Cameroun: Une prise en charge plus rapide pour les fonctionnaires retraités

«La retraite n’est pas une sanction, c’est l’aboutissement normal d’une carrière passée au service de l’Etat. Elle correspond à une aspiration légitime au repos. » En prononçant ces phrases le 20 juin 1987 dans le cadre d’un discours à l’Assemblée nationale, le président de la République Paul Biya entendait sans doute faire comprendre à ses compatriotes que personne ne doit être angoissé lorsque vient le moment de jouir de sa retraite. Dans son message de fin d’année à la nation le 31 décembre 2012, le chef de l’Etat est revenu sur le sujet. Pour s’insurger des difficultés qu’éprouvent les personnes admises à faire valoir leurs droits à la retraite à rentrer en possession de leurs pensions : « Pour rester dans le domaine social, je voudrais m’adresser à nos retraités qui peinent à toucher leurs pensions. Les délais qui sont parfois constatés peuvent atteindre plusieurs mois, voire davantage, ce qui est inacceptable… », a martelé Paul Biya.

Des mois, voire davantage ! Parfois même des années et des personnes qui meurent dans l’indigence la plus absolue, malgré les nombreux services rendus à la nation. Entre les différentes administrations intervenant dans le processus, les démarches étaient sans fin. Les tracasseries aussi. Les moins téméraires abandonnaient.

Tout commençait par la constitution du dossiers de pension. Des pièces supposées se trouver dans le dossier de l’intéressé comme l’indique l’article 23, alinéa 1 du statut général de la Fonction publique de l’Etat : « Le fonctionnaire a droit à l’existence d’un dossier professionnel personnel tenu par l’administration et contenant toutes les pièces relatives à sa situation administrative et au déroulement de sa carrière. Ces pièces doivent être codifiées, saisies et archivées sans discontinuité. » « Le droit à la pension » pour l’agent public étant l’une des exigences de l’article 24 du même statut.

Une pension qui est le fruit des cotisations de l’intéressé. L’article 123, alinéa 1 du même statut, rappelle d’ailleurs, et comme l’indiquait déjà fort opportunément le chef de l’Etat, que « l’admission à la retraite marque la fin normale de la carrière du fonctionnaire et lui ouvre droit à une pension payée par le Trésor public ou toute autre caisse de retraite dans les conditions fixées par le décret du président de la République. » Face à la nation le 31 décembre dernier, le président de la République a indiqué avoir donné des instructions pour une amélioration de la situation. Des mesures ont à cet effet été prises.

Elles portent, selon le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Michel Ange Angouing, approché par CT, sur le fait que les personnes admises désormais à faire valoir leurs droits à la retraite n’attendent plus des semaines pour toucher la pré pension (30,50% du salaire selon le statut), mais la totalité de leur pension le mois qui suit la cessation de paiement du salaire. « Ca veut dire que depuis octobre 2012, si vous êtes admis à valoir vos droits à la retraite, en novembre vous touchez déjà votre pension » précise le Minfopra

© Jean Francis BELIBI | Cameroon Tribune

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