Le Ministre français des Affaires Etrangères au Palais de l’Unité - Ce que Paul Biya et Laurent Fabius se sont dit

Peu après son arrivée à Yaoundé en fin d’après-midi du vendredi, 15 mars 2013, M. Laurent FABIUS, Ministre français des Affaires étrangères, a eu un entretien d’une heure avec le Chef de l’Etat au Palais de l’Unité.

biya-fabius-m1.jpg

Arrivé à Yaoundé en fin d’après-midi du vendredi, 15 mars 2013, Monsieur Laurent FABIUS, Ministre français des Affaires étrangères et sa suite ont eu un entretien avec le Président de la République, Paul BIYA. Le Chef de l’Etat était assisté au cours de cette séance de travail par trois collaborateurs à savoir, le Ministre , Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ferdinand NGOH NGOH, le Ministre des Relations Extérieures, Pierre MOUKOKO MBONJO, et le Ministre Directeur du Cabinet Civil, Martin BELINGA EBOUTOU. La séance de travail a duré une heure et a été ponctuée par la remise du cadeau du Chef de l’Etat à son hôte. Un objet d’art en bronze représentant un joueur de tambour vertical destiné exclusivement à rythmer la danse.

Au terme de la séance de travail, le Ministre français des Affaires étrangères a eu un entretien avec la presse au cours duquel il a évoqué quelques sujets abordés.

L’INTEGRALITE DE L’INTERVIEW DE M. LAURENT FABIUS AU TERME DE SON ENTRETIEN AVEC LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.

Monsieur le Ministre, que pouvons-nous retenir de vos entretiens avec le Président de la République ?

Je remercie beaucoup le Président BIYA de son accueil. Je le connaissais bien sûr… Nous avons parlé des relations entre la France et le Cameroun qui son excellentes. Nous avons examiné un certain nombre de questions d’intérêt commun, ce qui se passe au Mali et dans les pays voisins, les questions de piraterie dans lesquelles le Cameroun est extrêmement actif. Bien évidemment, nous avons abordé la question de nos compatriotes qui ont été kidnappés il y a de cela presqu’un mois. J’ai dit au Président BIYA l’émotion très grande qui est celle des Français par rapport à cet enlèvement. Cette émotion est partagée par les amis camerounais. Vous comprendrez que sur ce sujet qu’il faille faire preuve de beaucoup de discrétion. Mais notre volonté, c’est que nous puissions très rapidement retrouver nos compatriotes.

Ce dossier des otages demande bien sûr une grande discrétion. Mais comment vous est apparu le Président BIYA, plutôt confiant ou inquiet ?

Comme vous l’avez dit, il faut beaucoup de discrétion pour traiter ce sujet. J’espère qu’on va avoir une très grande force pour le faire et que nos compatriotes vont être libérés. Vous imaginez la détresse d’une famille avec des petits enfants. C’est un choc considérable pour l’ensemble des Français. La volonté de libération de la part du Cameroun et de la France est totale.

Quel est l’espace d’espoir aujourd’hui ?

Il y a un espace.

L’intervention française au Mali a été saluée par la communauté internationale. Monsieur le Ministre, au moment où la France s’apprête à se retirer du Mali, est-ce que la participation de la communauté internationale est suffisamment rassurante pour la préservation de l’intégrité territoriale, de la paix et de l’unité de ce pays ?

Le Président BIYA, comme d’ailleurs l’ensemble des responsables africains, a salué l’intervention de la France au Mali pour empêcher que les groupes terroristes se saisissent de l’Etat malien et qu’ils puissent se saisir par la suite des Etats voisins. Nous avons, si je puis dire, fait notre travail avec la participation de nos partenaires africains. Par ailleurs, il y a un travail politique au Mali pour organiser les élections et poursuivre le dialogue entre le Nord et le Sud. Et puis il y a une action de développement économique à mener. La France ne va pas se retirer du jour au lendemain, mais elle n’a pas vocation à rester éternellement au Mali. Nous allons à partir du mois d’avril porter la question aux Nations Unies ; il y aura une décision qu’on appelle « opération maintien de la paix ». Ce sont les Nations Unies qui vont chapeauter l’ensemble du dispositif et bien évidemment la France accompagnera tout cela. Parfois ce retrait a été présenté de manière tout fait inexacte. Il est normal que la France s’étant engagée au Mali puisse réduire son dispositif, mais l’ensemble de la communauté africaine, sous la direction des Nations Unies et avec le concours de la France, va rester très vigilante et très active.

La visite du Président BIYA en France en janvier dernier a été considérée comme un moment fort de la relation entre Paris et Yaoundé. Quelles perspectives aujourd’hui pour la coopération entre la France et le Cameroun ?

C’est une visite qui s’est très bien passée. J’ai transmis au Président les amitiés du Président François HOLLANDE. Elle s’est très bien passée à la fois sur le plan bilatéral des relations Etat-Etat, sur le plan social et économique, culturel et politique. L’aspect économique a été très important. Le Président BIYA a rencontré le MEDEF qui est le patronat. Le Président BIYA m’a confirmé qu’il souhaitait très vivement que ce mouvement de présence des entreprises françaises ici et dans les deux sens puisse se développer. J’ai apprécié vraiment cette prise de position. Il m’a demandé de transmettre un message d’amitié et de solidarité aux Français en général et, en particulier, à ceux qui sont ici dans votre beau pays.

© P. R. C. | Correspondance

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau