CAMWATER: le DG mouillé dans une affaire de terrain

Pascal Blaise Ondoua, un octogénaire, est un vieil ami d’Emah Basile de regrettée mémoire, ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé. Il est bien connu dans cette famille. C’est sans doute pour cette proximité avec la succession Emah Basile qu’il a été chargé de jouer les intermédiaires par les responsables de Camwater.

Contre des commissions de 5% sur le prix de vente du terrain. Mais il semble qu’un autre intermédiaire, Omgba Brice, connu de l’entourage de Jean Willams Sollo, avait un autre rôle à jouer dans la transaction, comme le décrit le vieux Ondoua. Joint au téléphone en fin de semaine dernière, Ondoua qui reconnaît la paternité de cette lettre, est choqué: «Ce Monsieur m’avait confié une mission. Je l’ai menée à son terme. Il devait payer mes commissions, conformément à la loi en matière de transactions immobilières. Mais ils se sont mis à me tourner. J’ai porté plainte devant le tribunal criminel spécial qui a ouvert une enquête. Pourquoi ils me font ça, à mon âge»? Après plusieurs péripéties, l’un de nos reporters a finalement rencontré Me Pierre François Menye Ondo, à son bureau au 3e étage du Crédit foncier à Yaoundé. On voulait surtout savoir s’il avait reçu cette correspondance, la suite qu’il lui avait réservée…

Le notaire a reconnu effectivement avoir reçu cette lettre du vieux Ondoua. «Par mesure d'équité, je lui ai répondu de se rapprocher de monsieur Omgba, répond-il à notre reporter. S'ils se rencontrent, qu'ils me fassent un PV de leur rencontre dans lequel ils vont préciser la somme qu'il faut payer à monsieur Ondoua. Je tiens à préciser que ce monsieur et moi n'avons aucun rapport sur le plan judiciaire. Il aurait été contacté par deux membres de la succession pour gérer la même question.

Par contre la relation entre moi et M. Omgba est encadré par une décision du juge du TGI». S’agissant des transactions, Me Menye qui s’est accroché à l’obligation de réserve du notaire, fait en passant quelques révélations: «J'ai tous les documents qui attestent de la régularité de mes relations avec M. Omgba. C'est lui qui a traité avec la Camwater et non M. Ondoua. Pour cela, il a reçu la délégation de tous les membres de la succession. Ceux-ci attendent 45 000 francs/m² conformément à leur accord avec M. Omgba. Et toujours conformément aux accords entre M. Omgba et la Camwater, celle-ci doit lui verser 60 000 francs/m². C'est tout ce que je sais». Après plusieurs tractations, nous avons rencontré en fin de semaine dernière des responsables de la cellule de communication de Camwater afin qu’ils portent à la connaissance du Directeur général les termes de la correspondance de Ondoua.

Pour sa version des faits. En lui précisant que nos impératifs de parution ne nous donnaient plus beaucoup de temps pour attendre cette réaction. L’achat de ce terrain par la Camwater pose plusieurs problèmes. D’abord l’opportunité. Cette parcelle de terre est située à Etétak, une banlieue de Yaoundé. Les spécialistes de l’immobilier à Yaoundé sont bien surpris de ce prix, (40 000 Fcfa/m2) particulièrement élevé. Et puis, y avait-il urgence de débourser une telle somme aujourd’hui pour acquérir un terrain pour le compte d’une entreprise dont la priorité est sans conteste de servir de l’eau de plus en plus rare aux populations ? On se rappelle que son prédécesseur, Basile Atangana Kouna, avait acquis un terrain en face du palais des sports à Yaoundé pour la construction de la direction générale de cette entreprise. Aucun investissement n’est encore engagé sur ce site.

Autre problème, la surfacturation qui porte le prix du m2 de 40 000 Fcfa, somme à verser à la famille, à 60 000 Fcfa qui est manifestement la part du Boss que Ondoua a pris le soin de calculer: « 75 000 000 Fcfa ». Un montant suffisant pour être client du tribunal criminel spécial.

© David Nouwou | La Nouvelle Expression

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