Médias: Les journalistes camerounais dans l'étau de la précarité

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Médias: Les journalistes camerounais dans l'étau de la précarité

Selon le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (Oif), Abdou Diouf, la liberté de la presse s'est améliorée dans certains pays de l'espace francophone. Une assertion soutenue par le dernier classement de l'Organisation non gouvernementale «Reporter sans frontières» sur la liberté de la presse dans le monde. Le communiqué de presse rendu public par Abdou Diouf, à l'occasion de la 22e édition de la journée internationale de la presse précise néanmoins que : «Si les garanties juridiques et l'effectivité de la liberté de presse ont connu des avancées positives dans plusieurs de nos pays membres et si les situations régressives constatées ici et là tendent à diminuer, elles demeurent cependant un sujet majeur de préoccupation pour notre Organisation.»

Une situation qui, à en croire le secrétaire général de l'Oif, est l'apanage des «paysages médiatiques dans les pays en transition.» Quoique n'étant pas un pays en transition, la situation des journalistes et des médias au Cameroun s'apparentent à celle évoquée par le patron de la francophonie. Un environnement miné par les difficultés économiques, sociales et politico administratives. Un environnement qui, pense le premier secrétaire par intérim du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), «a juste changé de costume mais garde la même poigne sur les journalistes et les médias camerounais aujourd'hui plus qu'hier.»

Au moment où se célèbre la 22e édition de la journée internationale de la presse, sous le thème : «Nouvelles voies : la liberté des médias au service de la formation des sociétés», le défi de crédibilité des journalistes et des médias au Cameroun achoppe sur la précarité des emplois offerts aux journalistes et autres travailleurs des médias. Une situation rendue plus difficile par la stigmatisation faites à ce corps de métiers par les acteurs politiques, le tout soutenu par de nombreuses irrégularités croissantes à l'endroit des professionnels des médias. «Presque tous les journalistes et autres travailleurs des médias ont des emplois précaires.» soutient un journaliste exerçant, dans une rédaction de Douala. «Monnaie de singe»

Responsable régional du quotidien Mutations, Marion Obam précise que le salaire de base dans cet organe de presse est fixé à 85 mille FCFA. La même source précise que les plus gros salaires peuvent atteindre 500 mille FCFA. Si la grille semble la même au quotidien Le Jour, le «Quotidien de l'économie» nouveau venu dans les kiosques offre à ses journalistes des salaires de base estimés à 100 mille FCFA. Quoique sous cape, un cadre du journal Le Messager situe entre 50 et 500 mille FCFA les salaires perçus par les journalistes et employés de cet organe. Précision, selon notre source, «la répartition de ces salaires est généralement disproportionnée.» La même source précise que, «vous allez remarquer que c'est une poignée de personnes qui ont accès à ces salaires que l'on peut estimer décents tandis que les autres tirent le diable par la queue.»

Une situation identique dans de nombreuses rédactions de la ville de Douala. Mauvaises conditions de travail ; fragilité juridique des travailleurs, absence de contrat de travail et basses rémunérations des pigistes et autres journalistes indépendants constituent l'essentiel des conditions de travail mis en exergue dans l'enquête «Studies en surveys» réalisée par le Syndicat national des journalistes du Cameroun au mois de novembre 2011. Des situations qui, conclut cette enquête, «exposent les journalistes et autres travailleurs des médias à la corruption et aux autres influences néfastes des divers groupes de pression.»

Joseph OLINGA | Le Messager

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Date de dernière mise à jour : 10/05/2012