COMMUNICATION GOUVERNEMENTALE : LE LONG CHEMIN VERS LA LIBÉRATION DES OTAGES DE BOKO HARAM

Otages chinois131014300Les 27 otages de Kolofata et de Waza ont été rendus aux autorités camerounaises pendant le weekend. Retour sur une semaine de rumeurs, de démentis et de déclaration officielle.

La journée de samedi n’a pas été de tout repos pour toutes les personnes nouvellement libérées par Boko Haram. Si on s’en tient à la version officielle, elles ont été libérées dans la nuit de vendredi à samedi et conduite directement à l’aéroport de Maroua. Après un voyage en avion entre le chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord et la capitale, l’ensemble des otages a dû subir des examens médicaux à l’hôpital général de Yaoundé avant-hier. Dans les couloirs apprend-on, la femme d’Amadou Ali aurait confié à un proche qu’elle n’a pas eu l’impression durant sa captivité d’avoir franchi les frontières du Cameroun.

Une impression difficile à confirmer tant le gouvernement entretient le silence sur l’endroit exact où la nébuleuse islamiste tenait captif tout ce beau monde. Et de fait, la gestion de la communication autour de ce qui se présente comme la plus large opération de rétrocession – mieux d’échange – d’otages au Cameroun par Boko Haram a été pour le moins chaotique. Le communiqué du cabinet civil de la présidence de la République du samedi 11 octobre prend à contre-pied le ministre de la Communication qui parlait de rumeurs quelques heures plus tôt. Le texte présidentiel confirme la libération des 27 personnes enlevées sur un chantier près de Waza le 16 mai mais aussi celle des proches du vice-premier ministre Amadou Ali capturés par les terroristes à Kolofata le 27 juillet 2014. Interrogé le 09 octobre par l’agence de presse Chine Nouvelle, Issa Tchiroma Bakary a affirmé ne pas être au courant d’une telle

Des dénégations d’autant plus surprenantes que plusieurs sites internet – généralement nigérians – indiquent que le gouvernement camerounais s’est «entendu» avec les membres de la nébuleuse sur les termes de la libération des différents otages en sa possession depuis plusieurs jours. Selon ces sources d’information, il est acquis depuis jeudi dernier que les Chinois et les Camerounais naguère captifs sont entre les mains des autorités de Yaoundé. Et d’autres détails ont filtré sur le déroulement de la manœuvre. Il y aurait eu versement d’une importante rançon, échanges de prisonniers et tentatives de garder l’information sous embargo jusqu’au 10 octobre au moins. Peine perdue. des négociations circulaient dans certains milieux dès le weekend du 03 au 05 octobre. Des journaux n’ont pas hésité à en faire leur première page dès le début de la semaine.

Les négociateurs

De toute évidence l’agitation médiatique n’a pas eu raison de la mission de Ferdinand Ngoh Ngoh dans l’Extrême Nord. Plus qu’une hypothèse, il apparaît en jetant un œil sur des photos prises à l’aéroport de Maroua-Salak que le secrétaire général de la présidence de la République a une nouvelle fois joué les garçons de course dans ces négociations.

Un rôle qui lui colle à la peau depuis qu’il s’est montré habile à conclure les tractations entreprises avec Boko Haram lors de l’enlèvement de la famille française Moulin-Fournier en 2013. Il a récidivé avec le père Vandenbreush et les sœurs canadiennes. A cette époque il était épaulé par le député Abba Malla Boukar, un homme présenté comme proche d’Amadou Ali. Seulement les relations entre le député et le pouvoir sur les questions de libération d’otages ont semblé tendues ces derniers temps. Sa maison a même été perquisitionnée par la gendarmerie le 03 octobre à Maroua. Difficile de dire s’il y a un lien entre cette libération et le passage des soldats chez l’hon. Abba Malla. Les manifestations de joie ne devraient cependant pas couvrir trop longtemps les questions qu’une opération d’une telle envergure ne va pas tarder à soulever

© La Nouvelle Expression : William Bayiha

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