Cameroun - Remaniement ministériel: Paul Biya rejette le gouvernement proposé par son entourage

Un nouveau gouvernement qui devait être rendu public le 03 janvier, a été invalidé par le Président de la République, pour défaut de cohérence.

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Seuls 09 ministres en poste y figuraient.

Les faits inhabituels jonchent la scène politique camerounaise à cause de lobbies dont le dessein est de placer le Chef de l'Etat sous leur influence malsaine. Autant le dire, après le discours musclé démystifiant au passage la médiocrité reconnue de son équipe gouvernementale formée le 09 décembre 2011, dont le slogan n'était autre que la politique des grandes réalisations, Paul Biya s'est rendu compte qu'il se retrouve seul dans un navire au bord du naufrage et que d'autres passagers auraient emprunté les voies de sauvetage. Pourtant, avant son discours à la nation, les proches collaborateurs du Président, trempés dans l'affairisme, tous autant qu'ils sont, lui avaient proposé à sa demande une mouture gouvernementale. Paul Biya a fait semblant d'accepter, juste pour leur faire plaisir. Un remaniement ministériel caractérisé par une odeur à la corruption, au tribalisme ou aux loges.

Paul Biya à 81 ans, dirige-t-il encore vraiment le pays?

La véracité de ce questionnement réside dans le fait que le Président de la République ne saurait être comparable à Dieu, dont l'omniprésence, l'omnipotence et l'omniscience ne souffrent d'aucun doute. Son entourage constatant sa baisse d'attention, s'empare au quotidien des grands dossiers du pays, pour leurs seuls intérêts personnels et individualistes. Ce que d'ailleurs le "Nnom Ngui a dénoncé le 31 décembre dernier. Dans un paradoxe surprenant, Paul Biya était sorti de sa réserve après avoir constaté avec désolation que les noms proposés n'étaient que ceux décriés par les Camerounais. Et que de l'argent en termes de milliards, était empoché par son entourage direct, provenant des ennemis du pays dont l'objectif est de torpiller le projet de l'émergence à l'horizon 2035.

En réalité, le gouvernement formé par ces nouveaux décideurs et rejeté par Paul Biya brillait par une coloration tribale à nulle autre pareille. Les Nanga Eboko seuls s'arrogeaient 04 postes ministériels, les Baboutés, 03, les Fong de Zoétélé 03. La région de l'Est, 04. La corruption a aussi laissé ses marques, des membres de l'actuel gouvernement auraient investi des cantines, d'argent pour conserver leurs postes. Paul Biya aurait rejeté cette mauvaise proposition. C'est l’une des raisons, dit-on, pour lesquelles la cérémonie traditionnelle des remises des vœux au Président de la République a été renvoyée sine die autour du 10 janvier. Question pour le Chef de l'Etat, de peaufiner ses choix et consultations. N'en déplaise à ceux qui auraient empoché des sommes faramineuses pour assurer des carrières ministérielles. Qu'on se le dise: Paul Biya n'est pas gâteux, surtout pas quand la réputation sur la scène internationale de son régime est en jeu.

© Barthélemy Zoa | L'Epervier

Commentaires (1)

1. bass 08/03/2014

Un seul mot son entourage le tue.

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