Fête de la jeunesse: Les jeunes boudent le défilé à Yaoundé

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Il n’a pas fait courir grand monde cette année, contrairement aux années antérieures. On peut y lire le fait que les jeunes aient suivi le mot d’ordre de boycott lancé par plusieurs groupes de jeunes dans la capitale.

Ils ont finalement été heureux, ceux qui s’étaient attendus à de multiples points d’embouteillage, hier 11 février 2013. Fort heureusement pour eux, il y a eu très peu de personnes, contrairement aux années antérieures, à faire le déplacement du boulevard du 20 mai, pour assister à la grande parade

Même les plus jeunes, habituellement très excités, n’ont que très timidement participé cette année à la manifestation. De quoi penser aux mises en garde reçues il y a quelques mois, par des groupes de jeunes, au sujet de ce défilé. L’on se souvient à titre d’exemple de la correspondance du vétéran de l’Upc, Woungly-Massaga, au directeur du cabinet civil de la présidence de la République, Martin Belinga Eboutou. Datée du 8 janvier dernier, celle-ci demandait que les 119 jeunes formateurs des centres de promotion de la femme et de la famille soient rétablis dans leurs droits. Le leader politique avait précisément annoncé : « il me paraît loyal de vous avertir, Excellence, qu’au cas où il ne serait pas mis fin à la situation scandaleuse de ces 119 jeunes avant le 11 février 2013, nous appelons d’ores et déjà la jeunesse de notre pays, toutes les forces politiques de progrès et toutes les organisations sociales et de défense des droits de l’Homme de notre pays à faire du 11 février 2013 une grande journée de solidarité avec ces 119 jeunes et de dénonciation de la gouvernance anti-jeunes de votre régime qui se camoufle derrière une intarissable démagogie ».

Il n’a certes pas été question de casses ou de marche, mais la solidarité peut se traduire de plusieurs manières. C’est certainement la voie de la bouderie qui a pris le pas. Car, un certain vide à été remarqué au cours de ce défilé du 11 février 2013. Même à la tribune officielle, seuls quelques ministres et leurs épouses ont répondu présents à l’appel. Certains invités de marques, diplomates et hotes des pays amis, ont brillé par leurs absences.

La tribune principale n’était pleine qu’au quart. Cela s’est aussi fait ressentir dans les rangs : un défilé timide, avec des rangs mal agencés, des pas marquant la fatigue, la mine triste et un désordre remarquable. Pour les élèves, « plusieurs de nos camarades sont partis avant le début du défilé, à cause de la fatigue, mais surtout parce qu’on n’a vraiment pas de motivation à être là. Oui, on parle certes de l’amour de la patrie et de la nation, mais, pendant qu’on doit attendre 2, voire 3h sous le soleil pour passer devant un chef d’Etat qui n’est que rarement là, parce qu’il faut l’avouer, par le passé, c’était l’objet du déplacement de plusieurs : voir le chef de l’Etat et dans une moindre mesure, son épouse. Mais non. Non seulement il n’est pas là, mais pendant qu’on doit se taper tout le défilé affamé et assoiffé, ils se gavent dans la tribune et la fête se poursuit pour eux après le défilé », se plaint une élève d’un établissement secondaire de la ville, rencontrée dans les tribunes alors que ses autres camarades étaient en train de défiler.

L’on a senti une telle contrainte de la part des uns et des autres que, toutes les articulations du défilé n’ont même pas été respectées : la phase « remise des récompenses aux meilleures défilants » n’a pas été respectée. Si oui, en l’absence de toutes les personnalités présentes au départ. Chacun s’est dépêché de se lever et de partir, pendant que le dernier carré était encore de passage. Pourtant, le thème était bien : « jeunesse, responsabilité civique et participation au développement ». Mais, comme le disait certains, « quelle motivation ? Puisque pendant que nous les jeunes nous trimons, ce sont justement les vieux qui se taillent la part du lion, à l’occasion de notre fête. Quel paradoxe ?». C’est à 12h et 30 minutes que s’est achevé ce défilé qui a fait exactement 2h d’horloge.

© Florette MANEDONG | Le Messager

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Date de dernière mise à jour : 12/02/2013