Opération épervier: Les Etats-Unis désapprouvent les procédures

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Opération épervier: Les Etats-Unis désapprouvent les procédures

Le 30 avril dernier, Jean-Marie Atangana Mebara, ancien Sgpr, devait connaître son verdict suite à l'affaire de détournement de deniers publics dont l'accuse l'Etat du Cameroun. En raison du férié, cela n'a pas été possible et le sera certainement aujourdhui. Du fond de sa cellule à la prison centrale de Kodengui, il attend le dénouement d'un procès dont le film a commencé en 2008, avec son arrestation. Comme lui, des cadres d'entreprises publiques, sous directeurs, directeurs généraux et anciens ministres, sont en détention préventive depuis 2006, dans le cadre de l'opération d'assainissement de la gouvernance financière baptisée: «opération épervier». Il peut s'estimer heureux de ce rapide dénouement de son affaire contre l'Etat du Cameroun parce que pour plusieurs, tel n'est pas le cas. Seuls ceux qui ont été arrêtés en 2006 ont déjà été jugés. Haman Adama par exemple, n'est jamais passée devant le juge d'instruction depuis 2008 qu'elle est aux arrêts.

Quatre ans déjà que la cuvée des personnes arrêtées en 2008 pour détournement de deniers publics, sont en détention préventive à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé ou de New Bell à Douala, et toujours dans l'attente de procès. Ce que l'opinion publique désapprouve en général. C'est sans doute la raison pour laquelle, les Etats-Unis émettent le vœu de procès dans les règles. «Que les personnes reconnues coupables de détournement de deniers publics soient jugées, dans le cadre de procès justes, transparents et rapides», a déclaré Robert P. Jackson, ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, au sortir d'une audience avec Paul Biya. Preuve que même Washington commence à trouver les procédures complexes.

Le 21 février 2006, l'Etat du Cameroun lançait l'«opération épervier». Quatre sociétés à capitaux publics étaient alors concernées: le Fonds d'équipement et d'intervention inter communal (FEICOM), la Société immobilière du Cameroun (SIC), le Port Autonome de Douala (PAD), le Crédit Foncier du Cameroun (CFC). C'était là, la phase I de cette lutte contre les atteintes à la fortune publique. Le 3 mars 2011, le tribunal de première instance de Yaoundé annonçait le verdict du dossier de la Sic, alors que celui du Cfc était toujours attendu. Deux ans plus tard, l'opération atteint sa vitesse de croisière et, «l'épervier» enserre des barons du régime derrière les barreaux. Les derniers en date sont Marafa Hamidou Yaya et Inoni Ephraïm, respectivement ancien ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, et ancien Premier ministre de la République.

Olive Atangana | L'Actu

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Date de dernière mise à jour : 10/05/2012