Indice de corruption 2015 : Le Cameroun demeure parmi les champions du monde

Dans son rapport annuel publié hier, Transparency international classe le pays à la 130e place sur 168 autres nations, avec une note de 27/100, identique à celle engrangée en 2014

 

Le Cameroun n’a pas du tout progressé dans la lutte contre la corruption en 2015, et cela n’a pas échappé à l’Ong Transparency International, qui vient de rendre public son rapport annuel sur l’Indice de perception de la corruption (Ipc) dans 168 pays dans le monde en 2015. La filiale camerounaise de l’organisme allemand a révélé hier au cours d’une conférence de presse à Yaoundé que le Cameroun demeure parmi les pays les plus corrompus au monde. «Avec une note de 27/100 (pareil qu’en 2014, 27/100), le Cameroun est classé 130e sur 168, une position qu’il partage avec 5 pays dans le monde, 30e sur les 46 pays africains classés.

Avec cette note, la corruption est à un niveau endémique au Cameroun», analyse avec amertume Me Charles Nguini, le président de Transparency International-Cameroun. La nation vert-rouge-jaune partage cette position avec l’Iran, le Népal, l’Ukraine, le Nicaragua et le Paraguay. En clair, le Cameroun continue de patauger dans la corruption et n’a opéré aucune avancée pour engranger quelques points depuis la dernière publication en 2014, qui le plaçait à une regrettable 134e position sur 175 pays. Il fait donc du surplace à l’échelle mondiale autant qu’en Afrique.

Cette note (27/100) dont hérite le pays de Paul Biya et qui le place dans cette posture exécrable est, en règle générale, symptomatique d’un recours systématique à des pots-de-vin, de l’absence de sanctions en cas de corruption et d’une inadéquation entre les prestations de l’administration et les besoins de la population. «Ce classement suggère une fois de plus au Cameroun, au-delà des condamnations des gestionnaires de la fortune publique, de se doter de mécanismes juridiques, politiques et d’intégrité publique pouvant efficacement empêcher les titulaires de charges publiques d’abuser de leurs positions pour leurs profits personnels», relève Charles Nguini.

Au-delà du laxisme des autorités et de l’impunité qui favorisent l’expansion de la corruption au Cameroun, Ti-C note par ailleurs que «la non ratification de la convention de l’Union africaine contre la corruption, la non application de l’article 66 de la constitution sur la déclaration des biens et avoirs, l’absence d’une loi anti-corruption qui sanctionne l’enrichissement illicite, la non-protection des dénonciateurs…», sont entre autres paramètres qui favorisent la prééminence du fléau.

Méthodologie
 
La classification des pays à travers l’indice de perception de la corruption qui a une périodicité annuelle, se fait en quatre étapes sur la base d’un assemblage de données provenant d’un certain nombre de différentes sources qui donnent des indications sur la perception qu’ont les milieux d’affaires et les experts nationaux du niveau de corruption dans le secteur public. Il s’agit de prime abord de la sélection des sources de données qui n’est prise en compte que si et seulement si elle mesure la perception de la corruption du secteur public ; se base sur une méthodologie fiable et valide, qui classe et note plusieurs pays selon la même échelle, ou encore provient d’une institution crédible et réputée. Pour ce faire, l’Ipc 2015 a été calculé en utilisant 12 différentes sources provenant de 11 institutions qui enregistrent les indices de perception de la corruption sur un an.

L’on recense ensuite la standardisation des sources de données sur une échelle allant de 0 à 100 ; 0 correspondant au plus haut- niveau de corruption perçue et 100 au plus bas niveau. Le calcul de la note moyenne, tout comme l’admission d’une marge d’erreur, sont également comprises dans la méthodologie de définition de l’Ipc. Aussi, faut-il rappeler que dans ce classement qui recense qui liste 168 pays, du plus corrompu au plus vertueux sur une échelle de 0 à 100, le Danemark figure en tête des nations vertueuses, tandis que les pays les plus corrompus au monde sont la Corée du Nord et la Somalie.

© La Nouvelle Expression : Yannick Kenn�

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