CAMEROUN - URBANISATION : TSIMI EVOUNA REPREND LES CASSES DEMAIN

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La nouvelle opération coup de poing du délégué du gouvernement auprès de la Communauté de Yaoundé vise le déguerpissement des zones marécageuses. La semaine dernière n’a pas été de tout repos pour les cadres de la Communauté urbaine de Yaoundé(Cuy).

Les réunions se sont succédées à l’hôtel de ville avec à l’ordre du jour, le «lancement élargi de la campagne de recolonisation des bas fonds». Selon un agent de la Cuy, «le délégué du gouvernement a été clair.

Nous devons commencer la campagne demain mardi 5 mars». Il ajoute: «tous ceux qui occupent les marécages doivent partir parce qu’on veut les aménager pour en faire des espaces verts».

Selon des informations concordantes glanées à la Cuy, toutes les études ont été faites et la «recolonisation » en question permettra de réduire les zones inondables dans la capitale. Ainsi, l’eucalyptus a été choisi à cet effet comme plante de boisement.

Selon un technicien impliqué dans le processus, «la particularité de l’eucalyptus c’est que c’est une plante qui consomme beaucoup d’eau. Ce qui fait qu’en la plantant dans un marécage, l’on est sûr qu’elle consommera en abondance la quantité d’eau disponible et par la suite, l’espace va servir à autre choses». L’opération que Tsimi Evouna entend étendre est déjà en expérimentation dans quelques zones de la capitale.

Il s’agit du marécage qui borde le nouveau marché Etetak, baptisé «espace jeune». Ce marché construit depuis plus de deux ans n’est pas fonctionnel à cause des inondations. Après une grande pluie, les boutiques sont littéralement envahies par les eaux. En contre bas, le délégué du gouvernement a lancé une opération de recolonisation en faisant planter des eucalyptus tous azimuts.

Les inondations ont-elles pour autant été stoppées? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il qu’à quelques kilomètres de là, et précisément en contre bas de l’Irad, un autre marécage est en pleine recolonisation. Selon nos informations, tous les quartiers sont concernés par les casses ainsi annoncées. Depuis plusieurs années, les habitants des marécages ont été avertis. Effectivement, les croix de saint André ont été marquées sur plusieurs habitats implantés dans les marécages de Yaoundé. L’heure est de nouveau à l’action chez Tsimi Evouna.

Il y a déjà quelques mois que les pelleteuses de la Cuy n’avaient plus été aperçues en action de démolition dans la capitale. Ceux qui avaient soutenu que Tsimi Evouna avait reçu des instructions de ne plus casser doivent se raviser. Car, «Jack Bauer», comme l’appellent les Yaoundéens, n’est pas prêt de lâcher prise. Comme le poète Bertolt Brecht, Tsimi Evouna souhaite quitter la terre non pas en ayant été bon, mais en laissant une terre bonne. C’est-à-dire, où il fait bon vivre. Cependant, le sempiternel problème du recasement des déguerpis demeure.

© L'Actu : Olivier A. Ndenkop

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