GOUVERNANCE, ÉLECTIONS, FOOTBALL, CORRUPTION … LE CAMEROUN SOUS LA SURVEILLANCE DE SES « PARTENAIRES » INTERNATIONAUX

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Sur ces sujets qui touchent à l’orgueil du gouvernement, le pays doit souvent supporter les remontrances de l’extérieur. Lesquelles finissent par lui dicter son comportement en bien des points.

epuis plusieurs semaines, le climat sociopolitique à la Fédération camerounaise de football est calme. Normal, car un comité de normalisation inspiré par la Fédération internationale de football association (Fifa) a été mis en place pour gérer une transition commencée dans la douleur des contestations pré et postérieures aux élections du 19 juin 2013. En tentant de rapprocher les différents camps qui s’opposaient alors, le gouvernement de la République a été accusé d’ingérence. Et a dû déployer des trésors de sa diplomatie pour convaincre l’instance faitière du football à l’échéance mondiale de lever la suspension qu’elle prononçât à l’endroit de la fédération locale.

Car l’enjeu allait bien au-delà de la simple exclusion des compétitions organisées par la première, notamment la Coupe du monde de football prévue en 2014, la Coupe d’Afrique des Nations 2015 et les championnats de club à l’échelle continentale. Il s’agissait aussi d’entretenir une certaine image à laquelle le pays tient. Et qui peut s’avérer d’une certaine utilité dans l’une ou l’autre de ces négociations auxquelles se prêtent les Etats sur la scène internationale. Mais c’est surtout une constante sous le ciel de la catégorie des pays du Tiers-Monde à laquelle appartient le Cameroun : chaque observation que fait la Fifa suscite, sinon un réajustement, un changement de cap dans la gestion de la politique locale du football. Un peu difficilement, le Cameroun a dû s’adapter.

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 Autre secteur, même observation. Peu de doutes en effet que l’Opération Epervier, qui entra dans sa phase la plus décisive dès 2006, ait pu parvenir aux arrestations de ces dernières années sans les pressions exercées par les Etats-Unis. Les représentants de George Bush et de Barack Obama durent notamment promettre un appui financier et technique à l’opération ; de même qu’ils mirent sur la table leur soutien à des programmes vitaux pour le gouvernement tels l’Inititiative Pays Pauvre Très Endetté ou le retour de l’agence américaine de développement Usaid. Acculé, le pouvoir de Yaoundé, qui a toujours proclamé, sans le mettre en pratique, son engagement à lutter contre la corruption a dû se réformer institutionnellement. Et mis sur pied une batterie de nouvelles administrations chargées de lutter contre la corruption.

Les rapports que ceux-ci présentent sont attendus ; leurs conclusions sont prises au sérieux ; et la réaction du pouvoir central, quand elle se fait attendre, est exigée par les «partenaires ». Conclusion : le pays vit désormais sous une surveillance extérieure bien marquée, laquelle tire quelques origines des plans d’ajustement structurels que le pays a expérimentés dès 1987. Ces derniers ont non seulement imposé une réforme des structures de l’économie ; mais aussi imposé une surveillance quasi-scolaire des institutions de Bretton Woods, bailleurs de fonds par excellence.

Parce que l’économie induit des effets entraînants sur plusieurs autres secteurs de la vie d’un pays, la surveillance aussi s’est généralisée. Et le Cameroun semble aujourd’hui être, comme la cellule sous le microscope de ses «amis», voué à une observation et une surveillance de nature à remettre en cause le principe même de la libre initiative de ses dirigeants. De ces secteurs sur lesquels le pays doit «s’accommoder» des «remarques» de ses «partenaires», La Nouvelle Expression tente une fresque de cette surveillance internationale.

© La Nouvelle Expression : Serge-Lionel Nnanga

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