Cameroun–Russie – Mahamat Paba Salé : “une volonté commune de développer la coopération”

Entretien avec Mahamat Paba Salé, ambassadeur du Cameroun en Russie.

Mahamat Paba Salé, ambassadeur du Cameroun en Russie | © Sputnik

La Russie et le Cameroun entretiennent des relations anciennes. A titre de rappel, les deux pays ont établi leurs relations diplomatiques le 22 février 1964. Aujourd’hui, la Russie et le Cameroun renforcent leur partenariat bilatéral, et ce d’une façon dynamique. A ce titre, nous recevons Mahamat Paba Salé, ambassadeur de la République du Cameroun en Fédération de Russie.

Quelle évaluation donneriez-vous globalement des relations entre la Russie et le Cameroun?

Ces relations sont globalement satisfaisantes si l’on prend en compte les nombreux échanges entre les deux pays dans divers secteurs. Mais, du fait de la globalisation conjuguée à la volonté commune des Présidents Paul Biya d’une part, et de Vladimir Poutine d’autre part de dynamiser cette coopération, ces relations sont appelées à se diversifier et à se consolider davantage.

 

On sait que le Cameroun mène une lutte sans relâche contre la secte Boko Haram. Selon vous, son éradication se fera dans un avenir plus ou moins proche ou cela risque de prendre un certain temps?

Le Cameroun partage une frontière de plus de 1700 km avec son grand voisin le Nigeria. Suite à diverses incursions armées de cette secte terroriste basée dans ce pays voisin, par souci de protéger ses citoyens des exactions et atrocités des gens sans foi ni loi, mais aussi pour préserver l’intégrité de son territoire, le Cameroun a dû déclarer la guerre à cette nébuleuse terroriste, aux côtés d’autres pays voisins du Nigeria dont le Niger et le Tchad notamment, qui sont au front dans cette lutte. Ce combat qui fait partie de l’un des défis sécuritaires du monde d’aujourd’hui, nul ne sait quand il prendra fin. La conviction de mon pays est que, grâce à une synergie des actions des pays directement touchés par les exactions de cette nébuleuse, et à la coopération internationale, Boko Haram finira par être vaincu.

 

On observe en ce moment un renforcement important des relations entre le Cameroun et la Russie. Notamment dans le domaine du partenariat militaro-technique. Cela contribuera-t-il à l’éradication du terrorisme au Cameroun et plus globalement dans la région?

 

Le renforcement des relations avec la Russie n’est pas simplement dans le domaine militaro-technique qui est certes dans une perspective dynamique, mais il rentre dans la stratégie globale de diversification des partenariats que le Cameroun a entrepris dans un monde de plus en plus concurrentiel. En ce qui concerne le terrorisme qui de notre point de vue est une menace globale, un seul Etat ne peut venir à bout de cette lutte. Mon pays remercie la Russie pour son soutien dans le cadre de la lutte qu’il mène contre le terrorisme de Boko Haram.

 

Selon vos observations, ce rapprochement russo-camerounais, comment est-il vu par d’autres partenaires de votre pays, notamment les pays occidentaux?

Le Cameroun est un pays souverain qui a entrepris de diversifier ses partenaires pour aspirer à l’émergence à l’horizon 2035. Or vous le savez tout autant que moi, qu’il ne saurait y avoir de développement si la sécurité aussi bien d’un pays que de ses citoyens n’est pas garantie. Les partenaires occidentaux du Cameroun en sont pleinement conscients car de par sa position stratégique dans le Golfe de Guinée et des nombreuses ressources dont il regorge, le Cameroun doit se prémunir de toutes sortes de menaces qui peuvent hypothéquer cet objectif prioritaire pour le Gouvernement qu’est la lutte pour la préservation de la dignité humaine.

 

Les pays membres des BRICS ont désormais officialisé la création de la Banque de développement des BRICS. Parmi les priorités de ladite banque figurent les projets sur le continent africain. Doit-il y avoir une interaction plus importante entre l’Afrique et l’alliance BRICS?

Le problème prioritaire pour une réelle émergence de l’Afrique, c’est le financement de son développement. C’est donc à juste titre qu’en tant qu’Africains, nous pouvons nous réjouir de la création d’une alternative dont la particularité est qu’elle est portée par d’autres pays émergents à même de susciter des mécanismes novateurs pour financer le développement des pays africains notamment, aux côtés des acteurs traditionnels du monde de la finance internationale. En attendant de juger sur pièces l’apport de ce nouveau mécanisme de financement du développement, notre humble point de vue est que la nouvelle banque de développement soit proactive dans un partenariat novateur à établir avec l’Afrique.

 

Source : © Sputnik News.com

Par Mikhail Gamandiy-Egorov

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