Laurent Esso : «Paul Biya est insaisissable»

Le chef de la délégation permanente régionale du comité central du Rdpc pour le Littoral tresse des couronnes au chef de l’État et leader de son parti.

 

 

Dans la métropole économique, samedi dernier, les superlatifs étaient aussi nombreux que les participants -évalués à plus de 20 mille- au meeting organisé par la section locale du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, au pouvoir). Démonstration de force, acte de fidélité et de déférence envers un homme. Les organisateurs (élites et forces vives), mais aussi les délégations venues du Moungo, du Nkam, de la Sanaga Maritime et du Wouri n’avaient qu’un seul nom à la bouche : Paul Biya. Et un seul mot : again !

À la tribune de la Maison du parti de Bonanjo, le principal officiant du jour, chef de la délégation permanente régionale du comité central du Rdpc, Laurent Esso, plante le décor après les civilités d’usage. «Nous sommes donc ici aujourd’hui pour apporter une réponse que le Cameroun profond attend. Une réponse que les militants du Littoral attendent. Une réponse qui marque notre adhésion au contenu de l’article 27 alinéa 3 de nos statuts. Une réponse qui réaffirme notre foi militante en Son Excellence Monsieur le président Paul Biya», harangue-t-il sous un tonnerre d’applaudissements.

Et le non moins ministre d’État en charge de la Justice, garde des Sceaux, d’égrener les arguments qui militent en faveur du maintien de Paul Biya à la magistrature suprême. Homme d’expérience, une qualité qui s’acquiert avec la pratique et surtout avec le temps, le président national du Rdpc est «intelligent», «cultivé», «pondéré», «patient», «subtil», «insaisissable», «a le verbe fin», «ne cède pas à ce qui, pour les mal-informés, apparaîtrait comme une pression», «ne panique pas», est «un grand humaniste». C’est en somme un sage, un homme qui «a le sens de l’État».

Face à ce qui précède, dira Laurent Esso, les militantes et les militants du Rdpc pour le Littoral donnent démocratiquement au président Paul Biya le pouvoir de durer au pouvoir, et par les urnes. «Si nous lui demandons d’accepter d’être notre candidat demain, c’est par notre militantisme d’aujourd’hui, qu’il aura la certitude que notre appel patriotique de ce jour, est non seulement un appel du cœur, mais aussi un appel de la raison, un appel qui lui garantit une victoire, qui est aussi notre victoire», ajoute celui qui, dans le civil, est également magistrat hors hiérarchie.

Pour ceux qui connaissent le très taiseux Minjustice, proclamer ainsi son adhésion et engager toute une région derrière Paul Biya ne saurait relever de l’aventure politicienne. Haut commis de l’État, Laurent Esso connaît le Cameroun, ses hommes et ses réalités. Pour lui, «les Camerounaises et les Camerounais devraient comprendre que tous les renoncements qui s’imposent à nous pour que la paix, dans notre pays, soit préservée, sont préférables aux souffrances que pourraient nous infliger la guerre». Personnage à la fois discret et charismatique, ses prises de parole en public sont autant précieuses que redoutées.

L’histoire retiendra que le vieux routier était déjà secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature en 1982, c’est-à-dire lorsque Paul Biya accède au pouvoir. Depuis lors, il est passé secrétariat général à la présidence de la République à la Chancellerie, de la Santé publique à la Défense, du cabinet civil aux Relations extérieures. Une référence, dans le sérail camerounais. «Ce que l’on fait sans sacrifier son temps ne résiste pas au temps», aime-t-il souvent à rappeler.

© La M�t�o : Ren� Atangana

 

 

 

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