Cybercriminalité: Il se fait escroquer cinq millions de Fcfa sur Internet

Lorsqu’en ouvrant sa boîte email, un soir d’octobre 2012, il tombe sur ce message faisant état d’un « éventuel recrutement » avec opportunité d’aller vivre à l’étranger, Christophe Amane se dit que sa vie va enfin changer. Agé de 30 ans, Christophe en quête d’emploi vit toujours chez ses parents au quartier Biyem-Assi à Yaoundé. Rencontré dans un cyber café au quartier Kondengui, le jeune homme est aux abois. Il rêvait pourtant d’avoir une maison à lui, de fonder une famille, « vivre quoi ».

Il pensait pouvoir réaliser son rêve en devenant agent de l’Etat lors du recrutement spécial de 25 000 jeunes diplômés camerounais dans la Fonction publique lancé en 2011 par le gouvernement. Au terme de la publication des listes, le jeune homme déchante. Il n’en fait pas partie. Christophe aime Internet où il surfe lorsque ses modestes moyens le lui permettent. C’est lors d’une de ces séances qu’il tombe sur ledit message avec en objet : « Offre d’emploi au Canada ».

Le bonhomme n’en croit pas ses yeux. « Je me suis dit que enfin ma vie allait changer. Fini les moqueries. J’ai même été jusqu’à penser que je pourrais si j’étais retenu, retenir ma petite amie qui menaçait de me quitter parce que je n’arrivais pas à subvenir à ses besoins comme le faisaient les copains de ses amies ». En parcourant ledit message, il est davantage conforté à déposer sa candidature d’autant plus qu’il pense répondre aux six conditions d’embauche à savoir : avoir entre 19 et 75 ans au plus ; être de bonne moralité ; être disponible à voyager ; avoir une maîtrise de l'outil informatique ; savoir bien parler le français si possible l'anglais ; être titulaire du Bepc, Bac ou autre diplôme professionnel.

Autre élément le fondant à postuler, « j’ai lu que l’agence [Agence NWC International, Ndlr] de recrutement le faisait en collaboration avec le ministère des affaires étrangères du Canada ». Cette opportunité, Christophe ne veut pas la voir passer. Sans réfléchir davantage, il envoie sur le champ son Cv qu’il conserve dans sa boîte à l’adresse mail indiqué. La réponse ne se fait pas attendre.

Au fil des échanges, on en vient à parler d’argent. « C’est comme cela que je me suis retrouvé à emprunter des sous un peu partout où je pouvais pour résoudre les « petits » problèmes qu’ils soulevaient. Les dépenses pour le passeport et autres ». Ses parents mis au parfum se lancent aussi dans cette quête de l’argent. Résultat des courses, cette famille modeste se retrouve avec une dette globale estimée à près de 5 millions Fcfa. Ses détrousseurs lui avaient au départ promis de s’occuper du visa. Christophe attend en vain le précieux sésame qui lui ouvrira les portes de l’occident. Lorsque s’ouvre ses yeux, il est trop tard. L’adresse mail utilisé pour correspondre avec ses « futurs »employeurs ne répond plus.

Les nombreux messages envoyés pour relancer les recruteurs lui reviennent en « failure notice ». De même que le groupe « envoyé en Afrique après le conseil administratif pour s'occuper du recrutement ».Aujourd’hui, sa famille et lui sont confrontés aux nombreux créanciers. « Certains menacent même de nous envoyer en prison » se lamente-t-il. Voilà le rêve d’une vie meilleure qui s’est transformé en cauchemar.

Focal: Extrait du message des escrocs

« Accord de publication N° 012 / S-18/ 197582/01-04-2011 du projet Cadres et Jeunes diplômés Bienvenus, ce message vous a ete adresse par l'agence d'information de nwc International de canada, le ministère des affaires étrangère, et la Direction du service info web plus vient de vous informe sur son éventuel recrutement de personnels pouvant travaillez dans tous les secteurs techniques et professionnels de sa société. Le présent programme prend naissance et se veut un moteur évident pour la lutte contre la pauvreté et la promotion de l'intégration réelle de l'Afrique dans le programme de mondialisation et d'ouverture du territoire canadien aux étrangers. Lors de notre dernière réunion, le conseil administratif a décidé d’offrir cette opportunité à plusieurs personnes sans distinction de race, de nationalité et ni de sexe ».

© Nadège Christelle BOWA | Le Messager

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