Iya Mohammed au SED: On cherche encore la faute

Arrêté et conduit manu militari pour une garde à vue de 48 heures, le Directeur général de la Sodecoton et président de la Fécafoot est toujours détenu, une semaine plus tard.

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Ni lui, ni ses proches ne s'étaient attendus à la tournure dramatique qu'ont pris les évènements au cours de la semaine dernière. Alors qu'il logeait dans un hôtel de la capitale, de retour de Lomé au Togo où les Lions venaient de disputer une rencontre contre les Eperviers, le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) est arrêté et conduit dans une cellule infeste du Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie (Sed).

Officiellement, Iya Mohammed est gardé à vue pour 48 heures, en rapport avec sa gestion de la société de développement du coton (Sodecoton) où il est par ailleurs Dg depuis une vingtaine d’années. Seulement, au bout de 48 heures, Iya ne sera pas relaxé mais signifié d'une nouvelle garde à vue puis d'une troisième. Les raisons de ces prolongations, elles ne sont pas à chercher plus loin que la vacuité du dossier, ce qui n'est pas vraiment une surprise, car, les architectes de cette arrestation semblent s'être plus intéressés à mettre le président de la Fécafoot hors course pour un nouveau mandat que de boucler proprement son dossier judiciaire.

Cette garde à vue, rappelons-le, est la résultante d'un rapport du Contrôle supérieur de l'Etat (Consupe), le 21 mars dernier qui accusait le Dg de la Sodecoton de fautes de gestion ayant fait perdre au trésor public la somme de 9 milliards de FCFA au cours de la période 2005-2010. Le kafkaïsme du procès dans lequel on est entrain de s'acheminer commence déjà avec les chefs d'accusation. Parti sur le document du Consupe, le procureur du Tribunal criminel spécial compétent pour cette affaire s'entremêle dans les griefs contre le Dg au point de ne plus savoir quoi lui reprocher. D'abord, il a été question de fautes de gestion ayant conduit à une perte nette de 9 milliards entre 2005 et 2010.

Ensuite, il est reproché à cet originaire de Bibemi (Région du Nord), d'autres fautes pour une perte de 10 milliards entre 2007 et 2008 et en fin l'estocade, il pèse sur Iya Mohammed des soupçons de détournement de deniers publics. Pour nombre d'observateurs, il y a simplement anguille sous roche. Le prolongement des gardes à vue ressemble, à s'y méprendre, à une manœuvre destiné à gagner du temps, pourquoi? «Pour fabriquer des preuves, ca va de soi!» répond sans ambages un avocat. Et comme pour légitimer une opération destinée à débarquer Iya de la Fécafoot, ces manœuvriers de l'ombre se targuent d'agir au «nom du chef de l'Etat».

«Ce n'est pas le style Biya, le chef de l'Etat s'est toujours démarqué de ces basses guerres d'influence et de positionnement» analyse un politologue. Ces atermoiements, en plus de ce qu'ils n'honorent pas le système judiciaire camerounais, attestent la thèse du complot que semble partager la clameur populaire. Non content de n'avoir rien pu trouver à reprocher à Iya Mohammed dans sa gestion de l'instance laitière du football, ses détracteurs dont les intentions sont on ne peu plus claires maintenant, sont allés fouiner dans les poubelles de la Sodecoton à Garoua pour y dénicher des «fautes de gestion». Il apparait au plus néophyte des analystes que le président de la Fécafoot est victime d'un tacle irrégulier alors qu'il fonçait triomphalement vers un nouveau mandat à la tête de cette instance.

© Yves Marc Kamdoum | La Météo

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