ETO’O TELECOM : L’AUTORISATION DE L’ART OBTENUE DEPUIS MOINS DE DEUX MOIS

L’entreprise de l’attaquant Camerounais Samuel Eto’o Fils a vendu les puces sans avoir réuni au préalable toutes les conditions nécessaires. Les choses se précisent de plus en plus du côté d’Eto’o Telecom. D’abord, l’entreprise ne squatte plus les modestes locaux de la fondation Samuel Eto’o située dans un magasin de l’ancien immeuble Saga, à Bonanjo.

Depuis quelques semaines, Eto’o Telecom occupe le premier étage de l’immeuble Elisabeth, à la rue des Manguiers, à Bali. C’est désormais sa direction générale. Sa première agence sera établie au rez-de-chaussée de l’immeuble, juste en face des bureaux de Vox Africa, la chaîne de télévision de l’inoxydable Paul Fokam Kamogne, entre autres, président du conseil d’administration d’Afriland First Bank. Ensuite, le branding. Depuis quelques jours, en effet, tous ceux qui empruntent cette rue peuvent désormais apprécier les couleurs de la marque de commercialisation d’Eto’o Telecom, Set Mobile notamment. Enfin, les autorisations.

Celle de l’Agence de régulation des télécommunications, apprend-on, a été obtenue il y a moins de deux mois. Nos sources refusent de s’étendre davantage sur le sujet. «Il y a eu les choses avant et je ne souhaiterais pas m’étendre dessus. L’important c’est que l’entreprise a désormais son autorisation», tranche amicalement notre interlocuteur. Ce dernier refuse également d’avancer une nouvelle date de lancement. «Je me méfie de donner encore une date et que ce ne soit pas cela par la suite.

On va aviser le moment venu», esquive-t-il. C’est quasiment la même posture adoptée par le directeur général de l’entreprise. «Nous ne voulons pas encore donner de date précise. Cela participe de notre stratégie. Nous allons procéder par surprise. Avec le PCA (Samuel Eto’o :ndlr), nous allons annoncer et surprendre les Camerounais», répond Charles Gueret, cité par le site d’informations Investiraucameroun. Ce dernier apprend aussi que tout est prêt pour le lancement des services. Set Mobile, indique Charles Gueret, sera le premier Mobile virtual network operator (Mvno). Ou, pour faire simple, un opérateur mobile virtuel qui ne dispose pas de spectre de fréquence propre, et qui ne dispose pas non plus d’infrastructures de télécommunications. Il se contente d’acheter des minutes de téléphonie à des opérateurs traditionnels qu’il revend à ses clients.

Arrivée de George Dooh Collins C’est l’Art qui est plus explicite sur la question. «L’activité principale d’Eto’o Telecom consistera à la revente de trafic téléphonique au travers des réseaux des opérateurs concessionnaires de téléphonie, à savoir, Camtel, Orange Cameroun et Mtn Cameroun. Une soixantaine de sociétés disposent de titres d’exploitation similaires au Cameroun. Cette activité consiste à acheter du trafic en gros, en marque blanche et à le commercialiser au grand public sous enseigne ou appellation commerciale personnalisée», peut-on lire dans le communiqué signé par le directeur général de l’Art publié dans Cameroon Tribune le 5 janvier 2012. «Aussi, du fait que les activités d’Eto’o Telecom s’appuient sur les réseaux des opérateurs concessionnaires de téléphonie suscités, il s’agit bien de la revente de trafic téléphonique et non de l’établissement et/ou l’exploitation d’un nouveau réseau de téléphonie mobile », a écrit Jean Louis Beh Mengue.

Au niveau des ressources humaines, Charles Gueret apprend que l’équipe de Set Mobile s’est agrandie, avec surtout l’arrivée de Georges Dooh Collins, un ancien de British american tobacco (Bat), des Brasseries du Cameroun et d’Afritude nommé il y a un peu plus de deux mois directeur général adjoint. D’après lui, 60 personnes vont travailler au siège, et 500 partenaires, soit au total 550 personnes dans l’ensemble du territoire. Au sujet des partenariats avec les opérateurs de téléphonie, le DG d’Eto’o Telecom apprend que tout a été réglé également.

On apprend ainsi que l’entreprise de l’attaquant camerounais va traiter avec Orange Cameroun, l’entreprise pour laquelle il a été longtemps ambassadeur. C’est donc le crédit de l’entreprise française qu’Eto’o Telecom va revendre dans un premier temps. Mais, Charles Gueret apprend que son entreprise peut collaborer avec tous les autres opérateurs de téléphonie de la place. On espère que la prochaine tentative sera la bonne. Car, c’est depuis le 21 janvier 2012 que cette entreprise est censée avoir démarré ses activités.

L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse organisée par le top management le 22 décembre 2011. Cette conférence de presse a été suivie, le même jour par un concert légendaire au stade de la Réunification où le code d’accès était l’achat d’une puce Set Mobile. On apprend que plus de 50.000 puces ont été achetées par les Camerounais qui espéraient commencer la manipulation le 21 janvier 2012. Mais, rien de tel ne s’est passé. Un autre rendez-vous a été donné aux clients pour le février, après mars, mais en vain. Et depuis cette date, plus rien. On n’entend plus parler d’Eto’o Telecom. Mais, il est difficile de ne pas rappeler que tout le tapage du 22 décembre 2011 s’est fait sans que l’entreprise ait les autorisations nécessaires.

© La Nouvelle Expression : Hervé B.Endong

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