Cameroun - Réhabilitation technique de la CRTV : Comment le gouvernement camerounais a floué les Coréens

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Le Cameroun a sollicité la Corée du Sud pour la réhabilitation de la CRTV. Il utilise ensuite l'étude financée par ce partenaire pour se tourner vers la Chine.

La coopération Cameroun-Corée du Sud en vue de la réhabilitation technique de la CRTV prend corps sous Ephraïm lnoni.

Alors Premier ministre, crée en mars 2007 la « Task force » placée sous la supervision de son directeur de cabinet, Paul Njie Meoto.

Cette structure est chargée «du suivi de la mise en œuvre des projets de coopération entre le gouvernement camerounais et la République de Corée».

C'est dans cette optique qu’en juillet 2007, le ministre du Plan et de l'Aménagement du territoire, Augustin Frédéric Kodock adresse une lettre d’intention de financement du projet de réhabilitation de la CRTV au consul honoraire de Corée au Cameroun. Après l'avis favorable du consul et l'accord de principe du Premier ministre le 11 octobre, une délégation société coréenne arrive au Cameroun le 16 avril 2008 et rencontre entre autres le chef du gouvernement et le Comité technique de réhabilitation.

Des responsables coréens effectueront d'autres visites de travail au Cameroun, qui font l'objet de comptes rendus réguliers à sa hiérarchie par Amadou Vamoulké, DG de la CRTV. C'est dans ce sillage que le gouvernement camerounais envoie en Corée du Sud une délégabon conduite par les ministres des Transports et de l'Economie, de la planification et de l'aménagement du territoire pour réitérer au consortium Coregate la volonté du gouvernement de concrétiser ce partenariat. Le 11 octobre 2008, le ministre des Finances, Essimi Menye, peut alors s'adresser au Dg de la CRTV : «A l'issue de la réunion du 02 septembre 2008 consacrée à l'examen des propositions de la coréenne POSDATA pour la restructuration de la CRTV, le Premier ministre, chef du gouvernement a instruit d'intégrer cette offre dans les perspectives actuellement explorées pour la restructuration de la CRTV».

Le secrétaire général des services du Premier ministre écrit à son tour au ministre de la Communication « (...) le Premier ministre vous a prescrit, de concert avec le directeur général de la CRTV, d'adopter une démarche de réceptivité s'agissant de la prise en compte de la proposition de la société POSDATA, étant donné que c'est la partie camerounaise qui a suscité l'intérêt de la firme coréenne». Le 14 mai 2009, le ministre de l'Economie, de la planification et de l'aménagement du territoire saisît le Dg de la CRTV : «Le directeur de cabinet du Premier ministre chef du gouvernement vient d'informer le Minepat que le président de POSDATA South Koren devra effectuer au Cameroun dans les prochains jours, une mission de travail en vue de la finalisation et la signature éventuelle de la convention de financement du projet de réhabilitation des infrastructures de la CRTV ».

Les études bouclées, la partie coréenne présente au Cameroun une offre financière de 97,5 millions d'euros, soit près de 63 milliards de FCFA. Les Coréens ont même cédé aux exigences du gouvernement qui souhaitait un prêt à 2% au lieu des 3,5 % initialement indiqués auprès de la banque sud-coréenne, EximBank. L'affaire est donc bien engagée. Sans préavis, un matin les Coréens découvrent qu'ils ont été écartés du projet. « Excellence Monsieur le Premier Mimstre, relève le consortium, quelle n'a pas été notre surprise d'apprendre que nos études ont été utilisées par la partie camerounaise pour adresser une demande de financement à Exim Bank China à travers la société Huawei.

Ce qui est considéré pour nous comme une rupture unilatérale sans notification et remboursement des frais d'études. ( ... ) Depuis ce temps, plusieurs études ont été menées et financées par le Consortium COREGATE. A ce jour les frais liés auxdites études s'élèvent à environ FCFA 652 500 000 », souligne cette correspondance adressée le 29 août 2012 au Premier ministre dont votre journal a obtenu copie.

Toujours dans la même correspondance du 29 août 2012, le consortium Coregate sollicite la « haute intervention pour arbitrage » du Premier ministre afin d'obtenir «réparations des graves préjudices» subis du fait d'une rupture de partenariat et à «l'utilisation sans droit ni titre de nos études par un tiers», Une démarche qui présage donc d'un contentieux si d'aventure le projet de réhabilitation de la CRTV est attribué à un autre partenaire sans accord préalable avec le partenaire coréen.

© Source : L’œil du Sahel

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