Cameroun : Une affaire de moeurs éclabousse le barreau

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Un avocat a attrait en justice un de ses confrères pour adultère avec son épouse, elle aussi avocate.

Les débats se sont ouverts hier au Tribunal de première instance (Tpi) de Yaoundé centre administratif. Me Edouard Nkoa Atangana, le plaignant, accuse son épouse, Me Rose Nkoa Atangana, d'adultère avec un de leur confrère, Me Louis Gabriel Eyango. Trois ténors du barreau. La citation directe servie aux deux accusés précise le motif de l'accusation : « abandon de foyer et complicité d'abandon de foyer ». « Viens suivre le déballage que Me Nkoa fait ici au tribunal », demande un avocat à son épouse, elle aussi avocate. Dans la salle d'audience, il y a du monde. Beaucoup de robes noires. Qui écoutent, l'air grave. A la barre, Me Nkoa déballe.

« Depuis plus de 8 ans, Me Eyango couche officiellement avec ma femme. Ils entretiennent une relation amoureuse, au point où ma femme a quitté mon cabinet pour aller travailler dans le cabinet de Me Eyango », affirme le plaignant. En effet, Rose Nkoa Atangana, issue de la promotion 1997, intègre l'Ordre des avocats du Cameroun en 2002. Elle est aussitôt recrutée comme avocate associée au cabinet de son époux, une société civile professionnelle d'avocats. Dès 2002, apprend-on du plaignant, Me Rose Nkoa fréquente assidûment le palais de justice de Yaoundé. « C'est à partir de ce moment que nos mésententes ont commencé.

Elle s'est liée d'amitié avec Me Eyango. Ils se fréquentaient régulièrement. Madame rentrait désormais à la maison entre une heure du matin et deux heures du matin. En fait, Me Eyango était devenu l'amant de ma femme », déclare Me Nkoa, furieux. Interrogé sur les preuves de ses allégations par Me Nouga, conseil de Me Eyango et de Me Rose Nkoa, Me Edouard Nkoa reconnaît ne pas avoir de preuves matérielles, mais jure que « des gens les ont surpris, et ils sont venus me rapporter qu'ils couchaient ensemble. Mon épouse et son amant ont d'ailleurs voulu liquider ces personnes ». Parmi ceux qui sont venus lui faire ces révélations, il cite son collègue Me Nyaabia.

Complices

« D'où vient-il qu'ils signent des conclusions ensemble alors qu'ils travaillent dans deux cabinets différents ? » interroge Me Nkoa. Le docteur en droit, enseignant à l'Université catholique d'Afrique centrale, estime alors que Me Eyango a été aidé par la meilleure amie de son épouse, Henriette Omgba, et des membres de sa belle-famille, tous cités comme complices de l'abandon du foyer. Me Belibi, autre avocat de Me Eyango, soulève une exception.

Il convoque l'article 47 du règlement intérieur de l'Ordre des avocats du Cameroun. Qui stipule qu'« avant qu'un avocat n'engage une action en justice contre un autre avocat, il doit obtenir une autorisation obligatoire du bâtonnier ». Me Nkoa ne l'ayant pas fait, le président du Tribunal est appelé à déclarer l'action irrecevable. Les conseils de Me Nkoa rappellent que leur client ne poursuit pas son épouse et Me Eyango comme avocat. Le juge Dairou a renvoyé l'affaire au 2 avril pour statuer sur cette exception.

© Le Jour : Flore Edimo

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