Démission tacite: Philémon Yang Yundji, Premier Ministre, ne retournera plus au Cameroun !

II y a peu, un journal de la place relayait l'information selon laquelle le Premier ministre, chef du gouvernement avait rendu sa démission à Paul Biya. Sans que ce dernier ne démente cette information, c'est le quotidien gouvernemental, notre Pravda national (Cameroon Tribune) qui se fendait d'un communiqué musclé pour contrarier cette «feuille de choux». Des jours plus loin, les évènements semblent donner raison à ce journal, pendant que l'encre du journal de la rue de l'aéroport semblait paradoxalement avoir séché.

La preuve a été administrée encore lors du dernier conseil des ministres tenu récemment au Palais de l'Unité où l'ambiance était lourde avec des ministres qui affichaient des sourires des mauvais jours. Après ledit conseil, le PM a fondu dans la nature. Aujourd'hui, un silence épais entoure cette disparition et les commentaires vont dans tous les sens.

La réalité dépasse la fiction. Le Pm Yang Philémon répond depuis un certain temps aux abonnés absents. Cette situation, au-delà des opportunistes tapis dans l'ombre, a totalement frigorifié le sérail. Et tout ceci montre qu'au Cameroun, la destination de la primature n'est pas toujours rêvée d'autant plus que celui qui y occupe ce strapontin ministériel est là pour inaugurer les chrysanthèmes et pourquoi pas, à se tourner les pouces pendant que ses plus proches collaborateurs l'enjambant, rendent compte directement au chef de l’Etat.

C'est le cas de Louis Paul Motaze, le secrétaire général des services du Premier ministre qui, ayant la charge de tous les projets structurants juteux, s'adresse seulement à la voix la plus autorisée: Paul Biya. Tous les ministres de la République font un pied-de-nez à Philémon Yang Yundji. Ils dédaignent ses prises de décision. Selon nos informations, pour ce qui est de la construction du 2e pont sur le Wouri, le Premier ministre, Philémon Yang Yundji aurait jeté son dévolu sur les chinois, dans son dos, le directeur du Cabinet civil Martin Belinga Eboutou et le ministre des Travaux publics, Patrice Amba Salla auraient donné ce marché à l'entreprise française Satom.

Courroucé, le Premier ministre aurait posé le problème au président de la République qui est resté de marbre. Voilà un catalogue de bonnes intentions qui est ainsi jeté aux orties. Aussi, le Pm a constaté que plusieurs personnes originaires de sa région natale passent le plus clair de leur temps à savonner sa planche pour le supplanter.

Et comme Yang Philémon aurait le mépris triste, il aurait décidé de prendre la poudre d'escampette. Selon des sources confidentielles, cet homme au verbe compté se trouverait en France pour officiellement des raisons de santé. Il finira officieusement par retrouver, pour ne plus jamais revenir au Cameroun, sa famille restée au Canada où il fut le chef de mission diplomatique du Cameroun pendant près de 20 ans.

L'une des explications qu'il avancerait en petits comités est qu'au sérail, il a rencontré peu ou pas de personnes proches de son idéal. Qui pis est, ce qui l'aurait davantage fait souffrir en silence, c'est la nomination en catimini de Touna Mama au poste de secrétaire général adjoint des services du Premier ministre. En sus, toutes ces nominations sur la base affinitaire faite par Belinga Eboutou auraient également hérissé son poil, y compris les lazzis de Edgard Mebe Ngo'o, qui ne lui fait jamais allégeance.

Ayant beaucoup appris de la vie politique et administrative, ses mirages, ses pièges, ses coups bas, Philémon Yang Yundji aurait décidé de prendre ses cliques et ses claques pour recourir aux conseils d'autres cieux. Pendant ce temps, ses successeurs potentiels utilisent toutes les herbes de la Saint Jean pour lui succéder. Ils oublient cependant une chose: le même sort les attend.

Dans l'ombre, il se raconte à hue et à dia que Martin Belinga Eboutou voudrait positionner Agbor Tabi. En échange de quoi? Mystère et boule de gomme. Voila à quel spectacle se livrent nos gouvernants pendant qu'au Cameroun, on ne vit que pour survivre...

Source: Canard Libre

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