Droits de l’Homme: Amnesty International épingle le Cameroun

Droits de l’Homme: Amnesty International épingle le Cameroun Click to jump to 'Cameroon-Info.Net' YAOUNDE - 16 DEC. 2012 © Lucien EMBOM | Cameroon-Info.Net Réagir L’Organisation Non Gouvernementale dans son rapport 2011, estime que le gouvernement camerounais continue de restreindre les activités des journalistes et des opposants. E-Mail Imprimer Réagir Bookmark and Share Amnesty International - Yaounde - 15/12/2012 Photo: © L. E./Cameroon-Info.Net C’est au cours d’une conférence de presse donnée samedi 15 decembre à Yaoundé par deux membres de l’ONG à savoir Godfrey Byaruhunga (chercheur du programme basé à Londres), et Jean Eric Nkurikiye (chargé de campagne basé à Kampala) que des révélations ont été faites sur l’état des Droits Humains au Cameroun.

Il faut signaler que cette sortie médiatique d’Amnesty a été organisée pour boucler le séjour de Byaruhunga et Nkurikiye arrivés chez nous le 11 décembre dernier. Cette visite intervient au lendemain de la publication du rapport de Transperency International sur l’indice de la corruption au pays de Martin Paul Samba. Selon Godfrey Byaruhunga, des rencontres avec les autorités comme le chef du gouvernement et le ministre de la Défense se sont déroulées. Il y a absence d’enquête sur les violations des Droits Humains. Les auteurs des massacres opérés lors des émeutes de la faim courent toujours à l’ombre de l’impunité. Plus de 200 personnes ont été liquidées durant cet épisode sanglant de la vie nationale, mais les gouvernants ont avancé le bilan de 40 morts.

Concernant la liberté de la presse, des journalistes ont fait un tour au cachot à cause de leurs productions jugées tendancieuses par les autorités. Des avocats comme Alice Nkom et Michel Fogué auraient reçu des menaces de mort, mais cependant on ignore qui les a menacés. Des gens ont été appréhendés ou embastillés pour avoir émis des critiques à l’endroit du gouvernement. Amnesty International est préoccupé par la situation des minorités sexuelles. Dans les prisons comme celles de Kondengui et New Bell, il y a surpopulation carcérale, manque de nourriture, des mauvais traitements sont infligés aux détenus. Le gouvernement doit en principe accorder plus de moyens au Ministère de la Justice pour revoir les conditions de détention. Le problème des mutilations génitales reste un véritable casse-tête chinois pour les pouvoirs publics et les chefs religieux. Les filles et les femmes doivent être protégées contre ce mal social et toutes les autres d’injustices. Byaruhunga et Nkurikiye ont examiné le cas de Titus Edzoa et Thierry Atangana. Selon Amnesty, les deux individus sont au bagne pour leurs opinions politiques. L’organisation demande ardemment que justice soit faite, et que la peine de mort soit abolie au Cameroun. Amnesty International revient sur l’issue du scrutin présidentiel du 9 octobre 2011 qui a fait de Paul Biya le vainqueur de cette consultation. Le promoteur du Renouveau a été réélu avec 75% des voix. Son concurrent historique John Fru Ndi du Social Democratic Front (SDF), a glané à peine 10% des suffrages exprimés. Il faisait partie des 22 candidats des forces de l’opposition camerounaise. Les partis politiques ont qualifié l’élection d’inéquitable.

Liberté d’expression Plusieurs journalistes et détracteurs du gouvernement ont arrêtés et placés en détention ; certains ont recouvré la liberté en 2011. Reinnier Van Kase Douanla, journaliste correspondant de l’Agence France Presse a été arrêté le 23 février 2011 par des gendarmes alors qu’il couvrait une manifestation des partis de l’opposition à Douala. Des responsables sécuritaires ont supprimé les enregistrements de son dictaphone avant de le relâcher le lendemain de son arrestation. En mai, la police a empêché la projection publique d’un documentaire consacré aux atteintes aux Droits Humains qui seraient perpétrées dans le cadre de la production commerciale des bananes.

Le documentaire révélait semble-t-il que des petits producteurs avaient été déplacés de leurs terres sans indemnisations, et que les employés des plantations étaient mal rémunérés. Gueimé Djimé un membre de l’association OS-CIVIL œuvrant pour la promotion des Droits de l’Homme, a été abattu dans son sommeil le 10 juin 2011 à Kousséri. En avril 2011, la police a arrêté le militant Mboua Massock à Douala alors qu’il tentait d’organiser un rassemblement pour protester contre la présidentielle d’octobre. L’opposant radical a été conduit manu militari à 35 kilomètres de la ville, puis abandonné sur place. Les forces de sécurité ont cette encore arrêté des membres du Conseil National du Cameroun Méridional (SCNC), et interrompu leurs réunions ou en ont empêché la tenue. Le SCNC milite en faveur de la sécession des régions anglophones du Cameroun.

Des hommes reconnus coupables de relations entre personnes du même sexe ont été condamnées à des peines dont certaines sont allées jusqu’à 5 ans d’emprisonnement. En mars, le gouvernement a informé Amnesty International que 17 personnes ont été condamnées à mort en 2010. Un décret présidentiel publié le 3 novembre a commué les peines de mort en peines de réclusion à perpétuité. Toutefois le décret ne s’appliquait pas aux personnes reconnues coupables d’assassinat ou de vol aggravé. Le document ne précisait pas le nombre de condamnés ayant bénéficié d’une commutation de peine.

Cameroun info.net

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Date de dernière mise à jour : 18/12/2012