Corruption à la Camtel: David Nkoto Emane accusé à la Conac

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Corruption à la Camtel: David Nkoto Emane accusé à la Conac

Le torchon continue de brûler entre David Nkoto Emane et les 145 ex-agents distributeurs des factures téléphoniques Camtel à domicile de la ville de Yaoundé. On le voit bien dans cet avis de manifestation signé le 23 avril 2012 dernier par les représentants des 145 agents distributeurs des factures téléphoniques Camtel. Pour la petite histoire, c'est le 4 avril 2007 que les 145 agents sont informés oralement par le directeur des ressources humaines de l'époque, Charles Pedene, de leur mise à la porte. Seulement en février 2007, un protocole d'accord avait déjà été signé avec la direction générale de Camtel où il était question de mettre en application les résolutions du comité ad hoc créé en 2005 lors du licenciement de 24 agents distributeurs. Selon ce comité ad hoc, les contrats des agents distributeurs s'étant transformés en contrats à durée indéterminée, ceux-ci étaient des agents permanents conformément aux dispositions du décret 93/577/Pm fixant les conditions d'emplois temporaires et occasionnels.

Au demeurant malgré l'existence de ce protocole d'accord, les ex-employés vont se rendre compte que la Camtel n'entend pas respecter ses engagements. C'est ainsi que de nombreuses correspondances sont envoyées aussi bien à la présidence de la République, dans les services du Premier ministre, au ministère du Travail et de la Sécurité sociale à l'époque de Robert Nkili pour une solution l'amiable. A la suite de cette démarche, David Nkoto Emane va concéder à payer quelques avances, notamment une indemnité de préavis, une indemnité de licenciement et une indemnité de congés. Très rapidement, les ex-agents vont se rendre compte qu'après le paiement de toutes ces indemnités, leur statut devient celui des agents permanents. Ce qui, d'après quelques adeptes du droit du travail, ouvre droit à une classe catégorielle et à des allocations familiales à la CNPS.

Au niveau de la Camtel, le directeur général ne veut rien entendre. Face à cette obstination, les 145 agents compressés vont saisir la justice le 28 juillet 2011, après plusieurs réunions infructueuses tenues à la délégation régionale du Travail et de la Sécurité sociale du Centre en présence des responsables administratifs de la cité capitale. Selon certaines indiscrétions, convoquées le 25 août 2011 pour se présenter devant le juge, Nkoto Emane choisira plutôt de s'inscrire aux abonnés absents. «Nous avons saisi la justice par l'entremise d'un huissier qui a déposé un commandement et une citation directe au directeur général de Camtel pour comparution en date du 25 août courant. Grande a été notre surprise d'apprendre que le dossier n'a pas été enrôlé et que le directeur général de Camtel a demandé un arrangement avec notre conseil, lequel arrangement dont nous ignorons les clauses. Nous sommes étonnés car, nous attendions de ce procès, le paiement des dommages et intérêts pour ce préjudice que nous avons subi : non remise du certificat de travail conforme pendant 52 mois». Ligne budgétaire Comme on peut aisément le constater, spécialiste des stratégies obliques, au lieu de trouver une solution aux revendications des ex-employés, David Nkoto Emane préfère d'aller soudoyer le conseil des 145 agents. Les ex-employés ne vont pas démordre face au silence de la Conac. Une «requête additive» sera déposée le 23 novembre 2011 sur la table du président de la Conac, Dieudonné Massi Gams.

En réaction à cette correspondance, le président va renvoyer une thermocopie de la correspondance N°407/Dg/Caj/Cea2/Cea4 du 16 novembre 2011 signé de David Nkoto Emane, le Dg Camtel. Dans cette correspondance de David Nkoto Emane on peut lire: «dans un effort supplémentaire d'apaisement, j'ai instruit à mes services de trouver une solution à la amiable à cette affaire et l'avocat constitué par la Camtel ainsi que leur avocat se sont rapprochés et sont parvenus à un accord qui m'a été soumis pour signature, avant d'être transmis à la direction des finances pour le règlement subséquent qui a été fait. Il est alors surprenant, dans ce contexte, de parler de corruption, alors même que tous les actes et écrits ont été passés par l'intermédiaire des conseils constitués par les parties et que celles-ci semblent par ailleurs avoir reçu copies desdits documents, lesquelles copies sont même annexées à leur requête.» Du véritable banditisme car, dans les rangs des représentants, personne n'a jamais été informé d'une telle démarche.

C'est justement après avoir soupçonné le mauvais jeu de leur conseil pris dans les magouilles de David Nkoto Emane, que les représentants des ex-employés se sont retournés du côté de la Conac. Réagissant à une correspondance du président de la Conac, les représentants des 145 agents distributeurs des factures de Camtel indiquent sans équivoques: «En parcourant cette correspondance, nous avons relevé que le directeur général annonce qu'il a payé nos droits par l'intermédiaire de notre conseil. Or nous n'avons jamais donné mandat à un quelconque conseil de négocier à nos lieu et place et de percevoir des droits à nous destinés. Vous voudrez bien retenir que les agents distributeurs que nous sommes, n'ont rien perçu de ce conseil. Ceci dit, il était convenable de savoir la date de paiement de ces droits, la liste des bénéficiaires supposés, et le montant versé au conseil, l'utilisation par le conseil des fonds qu'il aurait perçu». Suffisant pour faire dire à quelques observateurs que David Nkoto Emane joue au chat et à la souris avec le révérend Dieudonné Massi Gams. Son objectif serait tout simplement d'égarer la Conac sur un désintéressement de 941 050 000 FCFA qui n'a jamais été fait.

Pour être plus précis, les représentants des 145 agents Camtel réclament aujourd'hui 62 mois de salaire, sans compter les autres préjudices subis. Cette version de David Nkoto Emane prouve d'après un ex-agent que les soupçons de détournement de leurs droits par le Dg/Camtel sont avérés. Si donc ces fonds ont été sortis des caisses de la Camtel, où sont passés les états de paiement. Ce serait aujourd'hui la préoccupation de la Conac, des services du gouverneur de la région du Centre et de la Dgre. A la Camtel, des voix s'élèvent pour inviter la Conac du côté de la direction des finances de cette structure qui aurait pris l'habitude de jongler avec certaines lignes budgétaires. Affaire à suivre.

Thierry Patrick Ondoua | La Nouvelle

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Date de dernière mise à jour : 10/05/2012