CAMEROUN - TENSIONS DANS LE GRAND NORD : PAUL BIYA MENACE DE POURSUITES JUDICIAIRES PAR ICG

Dans son rapport rendu public jeudi 4 septembre, l’Ong International Crisis Group suggère que Paul Biya renonce à se porter candidat à la présidentielle de 2018 sous peine de poursuites judiciaires.

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Pas de doute à propos. Du rapport d’International Crisis Group (ICG) transpire une menace quelques peu voilée de poursuites judiciaires agitée comme un chiffon rouge à Paul Biya. L’une des suggestions faite par ICG pour éviter un bain de sang au Cameroun d’ici la présidentielle de 2018 est « la promesse du président Biya de ne pas se représenter en 2018 en échange d’une absence de poursuites (hors crimes relevant du statut de Rome) et du maintien de ses avoirs ».

Une lecture entre les lignes de cette recommandation contenue dans le rapport d’ICG permet de comprendre que l’Ong demande à Paul Biya de se chercher une porte de sortie en organisant une transition pacifique au sommet de l’Etat avant les élections présidentielles de 2018. ICG semble mettre en garde le chef de l’Etat camerounais en lui rappelant qu’il risque des poursuites judiciaires et la confiscation de ses biens au cas où il s’accroche au pouvoir.

Paul Biya menacé de la CPI

En excluant du chapelet des crimes ceux relevant du Statut de Rome, c'est-à-dire les crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, le rapport d’ICG agite le spectre de la Cour Pénale Internationale à Paul Biya. Même en banissant cette hypothèse, il est difficile de ne pas y voir une menace proférée contre le chef de l’Etat camerounais si son maintien au pouvoir contre vents et marées entraine le massacre des populations.

Pour éviter une situation socio-politique chaotique au Cameroun, ICG propose un certain nombre de réformes sur le plan politique et sécuritaire : « la création d’un cadre de dialogue entre le pouvoir et l’opposition pour négocier et adopter les réformes institutionnelles… la réduction du mécontentement au sein des forces de défense par l’octroi des mêmes équipements, salaires et avantages financiers aux unités d’élite et aux unités de l’armée régulière déployées à l’Extrême Nord, et par leur rotation régulière », peut-on lire dans le rapport.

© Camer.be : Michel Biem Tong

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