Cameroun - Remise de peines: Mounchipou Seidou se retire à Foumban

L'ancien ministre des Postes et Télécommunications a quitté Yaoundé très tôt ce samedi, pour regagner sa ville natale où il compte désormais vivre.

Prison yaounde

 Mounchipou Seidou n'a pas l'intention de revenir à Yaoundé d'ici peu. Samedi dernier, l'ancien ministre a quitté la capitale vers 6h du matin avec une vingtaine de ses proches, dont sa troisième épouse (celle qu'il a épousée en prison). Nji Mounchipou Seidou a été accueilli à l'entrée de la ville de Foumban par une foule en joie qui l'a conduit jusqu'à sa résidence de Manka (un quartier situé au centre-ville de Foumban), après un arrêt sur le pont du Noun. Notable à la cour royale, Nji Mounchipou Seidou est allé rendre une visite de courtoisie au sultan roi des Bamoun, Ibrahim Mbombo Njoya. Une fête populaire s'en est suivie à la résidence de l'ancien ministre. Mounchipou Seidou est libre.

En gestation depuis lundi 24 février, la libération de Mounchipou Seidou s'est précisée jeudi dans la nuit. A 20h30, le régisseur de la prison, Médard Bomotoliga Koalang, fait appeler Mounchipou Seidou qui se trouvait dans sa cellule. Le prisonnier se rend au bureau du régisseur. «Vous êtes désormais libre. Dès ce soir, vous pouvez retrouver votre famille», lui t'il fait savoir.

Meli Chrispo, ancien directeur adjoint des Affaires générales du ministère des Postes et Télécommunications et Emmanuel Bayiga, opérateur économique, tous deux coaccusés de l'ancien ministre, sont aussi libres. Ils l'apprennent au même moment que Mounchipou Seidou, dans le bureau du régisseur. Le bulletin de levée d'écrou est notifié à chacun d'eux. Des membres de la famille de Mounchipou Seidou se trouvent déjà à l'extérieur de la prison.

Accueilli en triomphe

En quittant sa cellule, l'ancien gouverneur de l'Extrême-Nord ne s'encombre de rien. Il y laisse tout, sort de l'enceinte de la prison et s'engouffre dans un véhicule qui l'attendait. La nouvelle se propage aussitôt. Arrivé à son domicile d'Obili vers 22h, Mounchipou Seidou est surpris de trouver autant de monde. Amis, voisins, élites du Noun, famille l'ont précédé. Il est accueilli en triomphe. A 3h du matin, le domicile du ministre ne désemplit pas. le désormais ex prisonnier ne voit visiblement pas le temps passer. Il a fallu qu'un de ses fils lui rappelle l'heure pour le voir s'éclipser: «Papa se repose un peu, il faut repasser le matin», fait-on savoir à un voisin.

Vendredi, les visiteurs redoublent. Le téléphone du patriarche de Foumban sonne sans cesse. C'est le même numéro de téléphone qu'il avait il y a 15 ans, lorsqu'on l'arrêtait. Il s'étonne tout de même de recevoir le coup de fil de certaines personnalités. Il en sourit d'ailleurs. Puis revient très vite à ses invités, qui défilent au salon pour faire allégeance au Nji. Il ne boude pas son titre de notabilité.

Ce sont aussi les retrouvailles chez Mounchipou Seidou. Des personnes pourtant proches du temps où le ministre était encore aux affaires se sont perdues de vue il y a 15 ans. Vendredi dernier, elles se sont revues chez le ministre. Un peu gênées, quand même. Heureusement, l'ambiance festive a vite pris le dessus. Vers 15h, deux véhicules ont ramené les effets personnels de l'ancien pensionnaire de Kondengui: matelas, armoires et chaises en rotin, cafetière, matériel de sport, etc. Ce qui a obligé Mounchipou Seidou à laisser ses invités seuls pendant un long moment, le temps de vérifier ses affaires et de faire rapidement autre chose.

Malgré un visage qui a pris quelques rides, Mounchipou Seidou, 63 ans, ne semble pas vraiment diminué physiquement par ses 15 ans de prison. Aujourd'hui, il a retrouvé de l'espace pour faire du vélo, de la gymnastique et des étirements. Il peut donc nouveau se mouvoir comme il l'entend. En homme libre

.© Eitel Elessa Mbassi | Le Jour

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