Fête de fin d’année: Ya-Fe met le feu

Une foule bigarrée, des bouchons à n'en plus finir autour du rond-point de la poste centrale, une musique assourdissante, quelques échauffourées, rien de bien méchant, de l'alcool à profusion et une ambiance des plus festives. Le cœur de Yaoundé a battu à la foire Ya-Fe (Yaoundé en fête) le 24 décembre dernier. C'était l'endroit où il fallait être pour le réveillon. Toute la ville semble en effet s'être donné rendez-vous au boulevard du 20 mai pour fêter dignement l'arrivée du petit Jésus. Et tant pis si beaucoup l’ont finalement perdu de vue, préférant s'adonner à des plaisirs interdits dans la pénombre. Tant pis si certains étaient surpris de découvrir des jeunes filles à peine pubères déambuler dans les rues, à plus de minuit, dans des tenues aguichantes. L'essentiel étant de s'amuser. Sous l'œil bienveillant des forces de l'ordre qui n'ont pas manqué de jouer leur rôle. Discrètement.

Pourtant, une fois Ya-Fe abandonnée, c'est la morosité qui règne dans les rues de Yaoundé. Contrairement aux années précédentes où l'ambiance était des plus festives. A Melen, les bars sont ouverts et la voix de Lady Ponce meuble le silence. Mais aucune affluence. Ici, les clients se comptent sur les bouts des doigts et les belles de nuit semblent également s'ennuyer. Le constat est le même à d'autres endroits, pourtant réputés pour être «chauds».

On repère bien quelques noctambules à Nlongkak ou Etoudi. Mais pas de quoi casser trois pattes à un canard. «Les gens sont restés à la maison parce qu'il n'y a pas d'argent. De plus, il y a eu beaucoup de programmes culturels durant le week-end. Donc la plupart sont fatigués en ce début de semaine», affirme l'un des fêtards. Certains ont bien choisi les murs feutrés de certains restaurants ou l'ambiance surchauffée des cabarets et autres boîtes de nuit où on annonçait des «stars» : Coco Argentée, Lynda Raymonde, Richard Amougou ou encore Leti's Diva. Mais là encore, rien d'exceptionnel. «On n'avait pas l'impression que c'est un jour spécial. C'était la même ambiance que d'habitude. Pour preuve, on a reçu plus de gens les 22 et 23 que le jour du réveillon», commente Anatole Edzimbi, gérant d'un cabaret au quartier Elig-Essono. Mais aucune inquiétude pour ce dernier, la Saint-Sylvestre est pour bientôt. Et à coup sûr, les Yaoundéens se rattraperont

© JRM | Cameroon Tribune

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