Cameroun - Vraie fausse lettre d’Amadou Ali à Paul Biya: Membres du Gouvernement et Hommes politiques se déchaînent

Selon un membre du gouvernement ayant requis l'anonymat, il faut être sourd pour ne pas entendre ce qui se dit sur lui ou aveugle pour ne pas lire ce qu'on écrit sur l'homme dans les colonnes des journaux.

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Ce gouvernant de choix qui a toujours été présenté comme un modèle de fidélité au Biyaïsme est actuellement au centre d'une vive polémique. Ses maladresses au sein de l'appareil de l'Etat, alimentent copieusement les conversations dans les chaumières et les salons feutrés des hôtels. Les frasques accumulées tout au long des années, par ce bras séculier du régime de Paul Biya ne laissent personne indifférent. Ses frasques démontrent à suffisance que le Président de la République, s'est lourdement trompé en accordant sa confiance à certains de ses collaborateurs. Des individus se comportent comme s'ils ne sont pas du même bord que le Premier Camerounais.

Leurs actes et paroles sont en déphasage, avec les missions pour lesquelles on les a désignés. On est convaincu que de tels acteurs sociaux sont arrivés aux affaires pour des raisons d'équilibre régional. Si l'objectivité était le seul critère ayant présidé à leur choix, on ne pourrait pas assister aux dérives de toutes sortes. C'est regrettable et profondément écœurant, quand on voit ce qui se passe autour de l'autorité centrale. Même ceux qu'on croyait blancs comme neige, ne le sont pas effectivement et Amadou Ali en est une parfaite illustration. En jetant un coup d'œil dans le rétroviseur, on constate avec douleur que le natif de Kolofata a ruiné les espoirs places en lui. Des tas de dossiers accablants militent largement en faveur de cette thèse.

DÉFIER LA HIÉRARCHIE

La réalité est amère. Elle est semblable à une pilule mais il faut l'avaler. L'opinion a cru à un moment que notre concitoyen faisait l'objet d'une cabale médiatique. Mais que nenni. Il est entrain de récolter tout simplement ce que son infidélité a semé. Les agissements d'Amadou Ali ne sauraient cacher ses ambitions politiques. L'ex-Ministre de la Justice aurait eu un plan machiavélique pour détruire le système, en procédant à l'arrestation de plusieurs membres du gouvernement connus de tous. Pire encore il a même arrêté le neveu du Président de la République le nommé Bossobo Bidjang qui officiait à la SIC. Cet acte ne relève pas uniquement de l'exploit, mais du courage légendaire qui habite Amadou Ali. Il est vrai que l'appétit vient en mangeant, mais aller jusqu'à épingler un membre de la famille présidentielle, c'est faire preuve de volonté de déstabilisation. Amadou Ali voulait-il saper le socle présidentiel? Des indices semblent nous orienter vers cette piste macabre.On dirait que l'homme de main voulait mettre le Chef de l'Etat en conflit avec sa propre tribu.

NUIRE AU SYSTÈME

D'après un homme politique très connu des médias, monsieur le journaliste, cette affaire a fait des vagues dans l'entourage du pensionnaire du Palais de l'Unité. L'objectif de cette arrestation spectaculaire n'était-il pas de démontrer la cruauté de Paul Biya? En tout cas, la famille princière garde un mauvais souvenir de cet épisode malheureux. D'ailleurs par rapport à ces dérapages, des dignitaires du régime actuel ont essayé à plusieurs reprises d'attirer l'attention de la plus haute autorité de l'Etat. Ils ont trouvé nécessaire de remonter les bretelles à Amadou Ali, mais à chaque fois ont reçu des volées de bois vert. Amadou Ali n'a jamais été tendre envers Foumane Akame. Les critiques ont été pendant un bon bout de temps, à l'origine de vives tensions entre l'ex-ministre charge de la justice et ses autres collègues du gouvernement.

Ce dernier a souvent déclaré que ses compères l'empêchaient de travailler. Cette déclaration a été faite aux diplomates par rapport à Foumane Akame. Tous ceux qui ont osé faire des réserves, n'ont moissonné que des flèches de la part d'amadou Ali. De vis de nombre de grosses pointures du sérail, le passage d'Amadou Ali au sommet du Ministère de la Justice n'a engendré que des désagréments. L'homme politique de renom nous a confié que l'ogre de Kolofata, aurait emmagasine des dossiers épineux contre le magistrat suprême. A en croire nos informateurs, des documents confidentiels et compromettants sur le chef de l'Etat sont soigneusement gardes dans un pays voisin. Des sources concordantes indiquent que ce pays serait le Nigeria, où Amadou Ali détiendrait une solide base arrière. Si d'aventure Paul Biya venait perdre le pouvoir ou à le limoger, tous ces dossiers litigieux seront mis à la disposition des ennemis de la nation.

AGIR DE TOUTE URGENCE

Ali utilise toutes ces données secrètes comme une arme redoutable. Il est prêt à se livrer au déballage si l'opportunité lui était offerte. Ses multiples sorties sur Wikileaks à travers les câbles, illustrent amplement la capacité de nuisance de l'individu. De puissants réseaux d'influence lui accordent une certaine protection. Son long séjour dans les milieux du pouvoir, lui a permis de tisser une solide toile. Amadou Ali est semblable à une araignée embusquée qui attend le moment opportun pour bondir sur sa proie. Et si cette proie était Paul Biya? Alors là, le Président court le risque d'être dévoré. Si cela arrivait un de ces quatre matins, ce serait la manifestation profonde de l'ingratitude a révélé une source digne de foi. Ce serait aussi un coup de poignard dans le dos du pilote du parti des flammes.

Pourquoi la politique est-elle si ingrate? Un proverbe français nous apprend que l'ennemi ne dort jamais. Toute porte à croire que, la présence d'Ali aux côtés du Président de la République, est largement porteuse de danger. Les uns et les autres trouvent qu'il faut extraire la dent cariée, sinon le mal va s'attaquer farouchement à toute la dentition. En d'autres termes, il faut battre le fer quand il est encore chaud. Des mesures urgentes s'imposent pour que le calme et la sérénité revienne dans les cercles du pouvoir. Quoi de plus normal, que de séparer le bon grain de l'ivraie.

© Judith Ekobo | Le Soir

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