Information en temps de guerre : Les journalistes appelés à plus de responsabilité

En ouvrant un atelier sur le sujet hier, le MINDEF, Joseph Beti Assomo a invité les journalistes à faire preuve de professionnalisme. Depuis quelques années, le Cameroun, jusque-là réputé havre de paix, est engagé dans des conflits qui lui sont imposés par l’instabilité qui règne chez certains de ses voisins.

Information en temps de guerre : Les journalistes appelés à plus de responsabilité

C’est le cas dans la région de l’Est où notre pays subit des agressions de la part de bandes armées venues de la République centrafricaine voisine et surtout dans la partie septentrionale où la secte Boko Haram s’attaque à notre pays. Des conflits qui ont entraîné de nouvelles habitudes dans la plupart des secteurs de la vie du pays. Et qui impose de nouvelles façons de vivre dans la plupart des secteurs de la vie, et particulièrement de la couverture de cette actualité qui est un fait nouveau pour les médias nationaux et tous ceux exerçant dans notre pays. Que doivent-ils dire sans prendre le risque d’exposer les hommes engagés au front ? Sont-ils habilités à tout dire dans le cadre de la couverture de ces conflits ? Ceux-ci ont-ils été préparés à la couverture de ce type d’événements ? Assurément non ! On comprend dès lors le bien-fondé du séminaire-atelier organisé depuis hier à Yaoundé par le ministère de la Défense, en collaboration avec le ministère de la Communication et le Conseil national de la communication (CNC) sur le thème de « la gestion de l’information en temps de guerre ».

A l’ouverture des travaux regroupant une cinquantaine de participants venant des organes de presse publics et privés exerçant dans le secteur audiovisuel, la presse écrite et cybernétique du Cameroun, et même des correspondants d’organes étrangers, le président du CNC, Peter Essoka s’est félicité de l’organisation de ces travaux, parce qu’à son sens, le traitement de l’information de guerre ne peut pas se faire comme celle qui se déroule de façon ordinaire. Il a appelé ses confrères à prendre la posture de citoyens qui sont concernés par la protection de l’intégrité du territoire national et à faire preuve de patriotisme dans ce cas.

A sa suite, le ministre de la Communication a exprimé sa satisfaction pour l’organisation d’une rencontre qui arrive à point nommé, au regard du contexte que vit le Cameroun. Pour Issa Tchiroma Bakary, « en temps de guerre, chaque journaliste doit se considérer lui-même comme un soldat en faisant usage des armes qui sont les siennes sans que cela soit considéré comme contraire à la déontologie ». Pour le ministre de la Communication, il s’agit simplement de trouver un juste équilibre en évitant des critiques qui soient de nature à porter atteinte au moral des troupes face à une menace extérieure. Issa Tchiroma Bakary a, par ailleurs, fait observer que la protection des sources en temps de guerre peut être interprétée dans certains cas comme « un acte d’intelligence avec l’ennemi ».

En ouvrant les travaux, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (MINDEF), Joseph Beti Assomo a indiqué que face aux défis actuels, les forces de défense du Cameroun ont besoin du concours de tous les Camerounais. S’il a rappelé l’importance de la communication en temps de guerre, Joseph Beti Assomo a néanmoins convié les professionnels du métier à accomplir leur tâche sans mettre en péril l’intégrité de ces hommes et femmes qui, parfois au prix de leur propre vie, s’attèlent à la sauvegarde de l’intégrité du territoire national. Le MINDEF s’est dès lors félicité de ce qu’une étude menée par le CNC, l’année dernière, a prouvé le caractère patriotique de la plupart des professionnels des médias au Cameroun dans le soutien à apporter aux forces de défense et de sécurité. Même si quelques écarts sont parfois observés. Joseph Beti Assomo a convié les participants à apporter leur contribution à ces travaux qui se veulent, non un cadre pour dispenser des enseignements rigides, mais un carrefour du donner et du recevoir. Les travaux qui s’achèvent ce jour, se déroulent autour de quatre sous-thèmes portant notamment sur « la communication en temps de guerre : nécessité d’informer et obligation de réserve », « Droits et obligations du journaliste en temps de guerre » et « Communication et secret défense ». De nombreux membres du corps diplomatique prenaient part à la séance d’ouverture d’hier.

 CAMEROON TRIBUNE

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