Chefferie traditionnelle: Une tentative de destitution de M. Zé Nguélé échoue

Tout avait commencé avec la visite de M. Paul Biya à l'Est du 03 au 05 août 2012 à l'occasion de la pose de la première pierre de la construction du barrage de Lom Pangar. Les conspirateurs d'alors et d'aujourd’hui, avec à leur tête M. Jean Claude Balla, le chef de canton Maka Mboanz dans le Haut-Nyong, avaient tout fait pour que M. René Zé Nguélé ne rencontre pas M. Biya. Pour justifier cette attitude, M. Aïba Ngari, le chef de canton Gbaya de Bertoua, déclare que «depuis qu'il s'est opposé à M. Biya au congrès du Rdpc, M. Zé Nguélé a fragilisé la chefferie traditionnelle à l'Est. »

Le coup avait réussi à Lom Pangar. A Bertoua, les confidences des audiences accordées par M. Paul Biya aux gardiens de la tradition de l'Est révélaient que «le chef de l'Etat avait refusé de les recevoir sans M. Zé Nguélé». Malgré cela, dès la sortie de cette audience avec le chef de l'Etat, les plans pour destituer M. Zé Nguélé se renforçaient. Selon M. Aïba Ngari, «mes pairs m'avaient chargé d'organiser une réunion à ce propos et m'avaient remis de l'argent pour l'organisation de ces assises, en l'absence de notre président».

Le secret a été tellement bien gardé que «ce n’est que le 11 décembre 2012 que M. René Zé Nguélé a reçu le message porté du préfet du Haut-Nyong au sujet de cette réunion», révèlent des chefs opposés à cette conspiration qui affirment que, «plus grave, ce n'est que la veille de ces assises que le président reçoit une invitation à prendre personnellement part à une réunion organisée par «le comité régional des chefs traditionnels de l'Est» que nous découvrons ce même jour». Le timbre de ce carton dont nous avons obtenu copie qui indique «chefferie du canton Gbaya de Bertoua» intrigue l'ancien ministre qui décide de participer à ces travaux malgré des réserves sur «la sincérité des organisateurs et le caractère vicié de ces assises».

Le lendemain, c'est dans la salle que, comme lui, les chefs traditionnels présents découvrent l'ordre du jour qui comprend «l'amendement du projet des statuts et l'élection du nouveau bureau exécutif de la nouvelle association dénommée «comité des chefs traditionnels de l'Est Cameroun»». Pour la quinzaine de chefs traditionnels de 1er et 2ème degré présents est stupéfaite, «il n'est pas question de succession de M. Zé Nguélé tant que ce dernier vit.

On ne succède pas à un chef vivant.» Mais pour les adversaires de l'ancien ministre, «il ne peut plus continuer à y rester car nous sommes en hibernation depuis environ 15 ans». Et les masques vont tomber. M. Jean Claude Balla, pourtant secrétaire général de M. Zé Nguélé, se présente comme seul candidat à la succession de ce dernier.

Le quorum requis n'étant pas atteint (environ 17 chefs présents sur les 73 que compté la Région de l'Est, ndlr), l'assemblée a refusé d'examiner les points inscrits à l'ordre du jour et a renvoyé les assises au 24 février 2013, «le temps de réunir toutes les conditions nécessaires à la convocation d'une assemblée générale de notre association», conclut un chef traditionnel.

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