INVESTITURES – RÔLE TROUBLES DES HOMMES POLITICO-ÉCONOMIQUES : L’ÉLITE FAIT HONTE AU PAYS

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Elle vient d’étaler ses limites lors des opérations d’investitures dans les diverses formations politiques. I- Les différents types d’élite Ils aiment se présenter partout où ils passent comme élite de tel ou tel coin du pays. Déjà ils ne savent pas que la phrase si souvent prononcée « je suis élite du Mfoundi, du Ndé, de Nkongsamba ou de tel arrondissement » est incorrecte. On dit : «Je suis membre de l’élite du Mfoundi, du Ndé…» Cette correction faite,

Il convient de dire ici que les hauts cadres du Rdpc comme des partis politiques de l’opposition ont énormément déçu à l’occasion des opérations d’investitures pour le double scrutin législatif et municipal du 30 septembre 2013. Tous les membres de l’élite ne jouent pas dans la même cour, ne pêchent pas dans les mêmes eaux. Il y a : - L’élite intellectuelle ; - L’élite d’affaires, - L’élite administrative, - L’élite politique, - L’élite traditionnelle, - L’élite sportive, etc. Les membres de ces différents types d’élites passent leur temps à se combattre, à s’épier, à se jalouser, à intervenir de façon intempestive et généralement dans le mauvais sens au lieu de construire le pays. Dans le Rdpc par exemple, ils ont mis les nerfs du président national de leur parti Paul Biya a vif en plaçant leurs amis, épouses et autres connaissances dans les listes des législatives et des municipales. Leur président a passé ces listes au tamis mais certains lui ont échappé.

Aurore plus de classer, ces membres de l’élite, tous secteurs confondus.

 II- Les élites du sérail

Jacques Fame Ndongo : le champion des cumuls.

C’est le prototype de l’élite intellectuelle et politique. Avant l’arrivée de Paul Biya en novembre 1982, cet originaire du Sud excellait dans le domaine dans lequel il avait été formé : le journalisme. Sorti de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (France) en 1972 à l’âge c’est également un brillant sujet dans un autre domaine de prédilection que sont les Lettres françaises dont il est docteur d’Etat, option sémiologie depuis 1984. Mais alors il n’était rien sur le plan politique même si depuis 1984, il assurait les fonctions de conseiller à la communication du président Paul Biya, fonction qui a pris fin en 2004.

Entre temps, Jacques Fame Ndongo a été directeur de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’Information (Essti) puis de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’Information et de la Communication (Esstic). Quand on le nomme directeur de l’Essti, ce professeur effacé qui portait des vestons aux manches trop longues, souvent tachées d’encre lancera à ses étudiants médusés : «Je ne suis plus avec vous, je suis passé de l’autre côté». Ce qui veut dire que l’humilité qu’affichait l’ancien rédacteur en chef exécutif de Cameroon Tribune, le quotidien progouvernemental était feinte. La nomination avait permis de découvrir l’homme.

En réalité, on ne peut pas cantonner le professeur Jacques Fame Ndongo comme membre de l’élite intellectuelle et politique. Il est partout à la fois. Pour avoir été directeur de l’Essti puis de l’Esstic, il fait partie de l’élite administrative. - Le professeur Jacques Fame Ndongo est également membre de l’élite d’affaires. Il est propriétaire de vastes plantations de goyaviers et de palmeraies qui lui apportent de substantiels revenus. N’est-il pas le plus grand fournisseur d’huile de palme dans la région d’Ebolowa. - Le ministre de l’Enseignement supérieur a une autre corde à son art : il est chef traditionnel de Nkolandom. Pour résumer : le professeur Jacques Fame Ndongo est à la fois, membre de l’élite politique, administrative, politique, d’affaires et traditionnelle.

Amadou Ali : membre de l’élite politique et d’affaires

Le vice-Premier ministre délégué à la présidence chargé des Relations avec les Assemblées est essentiellement un politique doublé d’un homme d’affaires. On peut aussi le classer comme membre de l’élite administrative à ses débuts dans la fonction publique camerounaise à la fin des années 1960.

Edgar Alain Mebe Ngo’o : membre de l’élite administrative et d’affaires

Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense n’est pas un politique à proprement parler. C’est un technocrate et un homme d’argent, de l’argent pas acquis à travers les affaires mais grâce aux nombreux postes juteux occupés dans divers gouvernements.

Laurent Esso : membre de l’élite politique

Il est difficile à cerner. Si le ministre de la Justice garde des sceaux est essentiellement politique, il ne fait pas de la politique ouverte à la manière d’un Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du Comité central du Rdpc et ministre du Travail et de la sécurité sociale mais de manière feutrée. Il préfère rester à l’arrière plan et tirer les ficelles. C’est ça Laurent Esso, peu bavard mais toujours présent. C’est également un représentant des intérêts de l’ethnie douala sur la scène politique nationale. S’agissant de l’argent, il reste plutôt discret.

Grégoire Owona : un membre de l’élite politique

Il est essentiellement politique depuis 16 ans même s’il a quelques accointances avec les affaires. C’est la politique qui l’a enrichi et non les affaires ou autre chose. Il n’a pas connu la haute administration ni la joie d’une activité intellectuelle… Le ministre du Travail et de la sécurité sociale peut-il s’adapter à un autre domaine s’il quitte la politique.

Jean Nkuete : un politique doublé d’homme d’affaires

Il a fait de hautes études en économie en Italie mais à quoi servent ces études si l’homme est un parfait incompétent partout où il est passé ? Même la politique ne lui réussit pas. Il n’est secrétaire général du Comité central du Rdpc que par la volonté de Paul Biya. A vrai dire, il n’est pas un politique digne de ce nom. C’est un caillou dans la chaussure de Paul Biya qui ne sait comment s’en débarrasser !

   III- Les élites de l’opposition

   Maïgari Bello Bouba : membre de l’élite politique et administrative

   Le ministre d’Etat en charge du Tourisme et des Loisirs est un animal politique. Il y a été moulé avant l’âge de 20 ans par Ahmadou Ahidjo. Le président national de l’Undp a longtemps servi dans l’administration avant de devenir un homme politique de premier plan. Il s’intéresse certes à l’argent, aux affaires mais son point fort reste la politique.

Ni John Fru Ndi : membre de l’élite politique et d’affaires

Les affaires commencent à l’emporter sur la politique chez le Chairman du Sdf, le premier parti de l’opposition. La politique a enrichi considérablement l’ancien libraire à tel point qu’il peut se targuer aujourd’hui d’être propriétaire de vastes champs et d’un vaste troupeau de gros bétail.

Adamou Ndam Njoya : membre de l’élite politique et intellectuelle

C’est un vrai homme politique sous lequel perce ou émerge de temps à autre l’intellectuel. Il est à l’aise dans les débats pas nécessairement politique mais vraiment politiques. C’est pour cette raison qu’il a parfois des problèmes d’incompréhension avec d’autres hommes politiques parce l’intellect a toujours tendance à l’emporter sur les réalités politiques du terrain.

 Issa Tchiroma Bakary :I un membre de l’élite politique, d’affaires et intellectuelle

Il est devenu essentiellement un homme politique depuis sa sortie de prison consécutive au putsch manqué du 6 avril 1984. Et cela l’a bien payé. De sa première expérience comme ministre des Transports dans les années 1990, il n’avait pas gardé le moindre sou. L’expérience a servi. Depuis qu’il est à la Communication, (30 juin 2009) l’homme rafle, assèche systématiquement toutes les lignes de crédit de son ministère. Il fait des affaires même s’il reste discret là-dessus. Comme il aime les débats, on peut aussi le classer comme un membre de l’élite intellectuelle.

IV- Les familles politiquement et économiquement engagées

  Famille Fadil

 Aucun membre de cette richissime famille n’a jamais travaillé dans l’administration camerounaise. Certains membres de cette famille qui possède Selcam, Ccc, 35.000 têtes de bœufs, des revenus locatifs non négligeables, l’hôtel Le Méridien à Douala font la politique pour protéger leurs affaires, tels Oumarou Fadil qui est le maire de Douala 3ème et Bayero Fadil un haut responsable du Rdpc.

La famille Mukete

Cette famille du Sud-Ouest est dans la politique et les affaires depuis plus de 50 ans. Elle a beaucoup gagné sur les deux tableaux à tel point qu’on ne sait pas lequel l’emporte.

Famille Fotso

Son immense fortune l’a aidé à mettre les deux pieds dans la politique. A l’origine, il est essentiellement membre de l’élite d’affaires qui a pris goût à la politique pour protéger ses intérêts économiques sans oublier que la politique l’a aidé à s’enrichir d’avantage.

Elle ne fait pas avancer le pays Voilà un échantillon de l’élite, amis à quoi sert-elle, sinon qu’à se déchirer, à détruire au lieu de bâtir. Elle entoure Paul Biya mais ne l’aide pas à bien gérer le pays. Dans l’élite intellectuelle, il y a des membres qui sont très calés dans leur domaines, pourquoi ces membres ne disent pas ce qu’il faut au chef de l’Etat afin qu’il relève l’économie du pays. Ils font parfois des débats de haute facture à la télé mais, sur le terrain, se comportent comme des gens dépourvus d’instruction, de connaissances. Les jeunes que sont les Messanga Nyamding, Ateba Eyene et autres sauront-ils relever le défi pour remplacer la vieille garde corrompue ?

  @camer.be

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Date de dernière mise à jour : 31/07/2013