DOUALA : UNE PLUIE DE MALÉDICTIONS POUR ACCUEILLIR PAUL BIYA…

 

innondation-cam290612280.jpgPaul Biya ne fait pas l’unanimité. En effet, certains Camerounais, quoiqu’affichant une curiosité intéressée par la visite de Paul Biya annoncée pour ce jeudi, 14 novembre 2013 dans la capitale économique, souhaitent en même temps, que du début jusqu’à la fin, toute la visite du président de la république se déroule d’une manière peu catholique ! Et l’idée n’est pas innocente : en effet, le mardi 12 novembre 2013, la ville de Douala, dès 14h, a été noyée sous une pluie diluvienne comme on en voit peu, surtout dans sa périphérie. Il s’est presque mis à faire jour en pleine nuit.

Motos, autos, ont été contraintes, pour la plupart, à se garer pendant toute la durée des trombes. Les bourrasques constatées ce jour-là n’étaient, non plus, de nature à ameuter les foules dans les rues. Est-ce donc pour empêcher les Camerounais d’aller admirer et applaudir leur président que ces personnes souhaitent que le ciel envoie ses foudres dans la ville qui vit naître Rudolph Douala Manga Bell ? « A mon avis, nous confiera ce jeune journaliste-reporter d’un quotidien de la place, c’est juste pour permettre au chef de l’état de toucher du doigt, les réalités locales et lui permettre de vivre pendant au moins 01 heure, le quotidien auquel les Camerounais sont confrontés chaque jour dans leur réalité ».

La zone de Logbaba, particulièrement, souffre actuellement de disfonctionnements divers, dont les mauvaises routes, le manque d’eau potable, de lumière, ou encore, les embouteillages monstrueux, surtout depuis qu’un pont stratégique s’est totalement effondré ici, occasionnant du côté de Ndokoti, l’innommable.

Pour traverser, venant de Ndogbong, Zone Industrielle, Tunnel Ndokoti etc., il faut attendre des heures pour franchir quelques centaines de mètres à peine. Cependant, c’est dans cette zone de Logbaba que devrait avoir lieu, l’inauguration de l’usine à gaz annoncée elle aussi, ce jour. Mais, le protocole a tout prévu, et Paul Biya est annoncé en hélicoptère.

Car même avec la présence d’un convoi motorisé, armé et toutes sirènes dehors, lui et sa suite ne sauraient autrement échapper à quelques désagré ments. On comprend mieux pourquoi certains habitants, tout en espérant apercevoir leur chef d’état ce jeudi, voudraient lui souhaiter la bienvenue dans la pire des boues que le poto poto puisse produire, de préférence sous un parapluie et, pourquoi pas, vêtu d’un manteau en plastique jaune, chaussé de bottes vertes, ou coiffé d’un casque de protection sur le crâne.

Rien que pour voir çà, certains seraient prêts à braver la pire des pluies torrentielles, car c’est l’accueil que beaucoup espèrent que Douala réservera au chef de l’état ! Hum… Mais, ne l’oublions pas, le but premier de la visite de Paul Biya à Douala est incontestablement, la pose de la 1ère pierre du 2ème pont sur le fleuve Wouri, même si, en plus du gaz de Lobaba, l’on mentionne entre autres, la visite d’01, ou 02 cimenteries, toujours du côté de Bonaberi.

De l’autre côté du pont, on peut comprendre l’effervescence, et aussi, prédire les embouteillages. Le pont, c’est le passage obligé pour desservir l’Ouest, le Moungo etc., avec la capitale économique. Pour les commerçants, les riverains, la visite du président sera donc l’enfer, tout comme pour ceux venant de Kribi, Yaoundé, Edéa etc., ce jeudi 14 novembre 2013 pour se rendre à Douala en passant par Logbaba, ou par « Village », le parcours du combattant.

Déjà, en mi-matinée ce mercredi 13 novembre 2013, on nous signalait la fermeture du pont sur le Wouri, un pont qui, pour l’occasion, va devenir le mur de séparation entre les habitants d’une même cité, entre des citoyens, et leur président de la république. Il est clair que dans ces conditions, une pluie, ici, ne serait pas la bienvenue.

Pourtant c’est là, tout le bien que des Camerounais souhaitent à Popaul, comme une prière… Pour que Paul Biya touche enfin du doigt, la rudesse de leur quotidien merdique… Ciel ! Pourvu que les cieux écoutent la voix de la raison…

© Le Jour : Pauline Poinsier-Manyinga

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