Cameroun: Selon Amnesty international, Michel Atangana prisonnier d’opinion

Godfrey Byaruhanga, chercheur d’Amnesty International zone Afrique centrale et Jean-Eric Nkurikiye, chargé de campagne en Afrique centrale pour le compte de l’Ong internationale, étaient face à la presse samedi 15 décembre au siège du Comité de soutien de Michel Atangana.

Ils faisaient le point de la première partie de leur visite au Cameroun dont l’objet porte sur l’état des droits de l’Homme au pays de Paul Biya. Une visite entamée quatre jours avant à Yaoundé. Au cours de leur séjour, ils ont rencontré les autorités camerounaises dont, Amadou Ali le vice-Premier ministre, délégué à la présidence chargé des Relations avec les Assemblées et ancien ministre de la Justice garde des sceaux. Godfrey Byaruhanga et Jean-Eric Nkurikiye ont également eu des échanges avec le secrétaire général du ministère des Relations extérieures, l’actuel ministre de la Justice garde des sceaux, le ministre de la Communication et le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense.

Vendredi 14 décembre, ces émissaires d’Amnesty International étaient au secrétariat d’Etat à la Défense. Ils y sont allés en vue de rendre visite à Michel Thierry Atangana (Mta), Français d’origine camerounaise en prison depuis 15 ans au Cameroun, nouvellement condamné à une autre peine de 20 ans pour des faits similaires. Ils avouent n’avoir pas eu accès à la cellule du prisonnier car, ce dernier s’y est opposé. Le coacusé de Titus Edzoa estime qu’il n’est plus besoin pour qui que ce soit de visiter sa cellule dès lors que cette sollicitation a été refusée à l’ambassadeur français des droits de l’Homme, son compatriote.

Néanmoins, les membres l’Ong International ont la conviction que, Mta et Titus Edzoa sont des prisonniers d’opinion mais accusés de détournements de déniers publics pour faire diversion. Ce qui selon eux, est une violation flagrante des droits de l’Homme. Ils fondent leur opinion sur les circonstances de leur arrestation, les conditions de détention et le déroulement du procès. Ils fustigent notamment l’éclatement de la collégialité de juges en juillet dernier, la veille du délibéré. Ils voient en cela, l’immixtion du politique.

Violation

Godfrey Byaruhanga se justifie à cet effet : « Il nous revient qu’en 1997, Titus Edzoa (coaccusé de Michel Thierry Atangana, ndlr) avait annoncé sa candidature à la présidentielle prévue en octobre de cette année là. Il aurait déclaré au cours d’une conférence de presse que Michel Thierry Atangana allait être son directeur de campagne.

Une responsabilité que ce dernier a toujours nié ». Et de conclure : « Quelques jours après, ils ont été arrêtés tous les deux. Michel Thierry Atangana paierait donc aujourd’hui, le prix des seules déclarations d’Edzoa ». Les envoyés d’Amnesty international à Yaoundé déclarent avoir pris attache avec les autorités camerounaises sur ce cas de violation des droits humains. Ils annoncent la publication d’un rapport dans les prochains jours. Un rapport qui reviendra de long en large sur « l’affaire Michel Thierry Atangana » et qui fait suite aux deux visites de l’Ong internationale au Cameroun dont la première remonte à août 2010.

Godfrey Byaruhanga et Jean-Eric Nkurikiye poursuivent leur visite ce jour à Douala. Ils descendront notamment à la prison centrale de New Bell pour rencontrer Paul Eric Kingue et Jean Baptiste Nguini Effa.

Cameroun-info.net

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Date de dernière mise à jour : 18/12/2012