Détournement de 165 millions de la SCDP: Les signatures des dirigeants ont bel et bien été imitées

C'est la conclusion à laquelle sont parvenus des experts indépendants commis par le Tcs. Et qui vient corroborer les dénégations du Directeur Général et du Directeur d'exploitation de la Scdp. L'étau se resserre plus que jamais autour de la Sgbc, banque où était logé l'argent disparu.

L'information est certes déjà dévoilée par d'autres confrères. Mais, dans les jours qui viennent, elle sera davantage dans toutes les conversations. Et pour cause? La nature de la décision des experts, sans doute en graphologie, mandatés par le Tribunal criminel spécial (Tcs) marque un tournant dans le conflit judiciaire qui Oppose la Société nationale de dépôt pétrolier (Scdp) à la Société générale de banque du Cameroun (Sgbc).

Maintenant qu'il est indiscutablement établi que la signature de Gaston Eloundou Essomba, Directeur Général de la Scdp avait été forgée, ainsi que celle d'Olivier Débordes, directeur d'exploitation, qui remplaçait momentanément François Crémadeills, le Directeur Général adjoint, absent au moment des faits, tous les deux de nationalité française - les responsabilités dans le retrait illicite de 165 millions FCFA des comptes de la société parapublique basée à Douala sont à rechercher du côté de la Sgbc, évidemment avec la complicité de quelques employés de la Scdp, proches de la comptabilité et de la trésorerie.

C'est donc une donne qui vient confirmer la position de la direction générale de la Scdp et charrier la promesse que la manifestation de la vérité dans cette affaire, qui tient l'opinion en haleine, est pour bientôt. Toutefois et c'est le lieu de le souligner à deux traits: le rapport des experts vient certifier, s'il en fut besoin, de ce que Gaston Eloundou Essomba n'a pas l'ambition de s'enrichir aux dépens des caisses de la société étatique dont il a la gestion.

Des affabulateurs et des analystes du dimanche avaient vite tenté, bien que sans succès, de manipuler l'opinion, profitant du torrent comme on dit, pour déféquer sur ce gestionnaire de haut vol, en remettant bruyamment en cause son intégrité. Que vont-ils encore «inventer» maintenant qu'une commission spécialisée, aussi neutre qu'indépendante vient d'établir de manière officielle que Ies signatures des responsables de la société du carrefour Agio avaient fait l'objet d'une imitation à des fins d'escroquerie, battant ainsi en brèche leurs calomnies odieuses? Rappel de l'affaire.

Pour commettre leur crime, qui aujourd'hui est loin d'être parfait, les auteurs du rapt de plus de 165 millions FCFA des comptes de la Scdp ont fraudé la signature de son directeur général, Gaston Eloundou Essomba et celle du directeur d'exploitation. Dans cette affaire, la Sgbc n'est pas exempte de tout soupçon. Bien au contraire. Le fondé de pouvoir de la banque et plusieurs de ses collègues ont fait l'objet d'arrestation policière. L'ex trésorière de la Scdp, sur qui pèse de forts soupçons de la police et la secrétaire du directeur financier se sont vu interpeller. Ce monde pas du tout catholique a été relaxé par la suite, mais fut instruit de se rendre en tout temps disponible pour la suite de la procédure.

Entretemps, le Tribunal criminel spécial connaît de l'affaire, suite à une plainte en réparation introduite par Gaston Eloundou Essomba. Cependant, avant que ne s'ouvre véritablement le procès, une question continue de brûler bien des lèvres: où sont passées les images des vidéos de surveillance des 18 et 25 octobre 2012 journées du forfait. Ces images auraient pu être de nature à concourir à l'identification des auteurs du crime? La Sgbc aurait, selon des sources convergentes, avoué leur destruction prématurée. Pourquoi la banque a-t-elle violé ses propres textes en se débarrassant des deux bandes avant l'échéance de trente jours? La vérité réside dans la réponse à ces questions capitales. Affaire à suivre donc!

© Mamouda Labaran | La Météo

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