Crimes rituels de Mimboman: Des jeunes dénoncent le silence complice de Paul Biya et Bidoung Kpwatt

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Le premier n’en a pas fait cas dans son discours à la jeunesse le 10 février dernier. Ils attendaient D’Ismaël Bidoung Kpwatt qu’il monte au créneau pour décrier cette situation et exiger des enquêtes transparentes pour des jeunes qui ont été sacrifiés.

Pour le lancement de la 47e édition de la Fête de la Jeunesse célébrée le 11 février 2013, Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre de la Jeunesse et de l’éducation civique, a choisi d’aller au chevet des jeunes sinistrés à Babessi dans la région de l’Ouest Cameroun, et de ceux de l’Extrême-nord pour des faits qui se sont produits il y a plus de trois mois.

 

« Pendant ces inondations on ne l’a pas entendu se prononcer sur ces sinistres. Tout d’un coup, plus de trois mois après, il se souvient qu’il y avait des jeunes parmi ces sinistrés qui avaient besoin d’assistance », ironise Ernest Yene de la Fondation Conseil Jeune dans sa déclaration d’officialisation de la création de la Plateforme indépendante de la jeunesse pour la démocratie et la citoyenneté active (Pijedeca). Lequel espace de dialogue, de revendications des aspirations des jeunes a vu le jour au terme des travaux de la 3e édition de l’Université Internationale de la Jeunesse à Yaoundé en décembre 2012.

Pour ce jeune Camerounais qui aspire à l’instar de milliers d’autres à un mieux-être légitime, cet anachronisme dans l’agissement n’est pas innocent. « Il traduit à lui tout seul le manque réel d’intérêt des pouvoirs publics par rapport aux véritables problèmes de la jeunesse ». C’est pourquoi poursuit Ernest Yene, très amer, « la fête de la jeunesse, au lieu d’être un véritable cadre de réflexion, devient un moment de récupération politique où l’on va jusqu’à utiliser a des fins politiciennes des désagréments subis par des pauvres populations qui ne demandent qu’à survivre même dans le plus grand dénuement possible ». à l’instar de bien d’autres manifestations du genre (journée internationale de la femme, des enseignants, fête du travail) dénonce-t-il, la fête de la jeunesse est une occasion en or pour le pouvoir politique de laisser tomber de façon très ostensible des miettes à travers des grands buffets et des opérations ostentatoires de « farotage » pour divertir le peuple, distraire la couche de la société concernée et y créer du désordre.

« Enlevez nos noms dans vos choses »

Pour lui, « nous sommes là dans la logique du dilatoire institutionnalisé, de la distraction à grande échelle. Le ministère de la Jeunesse est partout, sauf là où il devrait être ». Comme preuve de cette allégation, il cite les crimes rituels de Mimboman qui, au regard des victimes toutes jeunes, se révèlent être un véritable complot contre la jeunesse. « En attentant ainsi physiquement à la vie des jeunes qu’on sacrifie sur l’autel de la recherche du pouvoir et de l’avoir, on se serait attendu à ce que le ministre de la Jeunesse monte au créneau pour décrier cette situation et exiger des enquêtes transparentes pour arrêter la saignée, rien. Sinon ce silence complice… même le premier Camerounais n’y a pas fait allusion lors de son allocution du 10 février pourtant adressée à la jeunesse ». Et de s’interroger : « Comment peut-on prétendre que la jeunesse est l’avenir de la nation et la voir mourir sans mot dire ! »

Toujours dans sa logique d’embrigadement de la jeunesse, le politique a vidé le Conseil national de la jeunesse de toute substance. Lequel serait devenu entre autres, « un tremplin pour ceux qui la dirigent en vue de l’obtention d’une place dans la mangeoire ». Cela expliquerait aussi son silence. Empruntant à l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly, les jeunes demandent aux hommes politiques véreux d’enlever leurs noms dans leurs chose et décident de se prendre en main à travers la création du Pijedeca, car explique Hervé Nzouabet de l’Addec : « C’est aux jeunes de se responsabiliser ». Ce sera, renchérit Blondel Silenou de l’association Jeunes volontaires pour l’environnement à travers « un processus qui permet de relever la citoyenneté ».

© Nadège Christelle BOWA | Le Messager

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