CAMEROUN : UN DON DE 100 MILLIONS DE PAUL BIYA PORTÉ DISPARU AU CAMEROUN

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Le don du gouvernement camerounais de plus de 100 millions Fcfa à l’Organisation nationale de l’enseignement privé islamique (Onepi) a été détourné.

Un haut responsable du ministère des Finances au Cameroun, dont nous préférons taire le nom pour l’instant a été convoqué au Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed) en charge de la gendarmerie pour apporter son éclairage au sujet des 150.500.000 Fcfa alloués à l’Organisation nationale de l’enseignement islamique (Onepi).

Comme lui, Wandji Philippe le fondateur des Ets Matanfen (Collège et Institut supérieur) a été convoqué et entendu à plus d’une fois.

Dans le souci d’accompagner tous les ordres scolaires privés du Cameroun, le gouvernement de la République a toujours donné des subventions à l’enseignement privé. En 2003, l’Etat du Cameroun a accordé à l’Onepi, une subvention de 150.500.000 Fcfa. Au ministère de l’Economie et des Finances, un bon de commande N° C196443 est signé le 31 octobre 2003. Le 22 décembre 2003, le Chef de service de la comptabilité et le Fondé de pouvoir dont les noms figurent dans les documents à notre possession signent l’Attestation de Virement Irrévocable (AVI) N° 147/MINEFI/DT/PGT/PG1. On peut alors lire: « je soussigné, le payeur général du Trésor atteste que les virements de l’Organisation Nationale de l’Enseignement Privé Islamique (Onepi), objet des bons d’engagement : N° C196177 de F cfa 600.000 et N° C196443 de F cfa 150.000.000 seront effectués au compte N° 50 500007 ouvert à AMITY BANK CAMEROON PLC. En foi de quoi la présente attestation lui est délivrée pour servir et valoir ce que de droit. »

Le 14 janvier 2004, au regard de cette Avi, la somme de 50.000.000 Fcfa est virée au profit de l’Onepi. Il reste alors 100.500.000 Fcfa, comme l’atteste une note du président national de cette institution signée du 13 juillet 2011. Après le premier versement, l’Onepi ne reconnaît pas avoir reçu une autre somme de cette dotation. Selon les sources concordantes et à la lecture des documents, le compte de l’Onepi était domicilié à la Banque Atlantique, l’Ex-Amity Bank. Il est donc surprenant que les 100.500.000 Fcfa restant soient envoyés à la SGBC et à la SCB CL qui n’étaient pas agréées pour cette opération. Encore que l’argent ne devait pas revenir à un tiers. Il ressort pourtant du Récapitulatif des traitements effectués sur le Titre N° C196443, au ministère des Finances, Direction générale du Trésor et de la coopération, Paierie générale du Trésor, que le bénéficiaire a été Wandji Philippe. Le fondateur des Ets Matanfen, personnalité bien connue n’a rien à voir avec l’ONEPI. Autre curiosité, pour le même titre d’autres payements ont été faits au profit de Wandji Philippe dans un des ses comptes domicilié à la SCB CL en 2004.

L’enquête ouverte par les services d’intelligence et le MINFI constate que ces mouvements ont été réalisés dans une complicité entre les cadres informatiques, sous la coordination de Monsieur X, aujourd’hui, haut cadre au Minfi, qui au moment des faits occupait les fonctions de chef de service de la…. C’est pour en savoir plus qu’il a été entendu par les Services de sécurité de la présidence de la République. Selon nos sources, « il lui a été demandé de faire une déposition écrite. Cette déposition reste attendue ».

Mercredi 20 février, il a été convoqué au SED. Il ne se serait pas présenté. Par contre, Philippe Wandji qui clame son innocence a été entendu à plus d’une fois. Vendredi dernier 22 février, il est parti très tardivement du SED. Déjà le 2 janvier 2013, il a adressé une lettre au Ministre des Finances pour clamer son innocence. Qui a donc détourné l’argent de l’ONEPI ? Pourquoi les enseignements islamiques sont ainsi pénalisés ? Que cache cette action ? En attendant les réponses à ces questions, l’enquête continue.

© camerpress.info : Jean Christian Mengo

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