Comment Paul Biya sème la zizanie chez les Ahidjo

Le rapatriement de la dépouille du «père de la nation» toujours dans l’impasse.«Elle est belle», fulmine un analyste de la scène sociopolitique camerounaise. avec le visage de sa mère, Germaine ahidjo, qui laisse clairement apparaître au niveau du front, les rides de son père, amadou ahidjo, premier président de la République du Cameroun, aminatou ahidjo, la fille cadette du «père de la nation» a de quoi charrier des commentaires.

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Ce d’autant plus que le scénario de son ralliement officiel au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) vendredi dernier au palais des congrès de Yaoundé, savamment orchestré par martin Belinga eboutou, directeur du cabinet civil de la présidence de la République, a marqué plus d’un. Un évènement qui porte à deux, le nombre des enfants d’amadou ahidjo, décédé à Dakar le 30 novembre 1989, et dont le corps reste en exil, qui ont choisi de rejoindre le pouvoir de Yaoundé : Mohamadou Badjika Ahidjo, ambassadeur itinérant à la présidence de la République ; président du conseil d’administration de l’hôtel sawa et Aminatou Ahidjo, la fille cadette, la dernière recrue. Ce alors que des divergences persistent sur les modalités du rapatriement du corps de leur père.

Aminatou Ahidjo négociait depuis plusieurs mois son ralliement au pouvoir de Yaoundé. D’après plusieurs sources, depuis bientôt deux à trois ans, elle n’était plus au contact de sa mère et de ses soeurs (Fadimatou ahidjo et assiatou ahidjo). elle a décidé de suivre les traces de son frère, Badjika Ahidjo, très connu pour ses activités mondaines. A la fin de l’année 2012, la fille cadette des ahidjo a engagé directement des négociations avec la présidence de la République. Certaines sources indiquent qu’elle avait d’ailleurs fait le déplacement sur Yaoundé. Officiellement, il s’agissait de négocier les modalités du rapatriement de leur père. Interrogé sur la question par notre confrère du septentrion infos, Germaine ahidjo, qui pour cause de maladie, n’avait pas participé pour la première fois depuis 23 ans aux commémorations du décès de son mari répondait au mois de décembre 2012 : «Je n’ai pas envoyé ma fille à Yaoundé».

Rapatriement

Ceci d’autant plus que les informations indiquait clairement qu’elle avait rencontré «un proche du président de la République». Germaine ahidjo, qui réclame depuis 24 ans des obsèques officielles pour son défunt mari, précisait par la suite : «Vous croyez vraiment que je vais envoyer ma dernière fille aller négocier avec M. Biya? C’est impossible ». avant d’ajouter d’un ton cinglant : «Ma dernière fille ne parle pas au nom de la famille». La démarche d’Aminatou Ahidjo laisse clairement transparaître un clivage au sein de la famille sur l’attitude à adopter face au gouvernement de paul Biya. Aujourd’hui dans la galaxie des Ahidjo, deux camps s’affrontent à ciel ouvert.

Ceux qui, malgré l’exil de la dépouille de leur père ont choisi de collaborer avec le régime de Yaoundé dans lequel se range : Aminatou Ahidjo et Badjika Ahidjo. Celui le plus majoritaire pour l’instant regroupe : Germaine ahidjo, Fadimatou ahidjo et assiatou ahidjo. tous habitent la résidence familiale, sur la route des almadies à Dakar, un quartier résidentiel et ont opté pour la ligne dure. En toile de fond de ce clivage familial, la question du rapatriement de la dépouille du président ahidjo. «Oui, il y a eu des événements malheureux, sur lesquels je ne reviendrais pas, en 1984, et l’Assemblée nationale, sur ma proposition, a voté une loi d’amnistie. Ceux qui ont vécu ces tristes événements ont retrouvé leurs droits, il y en a qui sont au gouvernement.

Le problème du rapatriement de la dépouille de l’ancien président est, selon moi, un problème d’ordre familial». Et le successeur d’Ahmadou Ahidjo a poursuivi : «Si la famille de mon prédécesseur décide de faire rapatrier les restes du président Ahidjo, c’est une décision qui ne dépend que d’eux. Je n’ai pas d’objection ni d’observation à faire». La position de Germaine ahidjo reste inchangée depuis des décennies.

Sa fille Fadimatou résumait sa pensée en ces termes : «Ahmadou Ahidjo est un patrimoine du Cameroun et des Camerounais, cette question va au-delà de nous. Peut-être que le peuple camerounais veut que son défunt président repose définitivement dans son pays, mais c’est au gouvernement d’assumer cette volonté. Le gouvernement sait bien ce qu’il a à faire. C’est à lui de prendre ses responsabilités sur cette question. Jusqu’ici, il n’a fait aucun signe».

© Mutations : Boris Bertolt

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