autorisées à exercer. * Les équipes de gendarmerie et de police qui veillent à la sécurité routière sur tout le territoire devront produire impérativement, des registres présentant des études détaillées des accidents en vue d'en déterminer les causes réelles. Combien de Camerounais allons-nous encore sacrifier avant que ne changent les choses? Nous qui établissons des budgets extraordinaires pour des secteurs pas vitaux sachons que la vie des Camerounais est précieuse. Aimer son peuple c'est avant tout la promotion des valeurs humaines et de la vie de celles et ceux qui votent pour nous et dont nous sommes responsables. Mieux qu’un cri de désarroi, c’est une exhortation à cette veille de la rentrée scolaire dans notre pays.

 

 

Journal du Cameroun

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau