HAUSSE DES PRIX : LE TAXI DÉJÀ À 250 FCFA À YAOUNDÉ

Taxi cam150710300C’est le constat amer des usagers des transports urbains et interurbains. Dans la ville de Yaoundé, les transporteurs n’ont pas attendu que la proposition relative à l’augmentation des coûts de transports soit validée par les pouvoirs publics pour les mettre en œuvre. Par ailleurs, la ligne Yaoundé-Bamenda passe à 6000Fcfa Une mesure conservatoire à leurs yeux !

C’est déjà effectif dans les rues de Yaoundé, depuis vendredi 4 juillet 2014. Soit au lendemain de la réunion de concertation entre les syndicats et plusieurs membres du gouvernement. Le prix du taxi est passé de 200Fcfa à 250Fcfa en journée. Pour ne s’en tenir qu’à ce cas. En témoigne les récits de nombreux usagers et même de chauffeurs de taxi rencontrés dans les rues de la cité capitale. Serges Manga qui vit à Ekounou affirme avoir déboursé 250Fcfa pour arriver à la poste-centrale. Idem pour Maryline qui part de Bastos. Et précise cette dame : « C’est le taximan qui vous l’impose.

Celui qui m’a transportée n’a pas hésité à me servir du « Madame, c’est 250Fcfa, hein ! », fulmine-t-elle. A qui le taximan aurait fait comprendre que ce sera désormais «comme ça». Une attitude qui n’a rien d’illégal, car l’arrêté ministériel fixant les tarifs du taxi prévoit que le passager et le chauffeur s’entendent pour aller au-delà ou descendre en deçà du prix homologué de la course. Les voyageurs de l’axe Yaoundé-Bamenda n’ont eu que leurs yeux pour pleurer en constatant dans la soirée du vendredi 4 juillet dernier, une augmentation de 1000Fcfa sur le prix habituel (5000Fcfa).

Joint au téléphone au sujet de cette augmentation subite du prix du taxi, que certains transporteurs indiquent avoir suivi à la télévision, Patrice Samen, président du Syndicat national des chauffeurs et transporteurs urbains et interurbains du Cameroun (Synactuircam) se montre surpris : « ils ont déjà augmenté ? », interroge-t-il avant de rappeler qu’en réalité son intervention à la télévision nationale résultait d’une proposition faite au gouvernement à l’effet « d’équilibrer » les recettes et dépenses des conducteurs de taxi, les « oubliés » des « mesures d’accompagnement » prescrites par les pouvoirs publics.

En effet explique le syndicaliste, après la hausse des prix des hydrocarbures, les employeurs ont eu leurs mesures d’accompagnement à travers la réduction de certaines taxes. Il en est aussi des fonctionnaires et agents de l’Etat- même si cela n’est encore qu’au stade de la promesse- qui verront augmenter leur salaire. Mais justifie le syndicaliste, « on a abandonné les chauffeurs de taxi à leur sort. Or ce sont eux qui paient le carburant. C’est pourquoi, nous faisons cette proposition au gouvernement pour nous permettre d’équilibrer nos recettes et dépenses. Et pouvoir nourrir nos familles».

Le consommateur sacrifié

Cette augmentation de 50Fcfa soit 25% du prix du taxi jusque-là pratiqué (200Fcfa) n’est-elle pas excessive ? « C’est par rapport au 80Fcfa de plus sur le carburant », rétorque Patrice Samen qui laisse entendre que cela ne sera que justice. « Si le carburant avait augmenté de 25Fcfa, on aurait pu supporter. Mais 80Fcfa, c’est trop». Réagissant au sortir de la concertation suscitée, Robert Nkili dans les colonnes de Cameroon-tribune, le quotidien gouvernemental, reconnaît que : « Qui dit augmentation des prix du carburant, dit augmentation de tout en commençant par les prix du transport et des produits de première nécessité». Aussi poursuit le ministre des Transports, le gouvernement est-il en train de prendre des mesures au fin d’atténuer les nouvelles charges.

 Seulement, les choses ne sont pas du goût de certains qui ont décidé de compenser à leur façon ces nouvelles charges. Et c’est le consommateur qui au final trinque ! Pour Yimga Moussa, président de l’Association nationale des opérateurs du secteur informel pour la lutte contre la pauvreté au Cameroun (Anosilp) qui engage ses troupes sur le terrain des manifestations dès le 15 juillet prochain, cette augmentation du prix du taxi n’est pas une solution.

Car explique-t-il, « les populations ont déjà du mal à payer 200Fcfa. Et vous croyez que c’est en augmentant 50Fcfa qu’elles vont payer », interroge-t-il. Avant de souligner que le gouvernement aurait dû commencer par résoudre les problèmes sociaux qui se posent. Si tel avait été le cas, le choc de la hausse des prix des hydrocarbures aurait été moins perceptible.

© Le Messager : Nadège Christelle BOWA

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