Le RDPC ridiculise les Chefs Bandjoun et Baham

L’actualité de ces derniers jours a été tellement abondante que très peu de choses ont été dites sur les Chefs traditionnels de Bandjoun et Baham embarqués par le RDPC pour «compétir» lors des prochaines élections sénatoriales.

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Nous ne reviendrons pas sur le fait que ce rejet de la liste de l’Ouest, de par la faute du fils de la Région, restera dans les mémoires comme une honte pour tous les Bamilékés.

Que dire de l’image des Chefs Bandjoun et son homologue de Baham qui n’avaient officiellement rien demandé et qui se retrouvent eux aussi embarqués dans cette galère?

Les chefferies traditionnelles instrumentalisées depuis le 06 novembre 1962 On peut d’ailleurs se demander pourquoi les noms de ces deux Chefs ont été inscrits sur la liste du RDPC pour l’Ouest, alors qu’ils n’avaient rien demandé contrairement aux «Fons mendiants et maudits» du Nord-Ouest qui avaient initié une demande dans ce sens. Eux au moins, prudents, avaient demandé à Paul Biya de faire de l’un d’entre eux un sénateur en lui épargnant l’humiliation d’une campagne électorale. Difficile de comprendre si I’on ne se met pas dans la peau de tous ses ressortissants de l’Ouest qui gravitent autour de Paul Biya et le «gavent» de conseils erronés sur la situation de la région.

Un haut dirigeant du RDPC nous a, il y a une dizaine d’années, expliqué comment dès l’arrivée de Paul Biya au sommet de l’Etat, il lui avait conseillé de mettre une action en place visant à contrôler les chefferies traditionnelles de la Région de l’Ouest, arguant du fait que, qui les contrôle, contrôle les populations. Fasciné par cette proposition n’ayant pourtant aucun sens, le Chef de l’Etat lui avait donné carte blanche afin de mener à bien cette «mission».

On peut mesurer aujourd’hui les dégâts de cette politique. Les chefs traditionnels autrefois vénérés dans la région sont aujourd’hui houspillés par des gens qui autrefois se couchaient sur leur passage de peur qu’ils ne salissent «leurs sandales». Plus grave, en favorisant une élite affairiste dans la région enrichie à coups de toutes sortes de magouilles et de compromissions, le RDPC a jeté les chefs traditionnels entre les mains de ces prédateurs qui en ont fait leurs jouets. En obligeant ces «majestés» à s’affilier presqu’officiellement au RDPC honni par les populations locales, le parti au pouvoir a tranquillement et méthodiquement couper ces derniers de leurs bases.

Le Chef Bandjoun actuel, arrivé au pouvoir dans des conditions difficiles, avait marqué les esprits avec certaines sorties mettant en cause les élites de la région promptes à utiliser les populations comme du «kleeness» pour obtenir des mandats électifs pour disparaître ensuite sans rien réaliser de concret pour elles. On se souvient aussi de ce jour où, en pleine campagne électorale, il n’a pas hésité à rappeler dans son intervention que les populations sur l’axe Bafoussam-Yaoundé attendaient toujours d’être indemnisées pour les dommages causés lors de la construction de cette route. En le mettant sur une liste électorale en compagnie de son collègue de Baham plutôt que de les nommer dans le contingent des trente places réservées au Chef de l’Etat, on a voulu une fois de plus les couper d’une partie de leur peuple. Si dans le cadre du parti unique, les Chefs Bandjoun successifs ont été presque toujours Maire de la localité avant que le «gros cœur» de Fotso Victor ne vienne rompre cette tradition, on ne peut comprendre que les souverains des villages aussi importants en viennent à lutter pour une place au Senat contre leurs sujets. La conséquence est que de Santchou Bana en passant par Bahouang, Bandjoum, Baham… les chefs traditionnels ont maille à partir avec des populations qui ne comprennent pas ce qu’ils font dans un parti dont l’ADN est foncièrement «anti-bamiléké». Là est sans aucun doute le nœud du problème.

Ouest Littoral

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