«Idriss Déby Itno a eu l'outrécuidance de traiter vertement le président Biya en France. Même si cela n'a pas été rendu public,

Breveté de l’école nationale d’administration et de magistrature (ENAM) en 1974, major de la promotion 1976 de l’école nationale supérieure de police (ENSP) pour le cadre des commissaires. Biloa Ayissi a été radié du corps des fonctionnaires de la sûreté nationale sous l’ancien régime, avant d’embrasser la carrière de journaliste.

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                                                                Biloa Ayissi Photo: © YJN

Breveté de l’école nationale d’administration et de magistrature (ENAM) en 1974, major de la promotion 1976 de l’école nationale supérieure de police (ENSP) pour le cadre des commissaires. Biloa Ayissi a été radié du corps des fonctionnaires de la sûreté nationale sous l’ancien régime, avant d’embrasser la carrière de journaliste. Considéré par la corporation comme une grande gueule, le DP de Nouvelle Afrique est surtout connu pour son franc-parler légendaire et son caractère bien trempé. Dans l’entretien qu’il nous a accordé dans sa résidence du quartier Nsimeyong à Yaoundé, l’invité de la semaine nous expose sa vision du Cameroun tel qu’il va.

Qui est Biloa Ayissi ?

J’ai refusé mon prénom (il sort sa carte d’identité de son portefeuille), ce sont les choses des blancs. Comme vous pouvez le remarquer vous-même, je n’en ai plus un.

Monsieur Biloa Ayissi, y a-t-il un sujet dont vous n’aimeriez pas qu’on parle aujourd’hui ?

Il n'y a pas de sujet tabou, il est vrai qu’on ne peut pas tout dire à moins d’être un stupide. Le journaliste ne peut pas tout dire pour des raisons évidentes. Qu’à cela ne tienne, disons que tout est permis.

Le président Biya vient de procéder a un vaste mouvement dans le corps de la police, la presque totalité des commissaires de la ville d4e Yaoundé a été muté…

C’est bien de faire des mouvements dans la police ou ailleurs, pour ne pas laisser les gens se sclérosés, pour ne pas les amener à penser que c’est un patrimoine familial. Nous avons beaucoup de problèmes aujourd’hui à cause de la longévité de quelques uns à certains postes, ce qui les amène à penser qu’ils sont des élites alors qu’il n’en est rien. Personne n’est indispensable, ni irremplaçable en république. Si je dis que j’étais informé certains penseront que c’est prétentieux, pourtant c’est vrai ! Ce que j’ai fait c’est ce qu’un citoyen doit faire dans ce cas. Si j’avais été suivi, nous n’en serons pas là. Il est impératif que notre pays soit dirigé par des gens qui ont à cœur de faire avancer les choses…par des gens qui ont le pays à cœur, parce que mon premier paramètre pour choisir un dirigeant c’est l’amour du pays avant le diplôme.

Depuis quelques temps, notre pays est le théâtre d’évènements jusque là inhabituels, rapts d’étrangers français dans le grand Nord, incursions des rebelles Centrafricains de la Seleka et antibalaka sur notre territoire à l’Est, sinon le Cameroun est-il menacé ?

Les mots Seleka et antibalaka c’est de la pure invention. Pourquoi la Seleka existe, qui est derrière la Seleka ? Pourquoi les antibalaka existent, qui se cache derrière ? Qui fabrique les armes donc se servent ces voyous ? Y a t-il eu un problème musulmans contre chrétiens dans ce pays avant ? Voici des gens qui ont vécus ensemble depuis longtemps et aujourd’hui, comme par enchantement. Tout d’un coup, ils se coupent les têtes à la machette, se massacrent à la kalache… qui est à l’origine des désordres en Afrique, je voudrais vous dire franchement que c’est la France ! Parce que c’est elle qui a intérêt qu’il y ait désordre en Afrique, contrairement au discours officiel. C’est indubitablement l’industrie de l’armement qui tire les ficelles dans l’ombre. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que lorsqu’on va en guerre, si on utilise 20 obus, il faut bien les remplacer. Le Cameroun ne fabrique pas les armes, pour les acheter il faut se retourner vers la France.

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                                     Biloa Ayissi, alors Commissaire de Police Photo: © YJN

Mais la France n’est pas le seul pays a fabriquer les armes, s’il y’a procès à faire, il faut le faire contre tous les pays industrialisés, la grande Bretagne et les États-Unis y compris...

Qui gagne l’essentiel des marchés d’équipement en armement en Afrique noire francophone, et même ailleurs ! N’est-ce pas la France ? N’est-ce pas elle qui a toujours joué le rôle de pyromane-pompier dans notre continent ? N’a-t-elle pas, il y’a Quelques décennies amené M. David Dacko dans un avion militaire lors d’une prétendue opération Barracuda pilotée depuis l’Elysée ?

L’Afrique n’est-elle pas à l’origine de ses propres déboires, disons plutôt de sa situation actuelle ? 

C’est une belle question et la réponse coule de source, c’est l’Afrique elle-même qui est à l’origine de tout. Si l’Afrique avait été une, rien de cela ne pouvait se produire. C’est la raison pour laquelle, je répondrai à votre question inhérente au péril qui pèserait sur notre pays, en disant que la menace est réelle. Pour réconcilier les gens en RCA, il est curieux et même marrant qu’on se retrouve avec des gens qui sont liés aux lobbies militaristes. Ces gens-là, vont exécuter les ordres qui viennent des gourous de ces lobbies militaristes. Je ne comprends pas toujours pourquoi le président Déby Itno qui est reconnu comme l’homme-lige de la France dans la sous-région a pu être associé aux pourparlers de paix en RCA, c’est dommage ! Idriss Déby Itno a eu l'outrécuidance de traiter vertement le président Biya en France, même si cela n'a pas été rendu public, il a affirmé que si Paul Biya s'amuse il va le faire virer. Là, je demande à M. Déby de faire attention, ce n'est pas parce qu'on porte des turbans et qu'on joue les guerriers qu'on est forcément redoutables, les soldats du désert ne peuvent rien faire en forêt.

Vous confirmez qu'Idriss Déby a menacé de faire virer le président Biya ?

Je le confirme, il a dit que si Paul Biya s'amuse il va le faire virer

Certains prétendent qu’après la Centrafrique, le Cameroun pourrait faire l’objet d’une déstabilisation… devrons-nous traiter ces mal-pensant de prophètes de l’apocalypse ?

Le Cameroun est suffisamment menacé, ce serait très irréaliste de les traiter de prophètes de l’apocalypse, je sais de quoi je parle et c’est la raison pour laquelle je suis allé dans les chaines des radios privées pour dire aux soldats français qu’ils n’avaient rien à faire chez-nous, qu’ils devaient foutre le camp de Ngaoundéré. Ils voulaient comme cela tisser des alliances avec des rebelles Camerounais, pour solliciter une intervention de la France.

N’est-ce pas un raccourci facile, il n’y a pas de rebelles ni de rébellion ouverte au Cameroun à ce que je sache ?

Le Cameroun a des opposants qui pourraient vite endosser des costumes de rebelles et il suffira pour la France de passer un deal avec certains d’entre eux pour semer des troubles, dés que le gouvernement va essayer d’intervenir on va parler de massacre des civiles, ce qui de facto ouvrira la voie à une intervention militaire. C’est ce qui s’est passé en Lybie avec Kadhafi. Si nous disons que le Cameroun est un pays de paix, si nous distillons c e type de discours qui donne du chloroforme nous serons surpris un de ces jours.

Pensez-vous comme le ministre Tchiroma, que la diffusion du documentaire sur l’homophobie au Cameroun (diffusé par France 24), n’était qu’un alibi pour servir les besoins de la cause, c’est-à-dire, un montage visant à préparer les esprits?

Ce n’est pas un montage, c’est une politique ! Vous ne pouvez pas savoir ce que l’homosexualité a causé comme ravages dans notre pays. Au départ, la dévolution du pouvoir au Cameroun s’est faite par le canal anal parce que c’est Aujoulat qui était le véritable patron ici. Ce Monsieur a fait beaucoup de mal, au sein de notre classe politique dirigeante d’hier et d’aujourd’hui. Tous ceux qui avaient dit non, ont fini comme le docteur Albert Eyinga qu’on vient d’inhumer, comme le professeur Marcien Towa qui a dit non, à ces choses là ! D’ailleurs, quand Aujoulat avait demandé à le sodomiser, il lui avait vertement répondu que : « Tu vois comment, je suis costaud, si tu me demandes encore ce genre de choses, je vais te battre ». Quand il est allé raconter ses mésaventures aux siens, l’une de ses sœurs était même allé jusqu’à gifler Aujoulat, parce que l’eton c’est bien cela.

Un homosexuel du nom de Roger Claude Mbede est récemment décédé, le connaissiez-vous ? 

Je ne connais personne du nom de Roger Claude Mbede... Je persiste et signe que nous ne pouvons pas laisser ni accepter qu’on transforme des hétérosexuels en homosexuels. La corporation a déjà perdu plusieurs grandes têtes à cause de cette pratique innommable. J’ai les larmes aux yeux, chaque fois que je pense à ce jeune confrère originaire de la Lékié comme moi… propriétaire d’un hebdomadaire qui a pignon sur rue, rassurez-vous je ne vais pas donner son nom. Le médecin qui le suivait à l’époque m’avait demandé de lui prodiguer des conseils, il était complètement foutu et souffrait même d’une incontinence… je lui ai posé la question suivante : comment peux-tu aussi facilement passé d’une extrémité à une autre ? Et à lui de me répondre, il était aussi temps que j’ai de l’argent. Ce Monsieur avait reçu 30 millions de francs d’un ministre (actuellement incarcéré au Sed), 20 millions d’un autre (incarcéré à Kondengui), un troisième lui avait offert des locaux où il a lancé son titre. Permettez-moi également d’évoquer le cas de ce brillant journaliste de la Crtv, qui avait pour amant un ex directeur d’une prestigieuse grande école devenu ministre, il est mort dans les conditions similaires, alors que j’étais son voisin au camp Sic Acacias, son épouse s’en plaignait d’ailleurs de vive voix. Je vous dis, que ce confrère avait la possibilité de mettre toute les personnes de son choix, dans cette grande école qui forme les magistrats et les administrateurs de notre pays.

Face à des situations aussi graves, convenez avec moi que si on se tait, on devient complice. Je m’en fous donc, si l’on me traite d’homophobe puisque je suis viscéralement opposé à cette pratique satanique.

Moi je ne cautionne pas qu’on soit obligé de baisser la culotte pour passer un concours ou obtenir un marché public. Je voulais vous faire une confidence assez cocasse, un beau jour l’ancien premier ministre André Marie Mbida m’avait dit, qu’Aujoulat avait formulé le vœu de le baiser, et à lui de le rétorquer… si toi tu me baises, qui va baiser Marguerite, c’est-à-dire sa femme !

Fermons la parenthèse de l’homosexualité, pour parler d’autres choses, même si nous y reviendrons tout naturellement. Parlons de politique, et notamment d’un débat qui devrait cesser d’être considéré comme tabou, c’est au sujet de la succession du président Biya. Certains observateurs, à l’instar d’un invité que nous avons eu ici même, allèguent que l’après Biya serait synonyme de chaos, voire de guerre civile, partagez-vous ce point de vue ?

Le mot succession est absolument inapproprié, qu’entendez-vous par succession ?

Je voulais parler de la vacance au sommet de l’Etat…

Laissez-moi répondre en disant qu’en dépit des gesticulations que nous observons au sein du sérail, il sera très difficile voire impossible pour un Bulu de remplacer un Bulu, d’un. De deux, beaucoup continuent à penser que c’est le RDPC qui va choisir le remplaçant du président Biya, là encore c’est archifaux ! Vous semblez peut-être perdre de vue que c’est ce parti (Rdpc) qui est largement majoritaire à l’assemblée nationale et au Sénat en ce moment. Et c’est le président du Sénat qui assure l’intérim et organise les élections. Le président du Sénat, vous dites ! (éclats de rire). Je dis, laissons le temps au temps. Mais je peux vous affirmer que lorsque la mort du président Biya avait été annoncé, un général que je ne nommerai pas ici, m’a dit que si cette information se confirme il va arrêter Cavaye tout de suite.

Quelques mots sur le sénat ?

Organisme absolument inutile ! Je le répète, organisme absolument inutile… nous sommes dans un système où un parti est majoritaire à l’assemblée nationale et au Sénat, où est donc le contrepouvoir ? C’est la raison pour laquelle, au Cameroun il nous manque des véritables espaces de concertation. Il n’y aucun organisme institutionnel qui peut faire pression sur l’exécutif.

Dites-nous également quelques mots sur le président du Sénat, que pensez-vous de cet illustre personnage ?

Qu’est-ce que vous voulez que j’en pense ? je n’en pense rien du tout. Je voulais tout simplement attirer votre attention sur un détail… quand vous regardez physiquement M. Niat, sans être médecin, pensez-vous qu’il soit en santé ? Regardez-le, vous-même bien ! Je pense que le Cameroun mérite mieux que ce que nous avons aujourd’hui.

Le SDF pourrait intégrer le gouvernement attendu. Ceci signerait-il la fin d’une opposition organique au Cameroun ?

S’il veut intégrer le gouvernement, c’est son droit le plus absolu… le Sdf n’aura fait qu’officialiser ce qui se passe depuis un certain temps en coulisses.

Quelques mots sur l’opération Epervier…

Ce que vous ne savez pas aussi, c’est que je suis un expert en techniques de lutte contre la corruption, diplômé de la formation choc… l’opération épervier telle que implémentée à l’heure actuelle c’est de la gnognote, ça ne vaut rien et je dirais même que c’est une opération d’épuration politique. Pour ce type d’opération, il faut au départ créer un cercle de probité où est-il ? Ouvrir un compte séquestre dans lequel on verse systématiquement tout ce qu’on saisi. Avant de commencer une telle opération, il faut d’abord siffler la fin de la récréation, ce qui n’a jamais été fait. Au finish, chaque année on achète 500 ordinateurs, l’année d’après on n’en achète encore 500 et c’est ainsi que les fonctionnaires sont devenus les plus riches du pays. Quelqu’un peut avoir vingt véhicules, on ne peut pas l’interpeller parce que ce n’est pas un délit, je connais même un ministre de ce pays qui a 143 véhicules.

Vous avez tantôt allégué que l’opération épervier n’était qu’une opération d’épuration politique, ce qui revient implicitement à dire que Marafa, Fotso, Inoni, Mebara et les autres sont des victimes du système ?

Ce n’est pas ce que j’ai dit Monsieur Ngangue ! Il n’ya pas plus voleur que Monsieur Yves Michel Fotso, s’agissant de Marafa, j’ai des documents qui prouvent qu’il recevait 1 million et demi par session, qu’il soit présent ou pas, dans un comité de suivi de la fiscalité décentralisée. S’agissant de Fotso, lorsqu’il était Adg de la Camair ce Monsieur empruntait de l’argent à la CBC le matin et le restituait le soir avec des majorations colossales. Au sujet de Mebara pouvez-vous me dire avec quel argent il a construit son château du quartier Bastos ?

Bouclons notre interview par l’homosexualité, vous avez il y’a quelques années publié une liste des présumés homosexuels, le nom de l’ancien Minatd Marafa y figurait, pouvez-vous nous donner des éléments de preuves ?

J’avais reçu avant la publication de la liste a laquelle vous faites allusion, un certain Mboussi a Mobitang qui muni des clichés montrant son anus (totalement saccagé), et un certificat médico-légal, affirmait avoir été copieusement sodomisé par M. Marafa, je me suis rendu au ministère de l’administration territoriale pour recouper l’information, mais je n’y ai jamais été reçu par l’intéressé.

 Entretien mené par Yves Junior Ngangue

© Yves Junior Ngangue | Cameroon-Info.Net

Commentaires (4)

1. junior 09/02/2014

ce monsieur dit bcp de choses interessantes

2. paterson 10/02/2014

Ce que ce monsieur dit est à tout point de vue dangereux le journaliste ki pouvait mettre ki l voulait dans une une grande école de la place avec ça qu'est ce qui peut en sortir si ce n'est un autre homo décidé à se venger kon brule les homos!

3. mireille 10/02/2014

je pense que ce monsieur a beaucoup de chose a dire mais comme on le dit si bien toute vérité n'est pas a dire mais notre pays va mal

4. Le Lion 10/02/2014

Ce monsieur est un évadé de prison. pour le respect de la république qu'il aille d'abord purger sa peine de parjure et dénonciation calomnieuse. Il n'est pas du tout sérieux. Rien à faire avec des propos d'un imposteur.

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