Grève annoncée à Camair-co: Le gouvernement essaye de désamorcer la «bombe»

 

Le délégué du Travail et de la sécurité sociale pour le Littoral demande aux personnels de surseoir à la grève du 23 décembre 2012 pour des négociations éventuelles. Le Pca, le Dg et le Dga absents du pays. Officiellement «pour cause de maladie». La correspondance signée du délégué du travail et de la sécurité sociale pour la région du Littoral appelle les personnels et les délégués de la Cameroon airlines corporation (Camair-co) a sacrifié à une réunion qu’elle organise vendredi 21 décembre 2012 dans ses services.

La convocation signée le 19 décembre 2012 intervient au lendemain d’une réunion de concertation tenue, le 18 décembre entre le personnel et les délégués de la Camair-co avec les représentants du collectif des syndicats du transport aérien du Cameroun. Une réunion au cours de laquelle le personnel de la compagnie de transport aérien Camair-co a réitéré sa détermination à tenir un débrayage. « Pour des raisons de bons sens » précise un leader syndical, « nous avons accepté de décaler notre grève du 19 décembre (ce jour, Ndlr) comme préalablement annoncé pour le 23 décembre prochain. Au cas où aucune solution n’est trouvée. » En effet, dans le préavis de grève adressé au délégué régional du travail et de la sécurité sociale pour la région du Littoral et au staff dirigeant de la Camair-co, le collectif des syndicats du transport aérien indique, « vous comprenez donc qu’au soir du 17 décembre 2012, si les revendications ci-dessus ne sont pas satisfaites, les travailleurs de Camair-co seront fondés à mettre à exécution l’arrêt de travail sans autre forme de préavis. »

Et de conclure, « les modalités pratiques relatives au service minimum vous seront communiquées. » Le préavis de grève émis le 13 décembre 2012 porte les signatures des mandataires des Syndicats national du personnel navigant commercial, du syndicat national des personnels du transport aérien, du syndicat national des pilotes de ligne et ingénieurs navigants de l’aviation civile du Cameroun, celui des travailleurs du transport aérien ainsi que celui des techniciens d’avions au sol.

Congés maladie

Pour l’essentiel, la revendication portée par le collectif des syndicats du transport aérien du Cameroun porte sur le paiement du 13e mois au 17 décembre 2012 «au plus tard», le paiement de la prime de performance en même temps que le 13e mois mais aussi sur la matérialisation des problèmes posés dans le mémorandum adressé au président du conseil d’administration de la Camair-co. Entre autres préoccupations relevées par le mémorandum signé des personnels de la Camair-co la nomination d’un nouveau directeur général, des clarifications sur le bicéphalisme que connait l’entreprise, l’arrimage de la compagnie à la concurrence, l’énoncé des projections sur le plan national et …

la mise en place des agences propres à Camair-co dans toutes ses représentations. Approché dans l’après-midi du 19 décembre 2012, un cadre proche de la direction générale de la Camair-co a déclaré être incompétent pour donner la version et la position de l’entreprise. «Je ne suis pas habilité à répondre à vos questions». La concertation convoquée par le délégué régional du travail et de la sécurité sociale intervient au moment où l’essentiel de l’équipe dirigeante de la Camair-co argue d’indisponibilité liée aux questions de santé. Partie du Cameroun à la fin du mois de novembre, à bord d’un vol de la compagnie Air France, le directeur général de la Camair-co, Alex Van Elk n’a pas regagné son poste depuis lors. Idem du directeur général adjoint Mbozo’o Ndo Emmanuel ainsi que le président du conseil d’administration, le Premier ministre, Philémon Yang, «en proie à des problèmes médicaux» comme l’indique une source introduite. Dans l’édition de l’hebdomadaire Jeune Afrique du 16 au 22 décembre 2012, le patron de la Camair-co indique qu’il est en congé maladie et qu’il sera de retour « aux commandes début janvier ».

De même, Alex Van Elk, dans les colonnes du même journal dément les informations faisant état d’une grève en gestation au sein de la compagnie qu’il dirige, les cas de démission et estime être « victime d’une vendetta » lancée par un syndicat. Pour leur part, les personnels de la Camair-Co sollicitent une représentation permanente au sein du conseil d’administration et de la commission de passation des marchés de Camair-Co «en tant que membres à part entière.» Des exigences qui à en croire le mémorandum des personnels sont dictées par l’absence de communication et de publicité sur l’acquisition des MA 60 et dreamliners pour attirer la clientèle et rehausser l’image de marque de la compagnie ; l’absence de travail d’équipe et de collaboration des différents départements de la compagnie dans le processus de location et d’acquisition des avions ; la nécessité d’une réduction des coûts de sous-traitance à leur strict minimum «afin de développer l’expertise camerounaise» entre autres.

© Joseph OLINGA | Le Messager

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