Fete de la Jeunesse 2013: Le chômage, le cauchemar de jeunes de Douala

Pour de nombreux jeunes qui célèbrent cette 47e fête de la jeunesse dans la capitale économique, trouver un emploi relève plutôt d’un parcours de combattant.

Douala, capitale économique du Cameroun tel un aimant la ville attire de nombreux jeunes à la quête d’un emploi. Mais seulement ils sont confrontés au problème de la non disponibilité de l’emploi. Luc BIGA, titulaire une licence en droit, explique son périple: «après mon diplôme j’ai effectué plusieurs tentatives de demande d’emploi dans les entreprises de la place, on me demandait toujours une expérience professionnelle. Comment on peut demander une expérience professionnelle à quelqu’un qui sort à peine de l’école. Nous sommes formés mais l’on ne nous embauche pas».

NYAMI PAULIN est titulaire d’un diplôme en cuisine, depuis 2008 il est à la recherche d’un emploi: «j’ai comme pour expérience professionnelle plusieurs stages et depuis rien».

Comme ces deux cas, de nombreux jeunes rencontrés ce matin dans les rues de Douala sont confrontés au même problème. D’après une étude publiée par le bureau international du travail, le Cameroun a un taux de chômage de 13% et 70% de sous-emploi, les jeunes dont l’âge varient entre 17 et 40 ans sont les plus touchés. La même étude nous fait savoir qu’à Douala le taux de chômage en milieu jeune est de 12.2%. Qu’est ce qui peut être à l’origine de ce phénomène?

FORMATION CADUQUE

Certains analystes estiment que le faible taux d’emploi des diplômés, surtout de l’Enseignement Supérieur est imputable à la qualité de la formation. L’organisation de l’enseignement, le matériel didactique, les filières d’enseignements constituent des éléments d’une inadéquation complexe à résoudre et à avoir un produit directement utilisable en situation professionnelle. Les programmes et les profils des enseignants restent souvent flous à l’université. Certains enseignants s’absentent régulièrement durant des mois EDITA Joël explique qu’en deuxième année de droit à l’université de douala en 2008, « son enseignant de droit privée n’a fait que 3 cours durant un semestre ».

Par ailleurs les matériels utilisés par les étudiants pour les travaux pratiques sont en déphasage avec celui trouvé dans les entreprises. Pour un enseignant de l’université de Douala: « Il n’est pas exagéré de dire que l’université forme des inadaptés professionnels, qui logiquement n’ont d’autres issues que le chômage ou l’activité informelle». Dans certains cabinets de gestions de ressources humaines, de Douala, les professionnels expliquent que 90% des jeunes qui postulent pour un emploi dans les entreprises n’ont jamais le bon profil, pourtant ils sont bardés de diplômes. Une difficile équation à résoudre, en cette 47e édition de fête de la jeunesse qui se célèbre sous fond d’émergence.

© ARMAND-RODOLPHE DJALEU | Cameroon-Info.Net

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