Cameroun - sûreté nationale : Le malaise s’amplifie à la police

Les méthodes du Dgsn, Martin Mbarga Nguélé, décriées. En plus des discriminations dans les reclassements et nominations, la grande majorité des hommes et femmes de ce corps estiment subir les pires frustrations.

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Le temps pourrait être orageux au sein de la police dans les prochains jours. En tout cas, à entendre parler certains fonctionnaires de ce corps, l’atmosphère d’étuve observée depuis le retour du patriarche du Nyong et So’o à la tête de ces flics, risque de se transformer en une grogne des plus dangereuses. Bien qu’handicapés par des statuts qui leur interdisent toute forme de débrayage et de syndicalisme, de nombreux fonctionnaires, tous grades confondus, accusent entre autres leur hiérarchie de faire main basse sur leurs avancements et primes, sans mobile apparent.

«Des commissaires divisionnaires sur le quai de la retraite exigent pour leur départ, une prime de bonne réparation chiffrée à des dizaines de millions Fcfa», confie dans un premier temps un agent de police sous anonymat. Vrai ou faux ? Toujours est-il que dans ce corps rattaché à la présidence de la République, des grincements de dents sont perceptibles, des dérives sont observées, ne manquant pas de générer le sourd mécontentement des policiers. Ces derniers disent subir les pires vexations, et par conséquent, dans certains postes de police, des éléments pourtant volontaires sont désormais démotivés.

Et sur le terrain, leur rendement est perceptible. «Il n’existe pratiquement plus de système de rotation au sein de la police. Certains commissaires ont déjà tapé des dizaines d’années terrés dans les mêmes bureaux et dans les mêmes postes. En plus, au niveau des services en détachement, on parle du détournement des primes par certains hauts gradés à la Camrail», tempête une source policière. Sous cape, notre source indexe les collaborateurs du délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé, de tripatouiller les nominations depuis des années, défaut de les bloquer carrément, mettant presqu’au chômage de nombreux cadres pourtant prêts à servir.

Il n’est pas également rare d’entendre certains agents de police avouer leur préférence pour garder les particuliers ou des établissements des micro-finances, bien qu’étant conscients que de ce côté, tout n’est pas rose… Aujourd’hui pratiquement parquées, l’on n’arrive toujours pas à saisir le bien-fondé des millions débloqués pour l’acquisition des bicyclettes par le Dgsn. Dans certains services, c’est la boulimie des hauts gradés pour le simple carburant consacré pour les différentes interventions qui est fustigée. Outre ces dénonciations, d’autres amendements pertinents sont également évoqués par les flics les plus loquaces, du genre «la police devrait organiser, ainsi que cela se passe au sein des forces de Défense, soit pour les sous-officiers, ou des officiers d’active, aux premiers jours des mois de janvier, avril, juillet et octobre, des cérémonies officielles de port de galon», tel que suggère un commissaire de police, approché par La Météo.

Pour lui, la police devrait se moderniser, plutôt que de recourir comme c’est le cas, aux méthodes d’une autre époque dont le rendement n’est malheureusement pas visible. Dans les couloirs de la Délégation à Yaoundé, on décrie la politique des stages, source d’énormes frustrations. D’ailleurs dans l’édition N°520 du 08 juillet 2013, nous faisions déjà état du malaise dû aux discriminations dans le reclassement des inspecteurs de police oubliés dans les textes du 17 juin dernier. Tout serait donc organisé comme dans une maffia, apprend- on, au niveau de la direction des ressources humaines, notamment dans la sous-direction de la gestion administrative.

Apparemment, les cadres de la police affectés dans cette direction auraient opéré de manière impartiale, en oubliant certains inspecteurs de police dans le tableau d’avancements, créant ainsi des failles intentionnelles. Cette politique de deux poids deux mesures n’aura pas manqué de créer une levée de fièvre au point où la présidence de la République sera obligée de rappeler à l’ordre, la Commission administrative paritaire (Cap) chargée de proposer les promotions aux grades et échelons de tous les personnels de la police. «Si le système Sigipes avait été installé, l’on n’aura pas constaté tous ces manquements. Le fichier du personnel de la police n’est pas toujours actualisé. Ce qui profite à de nombreux gradés qui proposent leurs proches à des classements complaisants au détriment des éléments plus anciens et méritants», fait remarquer un officier de police, sous cape. A suivre.

© La Météo : Mamouda Labaran

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