CAMEROUN : VERS LA LIBÉRATION DE CERTAINS PRISONNIERS DE LUXE ?

ondo-ndong250913300.gifSelon des indiscrétions de plus en plus bruyantes, la mise en liberté de certains prisonniers dits de luxe épinglés dans le cadre de l’opération d’assainissement de la fortune publique connue sous le vocable « Opération épervier », semble imminente. Ces indiscrétions fondent leur argumentaire sur le décret de Paul biya du 4 septembre dernier qui fixe les modalités de restitution du corps du délit devant le Tribunal criminel spécial en cas de poursuites pour détournement de deniers publics.  

Le Tribunal criminel spécial (Tcs), où officie le magistrat yap abdou, Conseiller technique à la Présidence de la République est une juridiction d’exception instituée par la loi du 14 décembre 2011, modifiée par la loi du 16 juillet 2012, chargée de la répression des infractions connexes prévues par le Code pénal et les conventions internationales ratifiées par le Cameroun contre la fortune publique. elle est compétente pour connaitre des atteintes aux biens publics quand le montant du préjudice est au minimum de 50 millions de F Cfa.

Haman adama, née halimatou mahondè, ancienne ministre de l’education de base qui a passé 47 mois à la prison centra

le de Kondengui à Yaoundé, où elle était incarcérée pour atteinte à la fortune publique à l’issue d’un détournement à elle reproché de 213 millions F Cfa , a été libérée le 19 septembre 2013.  

Elle aura bénéficié de cette liberté en vertu de l’article 18 qui crée le Tribunal criminel spécial. Ayant remboursé un peu plus de 300 millions de F Cfa, le décret présidentiel du 4 septembre qui fixe les modalités de restitution du « corpus delicti » a été appliqué dans le cas de la commissaire aux comptes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) pour lequel la belle-mère d’ali bachir mohamadou, député du Rdpc de la Vina, a battu campagne pour les législatives et les municipales du 30 septembre 2013. Dans la foulée de ces indiscrétions, d’autres caciques du parti au pouvoir en détention dans le cadre de cette opération d’épuration des deniers publics pourraient recouvrer bientôt la liberté.  

Ce serait le cas d’Emmanuel Gérard Ondo Ndong, « le Baron de la Vallée » ancien tout premier directeur général du Fonds spécial d’intervention intercommunal (Feicom), chef supérieur d’Assandjick dans la Vallée du Ntem, région du Sud, condamné à 20 ans de réclusion, pourrait tirer bénéfice de cette disposition nouvelle de la loi. Pêle-mêle, on cite alphonse siyam siwé, ancien Secrétaire général adjoint de la Présidence de la République, ancien directeur général du Port autonome de Douala (Pad), et ancien ministre de l’eau et de l’energie, condamné à vie et qui avait fait appel de cette lourde décision, pourrait voir son dossier échouer sur la table du président du Tcs, yap abdou.  

Paul gabriel Ngamo hamani, l’ancien Administrateur provisoire de la Cameroon Airlines (Camair), la défunte compagnie nationale des transports aériens. Iya Mohammed, ancien directeur général de la Société de développement du coton (Sodécoton) et ancien président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), dont la gestion de la Sodécoton à l’examen minutieux, ne semble receler aucune faute. Seuls le cas d’Yves michel Fotso, ancien Administrateur directeur général de la Camair, patron déchu du groupe Fotso, fait problème. le fils du milliardaire de bandjoun, Victor Fotso, avait déjà restitué le corps du délit.  

Il se pourrait que d’autres affaires le retiennent encore dans les serres de la justice. On attend les cas Polycarpe abah abah, ancien ministre de l’economie et des Finances, Marafa hamidou yaya, ancien ministre d’etat, Secrétaire général de la Présidence de la République et ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, et Jean-marie luc Atangana Mebara, ancien ministre d’etat, Secrétaire général de la Présidence de la République et ancien ministre des Relations extérieures.

© Source : Le Courrier

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