Immigration: Des Camerounais expulsés du Congo

Les autorités de Brazzaville exigent désormais des étrangers qu'ils aient un passeport.

C'est avec tristesse que Théodore Nkemoe explique ce qu'il vient de vivre à Brazzaville, la capitale du Congo. Nous l'avons rencontré le 18 juin dernier à Yaoundé. Cet homme de 42 ans n'a, jusqu'à présent, aucune nouvelle de son épouse et de ses deux enfants restés à Brazzaville. Il affirme avoir été expulsé par les autorités congolaises le 6 juin dernier. Cette mesure, selon lui, avait été prise par les autorités congolaises qui ont décidé de traquer les sans-papiers vivant sur leur territoire.

«Cela fait dix ans que je vis à Brazzaville. Avant, j'entrais dans ce pays uniquement avec le visa. Mais j'ai été expulsé par les autorités parce que je n'avais pas de passeport», explique le quadragénaire. Théodore Nkemoe ajoute que d'autres étrangers, en majorité des Maliens et des Centrafricains, ont également été renvoyés dans leurs pays respectifs. A en croire Théodore, quarante autres Camerounais se sont retrouvés dans la même situation que lui.

En effet, d'autres Camerounais, employés dans une quincaillerie à Brazzaville, ont été expulsés. Ceux-ci expliquent que leur employeur s'est personnellement impliqué dans ce dossier, afin qu'ils obtiennent des passeports. Les victimes de l'opération engagée par le gouvernement congolais affirment qu'au moment de leur expulsion, les policiers sont passés dans plusieurs quartiers pour vérifier les pièces des étrangers.

Tous ceux qui se sont retrouvés dans une situation irrégulière ont été rapatriés. «Beaucoup de personnes ont passé plusieurs jours dans leurs maisons sans sortir. Ma femme et mes enfants, par exemple, n'ont pas mis le nez dehors. On m'a forcé à prendre le véhicule et à retourner au Cameroun. Les expatriés des autres pays ont voulu venir aussi au Cameroun, mais, à Ouesso où se trouve la frontière entre le Cameroun et le Congo, les autorités camerounaises leur ont dit de rentrer dans leurs propres pays», ajoute-t-il.

Refoulés du Cameroun

Théodore explique qu'auparavant, lorsqu'il se rendait au Congo Brazzaville, il passait par Ouesso pour atteindre le poste de Police de Socambo en territoire congolais. «A Socambo, on nous délivrait un laissez-passer à 7.500 F. Cfa. Arrivé à Maboco, on nous accordait un visa à 12.000 F. Cfa, valable pour un mois», raconte-t-il. Théodore Nkemoe précise que depuis son rapatriement au Cameroun, il s'est rendu au Commissariat de l'émi-immigration pour obtenir un passeport, son vœu étant de rejoindre sa famille au Congo. Il l'a obtenu et explique que c'est grâce à l'intervention de l'Ambassadeur du Cameroun à Brazzaville et à celle de l'Ambassadeur du Congo à Yaoundé que sa situation et celles des autres Camerounais a connu une suite favorable. L'homme s'apprêtait d'ailleurs à rejoindre Brazzaville au moment où nous l'avons contacté.

© Prince Nguimbous | Le Jour

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