Cameroun: une campagne d'appui lancée pour améliorer le séchage du cacao

A travers ce don gratuit, le gouvernement camerounais entend expurger les mauvaises pratiques observées dans les principaux bassins de production du cacao, à savoir la non fermentation des fèves ou le séchage sur du bitume.

 "Le cacao camerounais non fermenté, mal séché ou simplement séché sur du bitume perd en qualité et ne pourra plus être vendu sur le marché international. Arrêtons de sécher les fèves sur le goudron", a recommandé jeudi Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce aux planteurs des départements de la Lékié dans la région du Centre et du Ndé à l'Ouest.

 "Le cacao a été et reste la base du développement économique de notre pays. Il revient donc à tous de préserver ce label qui a fait ses preuves sur le marché international", ajoute-il. Cette distribution de bâches aux planteurs de ces deux régions fait suite à l'embargo imposé début janvier au cacao camerounais par l'Union européenne. Près de 2000 tonnes en provenance du Cameroun ont été refoulées des ports européens parce que sentant la fumée.

 «La principale cause se trouve dans les conditions de séchage", selon le ministre du Commerce. La sensibilisation porte essentiellement sur l'identification des pratiques à haut risque de contamination des fèves aux hydrocarbures aromatiques polycycliques, à savoir le séchage sur les abords des routes ou sur les fours défectueux et le contact avec le bitume.

 Les pouvoirs publics du Cameroun ont en outre engagé la construction des aires de séchage appropriées et la réparation des fours de séchage dans les zones de production où la pluviométrie oblige de recourir aux méthodes de séchage artificielles, comme dans la région du Sud-ouest. Selon des spécialistes de la filière, le non respect des bonnes pratiques de séchage peut entraîner non seulement des maladies chez l'homme, lors de la consommation des produits à base du cacao qui a subi la consommation des gaz, mais aussi dévaloriser la qualité du cacao camerounais sur le marché international.

 Le règlement européen qui fixe les nouvelles teneurs maximales pour les hydrocarbures aromatiques polycycliques dans le cacao entrera en vigueur à partir du 1er avril 2013. Quatrième producteur africain derrière la Côte d'Ivoire (1.350. 000 tonnes, 37,5% de la production mondiale), le Ghana (970.000 tonnes, 21%) et le Nigéria (240.000 tonnes, 6%), le Cameroun qui a atteint 210.000 tonnes (5,5% de la production mondiale) pour la campagne 2011-2012 contre 205.000 tonnes pour 2009-2010, tire l'essentiel de sa production de petites exploitations familiales dont la taille varie entre 0,5 et 10 ha.

 Avec le café, la filière cacao entièrement libéralisée occupe plus de 6000 planteurs. Elle bénéficie directement ou indirectement à 6.000.000 de personnes et, représente 40% des exportations du secteur primaire au Cameroun, selon des statistiques fournies par des experts de l'Institut de recherche agronomique (IRAD) et la Société de développement de cacao ( SODECAO).

 En outre, l'essentielle de la production cacaoyère a longtemps été la variété trinitario, hybride combinant la rusticité forastero et l'arôme fin de la variété criollo. De nouveaux croisements à partir de différents clones produits et vulgarisés par l'IRAD et la SODECAO ont la particularité de résister mieux à la pourriture brune et aux capsides, principaux fléaux du cacao au Cameroun.

Agence Ecofin

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau