DEMANDE DE SUPPRESSION DU CHANT PATRIOTIQUE EN DÉBUT DU JOURNAL

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Le journaliste citoyen, Sismondi Barlev Bidjoka a entamé depuis le mois de décembre 2012, un combat déontologique et citoyen digne d’intérêt contre l’ouverture des journaux parlés à la Crtv radio de l’hymne à la gloire du chef de l’Etat Paul Biya. En date du 26 décembre 2012, le Groupe Multimédia « Presse Force One » dont le Directeur de publication est Sismondi Barlev Bidjoka a dans son activisme saisi le Conseil national de la communication, en vue de porter une exigence républicaine, notamment, celle de demander la suppression du générique qui annonce les éditions des journaux au poste national de la Crtv, média d’Etat.

Car il soutient que : «Cette chanson qui est un hymne à la gloire d’un homme, donne une coloration directe aux informations qui y sont diffusées, ce qui est contraire à la déontologie journalistique et aux principes fondamentaux qui régulent notre métier.» Une incongruité qu’on observe seulement dans les régimes totalitaires. Une démarche qui n’est pas restée lettre morte, même si elle n’a pas porté de fruit probant. Puisque certaines indiscrétions font état de ce que le président du conseil national de la communication, Mgr Befe Ateba ayant trouvé l’argumentaire fondé, aurait discrètement rencontré le Directeur général de la Crtv, Amadou Vamoulké pour échanger sur la question.

Et il en ressort que le président du conseil national de la communication aurait conseillé au Dg de la Crtv de «supprimer discrètement ce chant sans texte officiel de sa part». Et le 7 janvier 2013, la chanson : «Paul Biya nous te disons nous camarades de l’Unc, en avant pour ton acte de continuateur, par la volonté de Dieu et la confiance de la nation, jamais, jamais tu ne failliras, Paul Biya ; va de l’avant Paul Biya Va de l’avant Paul Biya, le peuple camerounais te dis Paul Biya, va de l’avant, va de l’avant Paul Biya, nous soutenons ton action de paix et d’unité… », n’a pas annoncé l’ouverture du journal de 13 heures, mais a été diffusé avant l’édition anglaise du journal de 15 heures.

Etait-ce l’oubli ou alors une volonté de mettre en application la démarche du président de l’association de la presse diplomatique camerounaise. Certaines indiscrétions ont laissé croire que le sujet a été porté au débat, avec les différentes directions de ce média d’Etat. Les positions étaient divergentes. Entre les carriéristes qui veulent maintenir pour plaire, et les professionnels qui militent pour sa suppression. Ce d’autant plus que, dans une République dite pluraliste et démocratique, sauf de pacotille comme le Cameroun, la Crtv, même si, elle est à capitaux publics, ne saurait servir d’organe de propagande du président de la République.

Son financement étant les efforts du contribuable Camerounais. Une situation qui intrigue même les missions diplomatiques. «D’emblée, c’est un indicateur majeur dans le renseignement diplomatique, pour démontrer que le Cameroun est loin d’être un pays, sorti de la dictature», fait remarquer un diplomate. Après avoir fait tressaillir les lignes, Sismondi Barlev Bidjoka a saisi le 20 janvier le ministre de la communication, par ailleurs président du conseil d’administration de la Crtv, avec le même objet.

Dans cette correspondance, il rappelle que c’était le cas avec le journal à capitaux publics, «Cameroun Tribune» ; qui publiait en lucarne une photo du Chef de l’Etat et un extrait de son discours. A l’époque de l’ancien Directeur général de la Sopecam, Paul Ndebiyembe, il avait obtenu dans une démarche citoyenne et républicaine similaire qu’on mette fin à cette pratique d’un autre âge et qui frise, un état totalitariste que le régime du Renouveau, au pouvoir au Cameroun, depuis 30 ans sans partage, ne cesse de clamer qu’il n’est pas.

On attend bien de voir ce que va faire, celui qui a organisé en décembre dernier, ces états généraux, pour faire la chasse aux sorcières à la presse indépendante, dans l’optique de la caporaliser dans un euphémisme de « journalisme citoyen et républicain » dans l’optique de conduire le Cameroun à l’émergence à l’horizon de 2035. C’est dire, tout simplement que le chantier est vaste pour Mgr Befe Ateba, président du Conseil national de la communication et du ministre de la communication qui se comporte comme ce citoyen qui va balayer dans la cour du voisin en oubliant la sienne.

© Aurore Plus : André Som

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