Cameroun - SENATORIALES 2013 : Le RDPC va voter pour le SDF dans l'Adamaoua

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Des tractations sont en vue entre les dirigeants des deux partis pour battre l’UNDP, désormais favoris.

Samedi 30 mars, Aboubakar Siroma, président régional du Social democratic front (SDF) dans la région de l’Adamaoua, était tout fringant au sortir de la réunion du bureau régional tenu ce jour. Il a expliqué au reporter de l’Actu qu’ils viennent de mettre sur pied la stratégie de campagne pour les sénatoriales du 14 avril prochain, ainsi que le chronogramme des descentes sur le terrain. «La stratégie sera le porte à porte chez les conseillers municipaux dont nous avons d’ores et déjà identifié les domiciles. Et pour toucher le maximum, nous avons également opté pour des meetings fixes de rassemblements », a-t-il laissé entendre. 531 grands électeurs forment finalement le collège électoral dans la région de l’Adamaoua et l’UNDP dispose d’une centaine de conseillers municipaux contre plus de 400 pour le RDPC. Le parti de Ni John Fru Ndi n’en possède aucun. Ici, la solution est déjà trouvée, et c’est des rangs du parti du flambeau ardent qu’elle viendrait. «Nous avons entamé des conciliabules avec les dignitaires du RDPC pour qu’ils votent pour nous car, ils ont plus à gagner pour les échéances municipales et législatives, si le SDF a des sénateurs dans la région au lieu de l’UNDP», argue t-il.

Le membre du Nec n’a pas été plus dissert sur les noms des barons du RDPC avec lesquels ils négocient une plateforme. Toutefois, l’ex- ministre du Tourisme Baba Hamadou et le patriarche Mohamadou Abbo Ousmanou sont incontournables, si une décision de ce calibre était prise. Interpellé au téléphone, Ali Bachir, président de la section RDPC Vina sud I et député de la Vina, est resté injoignable ce dimanche. Aboubakar Siroma a par la suite évoqué des dissensions internes au sein de l’UNDP. Il se pourrait que la base du parti ne se reconnaisse pas en la liste choisie pour les sénatoriales et, les conseillers municipaux entendent appliquer un vote sanction le 14 avril aux dirigeants régionaux qui ne les auraient pas consulté avant de constituer cette liste.

«En plébiscitant le SDF, ils vont signifier leur désaccord», fait savoir Tchuitezem Petit Jean, secrétaire régional du SDF. Sur le sujet, Bobo Salihou, membre du Comité central de l’UNDP et maire de la commune de Ngaoundéré 1er n’a rien révélé, si ce n’est l’arrivée imminente de Bello Bouba Maigari au courant de la semaine. Pour le SDF, qui cherche à multiplier des chances d’engranger les sept sénateurs élus dans l’Adamaoua, il va falloir, au-delà de toutes ces considérations, persuader les électeurs. «Nous allons demander aux conseillers municipaux de voter utile», affirment Haman Paul et Maoundé Paul, colistiers.

L’UNDP et le SDF sont les deux formations politiques en lice depuis le verdict prononcé dans la nuit de jeudi à vendredi par la Cour suprême sur les recours introduits par le RDPC au sujet du rejet par Elecam de la liste des candidats de la région de l’Adamaoua aux sénatoriales du 14 avril prochain. En effet, tout le monde s’accorde sur le fait que le parti de Bello Bouba Maigari est désormais sur orbite. «Même si par respect des consignes, les grands électeurs RDPC venaient à voter blanc, l’UNDP s’en sortirait avec les voix issues des communes où elle est représentée», fait savoir Eloundou Martin, observateur politique.

© L'Actu : Eric Nguélé

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