Carte politique du Cameroun après les municipales: Grand Sud, Littoral et Grand Nord

 Les barons du parti au pouvoir se sont investis fortement pour que les régions du Centre, du Sud et de l’Est, l’aire culturelle du fondateur du Rdpc soit imprenable. Seule l’Upc, pour des raisons également culturelles a pu mettre la main sur le Nyong et Nkellé. E-Mail Imprimer Réagir Bookmark and Share Dans la zone forestière… La logique de socle granitique du Rdpc se poursuit  

Les barons du parti au pouvoir se sont investis fortement pour que les régions du Centre, du Sud et de l’Est, l’aire culturelle du fondateur du Rdpc soit imprenable. Seule l’Upc, pour des raisons également culturelles a pu mettre la main sur le Nyong et Nkellé.

 La zone forestière du Cameroun c’est une quinzaine de département composé d’une centaine de communes. Là, en dehors du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), d’autres formations politiques comme le Social democratic front (Sdf), l’Union des populations du Cameroun (Upc), l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), l’Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (Andp), le Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), l’Union des forces patriotiques (Ufp) ou encore le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) sont allés à l’assaut du suffrage universel… en quête de sièges de conseillers municipaux.

 A l’arrivée, le Rdpc opère une véritable razzia selon les chiffres des résultats officiels publiés par l’ensemble des conseils communaux. A l’Est par exemple, Aucun parti de l’opposition n’a obtenu le moindre siège de conseiller municipal. Même pas l’Ufp d’Olivier Bilé annoncé par certains observateurs comme la formation politique pouvant freiner la déferlante Rdpc. Ce en raison des origines ethniques de son président-fondateur. Pour s’en défendre le parti des « foyistes » clame que n’eurent été les manipulations de procès verbaux, l’achat des votes orchestrés par les barons du pays originaire de la région qui se compte par plusieurs dizaine, l’Ufp aurait pu effectivement se frayer un chemin en raflant quelques communes à l’Est, ne fussent que ceux du département du Haut Nyong. Cadres de ce parti et militant promettent qu’ils reviendront en 2018. Dans la région du Sud voisine, l’on n’a pas senti ce vent d’espoir (fusse-t-il passager) porté par un nouveau parti. Car plus à l’Est, le Rdpc s’est retrouvé tout seul à solliciter le suffrage des électeurs dans plusieurs circonscriptions et notamment dans la capitale régionale, Ebolowa. L’arrivée du Sdf à Sangmélima, le chef lieu du département du Dja et Lobo, n’a pas donné le coup d’accélérateur attendu. A preuve, le Rdpc a raflé tous les sièges à pouvoir dans le département. Même l’once d’espoir portée par l’Union démocratique du Cameroun (Udc) sur l’axe Olamze – Kye-Ossi pour un pluralisme au sein de conseils municipaux du Sud n’a pas résisté à la soucoupe Rdpc. Après des actes d’intimidation, l’achat des consciences, la manipulation des procès verbaux comme le relève à loisirs les militants locaux de l’Udc évoquant même la victoire volée, le Rdpc s’est arrogé la totalité des sièges. Il est également du département de l’Océan.  

Il faut aller dans les profondeurs des palmeraies du Nyong et Nkellé pour vivre la diversité dans la zone Centre-Sud-Est, jugée par les pontes du régime partie du pays qui devrait être acquise à Paul Biya (pour des causes ethnosociologiques) et partant au Rdpc. L’Upc a obtenu au moins une majorité relative dans au moins la moitié des municipalités de ce département. Renforçant ainsi la conception populaire qui veut que le parti de Ruben Um Nyobè, né et inhumé dans cette partie du pays trouve dans le Nyong et Kellé une terre électorale fertile. Ce ne sont pas les premiers chiffres des législatives qui signalent l’Upc en pôle position pour obtenir les trois sièges de députés de la région qui le démentiraient. 99999999999999999999 Dans la zone la plus urbanisée de la partie forestière du Cameroun, les résultats des élections municipales déjà rendus publics, contrastent avec les prise de position de ses habitants généralement plus avertis parce que côtoyant ou ayant côtoyé les milieux administratif, universitaire ou même les marchés, les chantiers et les associations. C’est qu’à Yaoundé, le Rdpc a tout prix. Le parti du flambeau objet de critique, parfois acerbes a raflé tous les sièges de conseillers des sept communes de la capitale. Même le Sdf attendu à Yaoundé VI ou le Mrc solidement implanté dans le deuxième arrondissement n’ont pu rien obtenir. Le mot d’ordre lancé par l’élite ethno tribale pour que « la capitale ne soit par envahie » a été visiblement bien goupillée.  

Rodrigue N. TONGUE  

Focal: Le Sud inaccessible à l’opposition

Dans le département de la Mvila, 65530 inscrits, 47503 personnes se sont déplacées le 30 septembre pour aller voter. 13274 ce sont abstenues de voter, 1651 ont voté pour le bulletin nul et 45851voix ont été exprimé en faveur du rdpc, pour une participation globale de 72. 29%. Dans le département du Dja et lobo, 72573 électeurs inscrits dans les huit arrondissements, 56520 ont voté, 16053 se sont abstenus pour un taux de participation évalué à 77.88%. Dans ce département précisément dans l’arrondissement de Sangmélima, le sdf a glané 437 voix pour un taux de suffrage de 2.26%. L’andp 917 voix, pour un pourcentage de 4.75%. C’est bien le département qui a le plus aligné le taux de 100% purs, dans les arrondissements de Mintom, Oveng , Djoum, Meyomessala. Meyomessi et Zoétélé ont servi les taux de 99.61%, alors que Sangmélima et Bengbis ont choisi un taux de 92.99%.  

Pour le département de l’Océan 58346 personnes étaient inscrites, 42767 ont voté, 15579 se sont abstenues. La participation a été évaluée à 73.3%, et c’est également dans ce département qu’on a totalisé le plus grand nombre de bulletins nuls soient 2772 au total. C’est bien dans le département de la vallée du Ntem, que le parti du flambeau avait en face, l’Udc très engagée à prendre le contrôle des affaires dans les communes d’Olamzé et de Kye-Ossi. Sur 30111 inscrits, 21677 sont allés voter, et 8434 se sont abstenus. Le Rdpc s’en ait tiré de 18059 voix contre 2876 pour l’Udc. De façon globale, 226560 personnes étaient inscrites dans la région du Sud, 168467 ont effectivement voté, 53340 se sont abstenues soit un taux de participation évalué à 74.36%. 88888888888888888 Jacques Pierre SEH  

Sur la Côte… Le Littoral: porte avion de l’opposition

 Le Sdf, l’Ufp et l’Upc obtiennent quelques mairies en sus des sièges de conseillers municipaux obtenus par l’Undp, le Mrc, l’Andp ou encore le Manidem, faisant ainsi du Littoral la région du pays la plus diversement investie par l’opposition

 Comme dans toutes les autres régions du pays, c’est le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui obtient loin devant, la majorité des municipalités dans Littoral. Ce, grâce au rôle abyssal de ses « personnalités ressources » prêtes à tout pour maintenir allumé le flambeau. Fidèle à son habitude, cette « élite » locale a mis tout en œuvre, de par sa position au sein de l’appareil étatique pour maintenir le Rdpc sur orbite gage peut être, pour elle, d’un maintien au soleil. Ainsi le parti de Paul Biya arrache 5 communes sur les 6 que compte la ville de Douala, met la main sur 6 des 7 communes de la Sanaga Maritime, empoche 7 des dix communes du Moungo et ne perd qu’une seule des quatre du Nkam. Mais le Littoral est certainement la région où le Rdpc est plus contraint au partage des sièges avec une pléthore de partis politiques. Ce que lui envierait même le Nord-ouest qui compte le plus d’élus de l’opposition au Cameroun. Et pour cause, ces derniers sont généralement issus du Sdf.  

C’est dans cette région que l’Ufp obtient ses premiers élus (à Yabassi), Mieux que lui, l’Upc arrache la majorité à Edéa I ou encore le Sdf qui s’arroge trois communes (Njombé-Penja, Loum et Mbanga) dans le Moungo et une à Douala (le troisième arrondissement notamment). A côté de ces partis politiques sûr d’avoir leurs militants à la tête des exécutifs communaux de 6 communes sur près de 30 mairies de la région, d’autres formations peuvent siéger au sein des conseils municipaux contrairement à la réalité qui est celle des régions comme l’Est. Dans cette catégorie, le Mrc qui a des raisons d’espérer d’entrée au parlement avec un député dans le Wouri, si l’on s’en tient aux chiffres de la commission nationale de recensement de vote.

 R.N.T.  

Dans le Septentrion: L’inévitable tempête géopolitique

 La démonstration de force de l’opposition, l’entrée en scène d’Aminatou Ahidjo et la chute de certains bastions du Rdpc laissent envisager une reconfiguration de la carte politique du septentrion.  

  En campagne récemment à Ngaoundéré, le Secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc a piqué une once de colère. Grégoire Owona ne comprenait pas que la permanence du Rdpc ne soit pas électrifiée. Le bâtiment malpropre et nauséabond sert également de logis aux bandits de grand chemin, enfants de la rue et autres toxicomanes. Présidents de sections du Rdpc, membres du comité central et élites locales se rejettent les responsabilités de l’entretien de l’édifice. Notre source relate que le membre du gouvernement a tenté de sermonner le sénateur Baba Hamadou, arguant que la permanence du Rdpc n’est digne de l’Adamaoua avec « tant de ministres». Réponse de Baba Hamadou : « la Vina n’a plus de ministre». Mme Koulsoumi Boukar étant secrétaire d’Etat auprès du ministre des Forêts et de la faune.

 Au moins une observation se dégage de ces confidences entre Baba Hamadou et Grégroire Owona : la Vina attend son ministre. Cette convoitise a transparu dans les discours de la récente campagne en vue du double scrutin de 2013. « Et ce n’est pas une spécificité de l’Adamaoua !», fait observer un ponte de l’Undp dans le septentrion. De son analyse, nombre d’élites du Nord et de l’Extrême-Nord jouent en ce moment la carte de leur avenir politique. Il cite à la pelle Théophile Baouro, Abba Sadou et Mme Koulsoumi Epse Boukar… dans l’Adamaoua. Issa Tchiroma, Mme Koulsoumi Badjika Ahidjo, Aminatou Ahidjo… dans le Nord. Adoum Garoua, Monouna Foutsou, Ayang Luc, Dr Taiga, Zacharie Perevet et Cavaye Yeguié Djibril dans l’Extrême-Nord. La démonstration de force des partis de l’opposition dans le propre fief de certains, l’entrée en scène téléguidée (ou inopinée) d’Aminatou Ahidjo et Haman Adama semblent avoir déjoué certains pronostics. Dorénavant, certaines élites du septentrion se considèrent comme étant en « sursis ».

 Entre calculs et désillusion

« Beaucoup espéraient une victoire écrasante du Rdpc pour se maintenir au gouvernement ou demander à Biya un ministre dans la Vina. Avec ce qu’on a vu aux municipales, il n’y a plus des raisons d’espérer parce que seuls les départements du Mbere et du Mayo Banyo ont fait gagner le Rdpc avec la majorité absolue», affirme Mouhamadou, un militant du Rdpc à Tibati. Il explique que les frustrations des investitures les ont amenés à voter littéralement pour l’Undp dans le Djérem. Le parti contrôle dorénavant l’ensemble des municipalités du département. Dans le Nord, à Garoua 1er, 2e et 3e, la désillusion de l’Add et du Fsnc font l’affaire d’Aminatou Ahidjo. La « ministrable » comme on aime à l’appeler rejoint dans le carré d’as Bello Bouba (presque assuré de conserver son strapontin), Bayero Fadil, Me Koulsoumi et Sardaona. « Depuis que la fille de Ahidjo est venu à Garoua, on a compris les plans de Biya pour la Benoué. Nous les élites n’avons même pas eu un mot à dire dans son programme de tournée. Des surprises sont à venir », redoute un cadre du Rdpc dans la Benoué. En clair, selon la même source, Issa Tchiroma Bakary et Mme Youssouf Adjidja sont menacés de déstabilisation.  

Techniquement, le cas de l’Extrême-Nord est plus complexe. La nouvelle carte géopolitique de cette Région devrait tenir compte de la guerre froide entre Foulbe et Guizigua dans le Diamaré. « Certains cadres du Rdpc ont battu campagne en faveur de l’Undp, prétextant que leur ethnie n’est pas assez représentée dans les listes. D’autres l’on fait parce qu’ils avaient des problèmes avec certains candidats », dénonce Hamadou Hamidou, maire sortant de la commune d’arrondissement de Maroua 1er. L’autre raison de penser qu’une reconfiguration politique est envisageable dans l’extrême-Nord : la chute du Rdpc dans ce qui était considéré comme son bastion imprenable. Zacharie Perevet, Ayang Luc et Adoum Garoua ont respectivement perdu à Koza et Doukoula. Au profit du Mdr. L’increvable Dakolé Daissala marque des points !  

Salomon KANKILI Note du Messager: Dans l’édition de demain (Mardi 08 Octobre 2013) les régions du Nord-Ouest, Ouest et Sud-ouest

© Le Messager

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