Etoudi : présidentielle 2018 : les grandes manouvres ont commencé

La tradition est respectée. A chaque approche de l'élection présidentielle au Cameroun, des groupes politico ethniques proches du Rassemblement démocratique du peuple.

La tradition est respectée. A chaque approche de l'élection présidentielle au Cameroun, des groupes politico ethniques proches du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir à Yaoundé, ont toujours exploité les motions de soutien pour soit demander au président de la République, et président national du Rdpc, d'anticiper l'organisation de l'élection présidentielle, soit de l'organiser, est surtout de se représenter.

Tous les prétextes sont bons pour solliciter- dans le but d'arracher les faveurs du prince- celui qu'ils  considèrent comme leur champion. Cette fois, le département de la Lekié a été devancé. Ce sont les élites du Sud du Cameroun, la région d'origine du président de la République, Paul Biya, dont les ministres, les  directeurs de sociétés d'Etat, les  parlementaires et tout ce que la région compte comme élus, tous du Rdpc,  qui  sont  montées au créneau pour demander à leur «candidat naturel» d'écouter la «voix du peuple».

Ils sont plusieurs centaines, à en croire les noms publiés et les profils dressés. Si la motion rendue publique le 8 janvier 2016 est quelque peu  floue, l'un des signataires, le Pr Jacques Fame Ndongo, ministre de l'enseignement supérieur qui se gargarise d'être « une créature du président Biya», n'a point porté de gant à l'occasion d'une messe œcuménique à Ebolowa samedi dernier, pour carrément demander à Paul Biya de se présenter à la présidentielle de 2018. Cavaye Yéguié Djibril, président de l'Assemblée nationale, il y a un an, avait déjà, certes timidement,  lancé cet appel.

Peut-être qu'il était allé vite en besogne. Mais pourquoi le sujet ressurgit maintenant, alors qu'on est jusque-là à deux ans de 2018 ? Des informations de La Nouvelle Expression rappellent qu'il n'y a point de fumée sans feu. C'est que les stratèges d'Etoudi envisagent sérieusement, dans un agenda bien secret, d'anticiper l'élection présidentielle. Quelques ballons d'essai peuvent permettre de prendre la température ambiante. Surtout du côté des partis politiques de l'opposition plus habitués à réagir qu'à  anticiper.

Il faut remarquer- et c'est loin d'être anodin- que c'est le très énigmatique Martin Belinga Eboutou, tout puissant ministre  directeur du cabinet civil de la présidence de la République, qui ouvre la liste des signataires. C'est enfoncer une porte ouverte que de relever qu'il est l'un des rares collaborateurs du prince à être dans les secrets des Dieux. Fidèles des plus fidèles, on dit qu'il est ce qu'on appelle les oreilles et les yeux du patron. Et s'il était aussi sa bouche ?

 

La Nouvelle Expression

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